Ce que le cinéma lesbien doit à Barbara Hammer, pionnière et icône butch

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Faire l’expérience des films de Barbara Hammer est un choc intime, esthétique et politique. Mais peu de lesbiennes connaissent l'œuvre de cette pionnière, disparue le 16 mars dernier. Clémence Allezard a parlé à des expertes de cette cinéaste encore mal connue en France.

Barbara Hammer - DR
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Barbara Hammer, pionnière des films lesbiens et figure du cinéma underground américain est décédée le 16 mars dernier à l’âge de 79 ans chez Florrie Burke, son amante de toujours. Symptomatique de l’invisibilisation chronique des lesbiennes, la presse française s’en est à peine fait l’écho. Mais force est de constater que de ce côté-ci de l’Atlantique, elle demeure méconnue, même des siennes, les lesbiennes.

Pourtant, la radicalité du cinéma expérimental de Barbara Hammer, ses prises de risques, son travail de mémoire et sa poésie, sont des sources inépuisables d’inspiration et d’empowerment. Une ode à la badasserie butch, une invitation à sillonner les routes en Harley, et à célébrer, bien sûr, nos identités lesbiennes.

Faire l’expérience des films de Barbara Hammer est un choc intime, esthétique et politique. Mais cela, seules celles qui ont eu la chance d’avoir accès à ses œuvres, grâce aux festivals lesbiens et féministes tels que Cineffable ou Bagdam, ou lors de la rétrospective qui lui a été consacrée, en sa présence, au Jeu de Paume en 2012, l’ont ressenti.

Les mots qui reviennent alors pour évoquer son œuvre se ressemblent : « puissance », « révélation », « audace », « nécessaire », « visionnaire », « activiste », ou encore « lesbienne », bien sûr. Pour les autres, les nombreuses, encore baby gouines en 2012, ou simplement peu familières de Hammer jusqu’à la publication de l’incroyable « exit interview » qu’elle a accordée à Masha Gessen pour le New Yorker, c’est l’amertume qui domine. Faut-il que nos icônes meurent pour qu’on les découvre ?

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