Jean-Marc Borello, patron du groupe SOS ouvertement gay accusé de harcèlement sexuel

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Le Monde et Libération ont recueilli de nombreux témoignages d'hommes qui décrivent le comportement du président-fondateur de SOS, à la tête d'un groupe qui pèse près d'un milliard d'euros.

Jean-Marc Borello, président du groupe SOS, lors d'une intervention en 2015 -
Jean-Marc Borello, président du groupe SOS, lors d'une intervention en 2015 - Capture Youtube

Le président-fondateur du Groupe SOS, ouvertement gay et proche d’Emmanuel Macron, Jean-Marc Borello, est au cœur de la tourmente. En cause, la publication, à quelques semaines d’intervalle, dans Le Monde, puis dans Libération, de deux articles faisant état d’attouchements, de baisers non consentis et autres comportements à caractère sexuel.

De nombreux témoignages recueillis par les deux médias décrivent en particulier des soirées durant lesquelles le patron de SOS choisit un de ses collaborateurs, de préférence jeune, l’invite à danser sur l’air de Gigi l’amoroso de Dalida, puis l’embrasse sur la bouche devant tout le monde. Un rituel qui se répète très régulièrement. Dans Libération, François (le prénom a été changé) témoigne :  « Il m’a invité à danser, en insistant. Il ne voulait pas me lâcher. Je savais ce qui pouvait arriver. On était près du bar, il y avait plein de monde autour. J’ai essayé de résister. Il savait très bien ce qu’il faisait puisque quand il m’a lâché, il a dit à la cantonade : « T’as mis la langue en plus, coquine ». »

« Moi, il m’a même roulé une pelle en public, par surprise, alors que je n’avais rien demandé »

Dans Le Monde, l’article n’est pas entièrement consacré au comportement de Jean-Marc Borello, qui n’a jamais caché son homosexualité, vis-à-vis de certains de ces collaborateurs. Mais plusieurs témoignages vont dans le même sens que ceux publiés par Libération. « Moi, il m’a même roulé une pelle en public, par surprise, alors que je n’avais rien demandé », témoigne l’un d’eux. « Il a essayé, mais j’ai tourné la tête à temps pour éviter son baiser », confie un autre. Trois anciens cadres ajoute : « Comme ses habitudes sont connues dans le groupe, les garçons qui ne veulent pas être pris pour cible sortent de la salle à ce moment-là.. Mais tous ne sont pas avertis. »

Profil bas

Toutes ces années, les salarié.e.s du groupe ont fait profil bas. Un ancien resté un an au siège avait assisté à plusieurs « baisers forcés » – la formule est de lui – en 2014 et 2015. Mais il explique pourquoi il n’a pas réagi. « On savait que le consentement n’était pas total mais comme les mecs n’avaient pas l’air au bout de leur vie non plus, on laissait faire. On disait : « C’est Jean-Marc, il est comme ça. » La culture d’entreprise libérée, ça faisait partie du package à SOS ». »

Dans Libé, Jean-Marc Borello se défend en invoquant « la culture du groupe ». Dans le quotidien du soir, il « assume » et renvoie à son passé militant. « Cela peut choquer, mais nous savons d’où nous venons, c’est-à-dire d’Arcat, du Kiosque, des premières associations de lutte contre le sida. » 

Ce proche du Président de la République, qu’il a eu comme élève à Sciences Po, dirige un géant de l’économie sociale et solidaire avec un chiffre d’affaires de 948 millions. L’homme de 60 ans est aussi membre du bureau exécutif de La République en marche et préside aujourd’hui la commission chargée de choisir les candidats pour les élections européennes. Aucune plainte n’a été déposée, mais c’est sans doute la première fois en France qu’une personnalité homosexuelle d’une telle envergure est touchée par des accusations de harcèlement sexuel.

  • phil86

    Son comportement était vraiment inacceptable. J’espère que justice sera faite.

  • jsherpin

    #NousAussi…