Les 10 chiffres clefs de l'enquête sur la bisexualité réalisée par l'Ined

Publié le

Les enquêtes sur la population ont fait peu de place aux personnes bisexuelles. L'analyse proposée par l'Institut national d'études démographiques permet de mieux appréhender la bisexualité et devrait être un outil pour combattre les stéréotypes.

Marche pour la journée internationale de la bisexualité, 23 septembre 2017 à Paris
Marche pour la journée internationale de la bisexualité, 23 septembre 2017 à Paris - Christophe Martet

C’est une première. En 2015, l’Ined réalisait l’ambitieuse enquête Virage, portant sur les violences interpersonnelles subies dans les 12 derniers mois et au cors de la vie. Les chercheurs à l’origine de l’étude avaient porté une attention particulière aux minorités sexuelles, ce qui permet désormais d’extraire des analyses précieuses sur des sujets variés les concernant. L’échantillon de l’étude était en effet très important : 27268 personnes avaient répondu, dont 15556 femmes et 11712 hommes. Du fait de cette taille, l’enquête permet de rendre compte plus finement des caractéristiques sociodémographiques ainsi que des parcours conjugaux et sexuels des populations. C’est de là que découle l’étude publiée le 12 décembre, qui se focalise sur la bisexualité et analyse les réponses des personnes bisexuelles. Voici 10 infos clés qui ressortent de cette enquête inédite.

1,9 %

C’est le pourcentage de personnes qui ont déclaré des expériences sexuelles avec des personnes des deux sexes. Dans le détail, 2,2 % des femmes et 1,6 % des hommes déclarent avoir eu des expériences sexuelles avec des personnes des deux sexes.

0,9 % pour les femmes, 0,6 % pour les hommes

Ces pourcentages correspondent à la proportion de femmes (0,9 %) et d’hommes (0,6 %) qui se déclarent bisexuel.le.s. Les femmes rapportent plus fréquemment des pratiques avec des partenaires des deux sexes. Selon Mathieu Trachman et Tania Lejbowicz, auteur et autrice de l’enquête, ces variations de genre peuvent se comprendre « au regard des différences de socialisations sexuelles et de représentations des sexualités féminines et masculines ». Dire son désir pour des personnes des deux genres serait « relativement mieux accepté pour les femmes ». Mais dans l’enquête, la tendance s’inverse lorsqu’on analyse l’identification sexuelle des personnes : se dire bisexuel implique une affirmation de ses désirs peut-être plus facilement admise pour les hommes.

89 %

C’est le pourcentage des femmes bisexuelles qui ont eu leur premier rapport avec un homme à leur entrée dans la sexualité.

77 %

C’est le pourcentage des hommes bisexuels ayant eu leur premier rapport avec une femme à leur entrée dans la sexualité.

22 ans

Il s’agit de l’âge moyen, hommes et femmes bies confondues, du premier rapport sexuel avec une personne de même sexe. Cela ne distingue pas les femmes bisexuelles des femmes lesbiennes qui ont une première expérience sexuelle avec une femme vers 21 ans. Par contre, cela distingue les hommes bis des gays, ces derniers déclarant avoir eu leur premier rapport avec un homme vers 19 ans. Selon l’auteur et l’autrice, ces résultats  « remettent en cause l’idée d’une bisexualité qui devrait être pensée par rapport à l’homosexualité ou comme une homosexualité déniée ». 

Moins de 30 ans

Près de la moitié des femmes bisexuelles ont moins de 30 ans, elles sont plus diplômées que les hétérosexuelles, mais un peu moins que les femmes lesbiennes. « C’est peut-être le signe d’une identification bisexuelle plus tolérée dans la jeunesse, » explique l’enquête.

Plus de 50 ans

La situation des hommes bis diffère fortement de celle des hommes homos ou hétérosexuels. Plus de la moitié des hommes bis ont plus de 50 ans, ils sont moins diplômés que les hétérosexuels, et beaucoup moins que les homosexuels. L’enquête avance l’hypothèse que dans certaines générations d’hommes et dans certains milieux, l’identification bisexuelle pouvait être plus facile que l’identification homosexuelle. Par ailleurs, souligne l’étude, les modes de vies gays qui se développent au cours des années 60 et 70 ne sont sans doute « ni toujours accessibles, ni toujours désirés par l’ensemble des hommes qui ont des rapports sexuels avec des hommes. »

42 %

C’est le pourcentage de femmes bies qui ne sont pas en couple. C’est beaucoup plus que pour les femmes hétérosexuelles (27 % ne sont pas en couple) mais un peu moins que pour les femmes lesbiennes (44 % ne sont pas en couple).

70 %

C’est le pourcentage, très important, des hommes bisexuels qui ne sont pas en couple, une proposition très largement supérieure à la proportion d’hétérosexuels (25 %) et d’homosexuels (45 %) qui ne sont pas en couple. Selon l’enquête, le célibat peut être choisi : « La conjugalité serait alors perçue par une partie des hommes bisexuels comme un obstacle à la réalisation de leurs désirs. »

  • phil86

    On m’ôtera pas de l’idée que les mecs bis c’est les rois de la duplicité et j’aime pas ça je viens d’en croiser un sur un réseau de rencontre. Son cas est typique.

  • phil86

    Ah les hommes bis. Ils sont en couple avec des femmes et cherchent du sexe avec des hommes mais faut être « discret » – comme si on baisait au vu et au su de tout le monde lol – il faut préserver sa double vie et que madame ne soit au courant de rien surtout parce qu’elle ne sait pas que monsieur a des désirs homos – bonjour la franchise et la confiance au sein du couple hein – désirs qu’il n’assume évidemment pas.

  • luey

    Article intéressant, mais parler de « deux sexes » et de « même sexe / sexe opposé » exclut les personnes non-binaires (et ne conviendra pas aux personnes bi qui définissent leur sexualité comme étant une attirance pour les personnes de leur genre et de genre différent). On peut dire à la place « genres différents », « de même genre » et « de genre différent ». 🙂