Allemagne : des puppies privés de balade à la pride d'Essen
« Pour des raisons de sécurité » les fétichistes adeptes du puppy play n'ont pas été autorisé.e.s à défiler avec leurs masques canins lors de la pride d'Essen.
Alors qu’ils s’apprêtaient à trottiner fièrement dans les rues d’Essen, à l’ouest de Allemagne, pour le CDS (Christopher Street Day, en référence aux émeutes de Stonewall en 1969), un groupe d’adeptes de puppy play a été mis face à un ultimatum par la police. Les forces de l’ordre ont en effet intimé l’ordre aux fétichistes de retirer leurs masques canins, sous peine d’être sanctionné.e.s, et donc de ne pas pouvoir prendre part à la marche des fiertés, qu’ils ou elles soient en laisse, ou non.
La raison ? Le fait que leurs accessoires de cuir et de latex dissimulent leurs visages, et donc leurs identités, ce qui contreviendrait à la loi de 1985 qui interdit le port de masques dans l’espace public en Allemagne… bien que les fêtes populaires fassent exception, rapporte 360.
C’est en début de marche, aux alentours de 13 heures sur la place Willy Brandt, qu’une quinzaine d’adeptes de fétichistes et puppies (aussi bien homos qu’hétéros, précise Queer.de) a donc été invitée par la maréchaussée à se défaire de ses accessoires. L’échange aurait entraîné un léger retard de l’événement, mais les concerné.e.s auraient finalement accepté de relever leurs masques de chien plus haut sur leur visages afin de pouvoir prendre part aux festivités.
La gauche montre les crocs
Si le comité d’organisation de la CSD d’Essen s’est gardé de commenter l’affaire, le parti d’extrême gauche Die Linke – présent à cette marche des fiertés – ne s’est pas privé de grogner, pointant une atteinte à l’autodétermination des individus. Le porte parole de Die Linke Queer, Frank Laubenburg, a interpellé le commissariat sur l’absurdité de sa démarche avec une pointe d’ironie digne de la bibliothèque de RuPaul’s Drag Race : « On ne peut pas lâcher la police d’Essen avec ça. Sans quoi, pour la prochaine pride, même les drag queens seront considérées comme masquées, et bannies ».
Aucune réponse des autorités en question n’a encore été apportée à l’heure où nous écrivons ces lignes.