En Égypte, un jeune blogueur militant pour les droits LGBT+ sous les verrous

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Le jeune blogueur égyptien Sherif Gaber, qui défend la laïcité et les droits des personnes LGBT+ dans son pays, a été arrêté le week-end dernier.

Le blogueur Sherif Gaber dans une de ses vidéos / Youtube

Cela faisait plusieurs semaines qu’il s’inquiétait. Le 31 mars dernier, il écrivait sur Twitter « je vais probablement être arrêté dans les prochains jours, mais je ne veux pas que vous vous fâchiez. Je continuerai à écrire des scripts de vidéo en prison ».

Sherif Gaber, 25 ans, a été arrêté pour ses vidéos alors qu’il s’apprêtait à se réfugier en Malaisie. Le Youtubeur est poursuivi pour propos blasphématoire, en application de l’article 98 du Code pénal égyptien qui condamne toute personne qui diffuse « par écrit ou par tout autre moyen, des idées extrêmes afin d’inciter au combat, se moquer et insulter une religion ou nuire à l’unité nationale ».

Déjà arrêté en 2013, il avait témoigné sur ses conditions de détention s’apparentant à de la torture

Très actif sur Youtube, le blogueur condamne régulièrement auprès de ses 150000 abonné.e.s les travers de la société religieuse, l’inégalité de droits, les violences étatiques. Sa vidéo la plus vue, « Dieu existe-t-il ? » a cumulé plus d’un million de vues.

Sherif Gaber, de son nom complet Sherif Gaber Abdelazim Bakr, se revendique également militant pour les droits des personnes LGBT+ dans un pays à risques. En 2013, l’étudiant avait été arrêté pour « apologie de l’athéisme », il avait témoigné sur ses conditions de détention s’apparentant à de la torture. Son arrestation a soulevé un vent d’indignation en Egypte et dans le monde : un mot dièse #FreeSherif a essaimé sur Twitter, une pétition en ligne demande au Gouvernement sa libération (à l’heure actuelle 1980 personnes l’ont signée).

Pour rappel, le classement RSF 2018 classe l’Égypte en 161e position sur 180 pays en ce qui concerne la liberté de la presse.