« Les garçons trans font moins peur, ils sont moins menaçants » explique Pascale Ourbih. « Dans l’imaginaire collectif, un homme c’est le pouvoir et donc vouloir accéder au pouvoir est complètement normal. À l’inverse, les filles trans sont plus effrayantes. Il y en a eu beaucoup dans les films, parce que ça perturbait la moralité. »

Vague médiatique

Et oui. Si France 3 peut présenter un personnage trans, à l'aise avec lui-même et qui n'est pas enfermé dans un cliché, c'est bien parce qu'il y a eu des années d'évolutions sur le traitement de la transidentité, et pas seulement au travers du cinéma et des séries. On peut juger au contraire que les fictions hexagonales ont globalement été frileuses sur le sujet.
« La vague médiatique lancée en 2014 nous a apporté le meilleur et le pire, mais on a jamais autant parlé de cette question trans. »
Dans le cas de PBLV, qui a déjà abordé beaucoup de sujets de société, c'est plutôt le contexte qui a poussé la fiction à avancer. « Le sujet est dans la culture médiatique aujourd'hui », souligne Karine Espineira « La vague médiatique lancée en 2014 nous a apporté le meilleur et le pire, mais on n'a jamais autant parlé de cette question trans ». Même le monde politique, via la loi sur le changement d'état civil voté en 2016, avait planché sur la question, bien avant les séries. La chercheuse estime que le temps des archétypes, où être trans signifiait forcément être malheureux.se.s, rejeté.e.s, prostitué.e.s et en marge de la société est en passe d'être révolu. « Aujourd'hui, on a une autre génération de personnes, comme Adrián de La Vega, qui sont intéressées par ce sujet et qui le visibilisent » poursuit-elle. Mais pour en arriver là, la fiction française est souvent tombée dans les poncifs. Un exemple suffit : la série Louis(e) diffusée l'année dernière par TF1. Le feuilleton racontait la transition de Louise et ne s'épargnait aucun cliché, comme on le devine avec l'usage des parenthèses dans le titre. La féminité de son personnage principal était par exemple exacerbée. Pire, la série faisait jouer le rôle de Louise par Claire Nebout, une actrice cisgenre. Une décision qui avait été vivement critiquée par les associations trans à l'époque. C'est justement ces associations, et les militant.e.s concerné.e.s, qui ont permis de faire avancer les représentations dans les médias et les œuvres culturelles. Parce qu'il s'agit bien d'une question de représentation auquel « l'associatif trans a réagi» souligne Karine Espineira. « À force d'être maltraité.e.s par un certain nombre de médias, des associations ont arrêté de communiquer, d'autres ont refusé de relayer des offres de casting. Ça fait réagir certaines personnes et ça bénéficie à tout le monde. » Naelle Dariya, qui a joué Léa dans 120 battements par minutes, confirme : « C'est grâce à tous ces personnes qui se sont manifestées, qui ont porté leurs voix pour dénoncer tous ces rôles » de personnages trans incarnés par des acteurs et actrices cisgenres. Celle qui dit se considérer comme « une apprentie comédienne » juge que, dans l'idéal, « il ne devrait pas y avoir besoin d'être cis ou trans pour jouer un rôle trans et vice versa », mais qu'au vu du peu de possibilités offertes par le cinéma et les séries françaises, il faut « les laisser aux actrices et acteurs trans » .

La représentation passe par l'écoute

N'empêche, l'équipe derrière Plus belle la vie a plutôt bien fait son travail. Pour une fois, l'équipe du feuilleton a pris le soin d'écouter et de se renseigner avant de s'attaquer au sujet. D'après Libération, « les scénaristes, les auteurs comme les acteurs se sont documentés, ont arpenté les forums, ont pris conseil auprès d’associations ». Cela ne remplace certes pas la présence de personnes trans à l'écriture, comme c'est le cas pour la série américaine Transparent, mais dénote d'une volonté de bien faire les choses.
« J'ai reçu un mail d'une directrice de casting. La nana me dit "série américaine, on cherche des transsexuels et des drag queens". »
Tout n'était pas pour autant parfait dans le processus de casting. «Quand j’ai vu circuler l’annonce pour le casting dans un groupe Facebook privé, je me souviens avoir été heurté par certains termes », raconte Jonas Ben Ahmed à Libération. « Il y était notamment question d’un acteur ayant "fini sa transformation", ce qui ne se dit absolument pas, et ne veut rien dire de toute façon…». Heureusement, l'acteur a tout de même décidé de répondre à l'annonce, et a donc pu expliquer à la boîte de production ce qui n'allait pas avec cette expression. L'éducation des casteurs et casteuses semble être en cours. Une annonce postée par Canal + il y a quelques mois pour l'adaptation télévisuelle du roman de Virginie Despentes Vernon Subutex était d'ailleurs irréprochable dans le vocabulaire employé. Mais toutes les boîtes de production ne sont pas Telfrance Série (qui chapeaute la série de France 3). Naelle Dariya se souvient d'une annonce de casting qu'elle a reçu récemment : « J'ai reçu un mail d'une directrice de casting. La nana me dit "série américaine, on cherche des transsexuels et des drag queens". Déjà, je ne vois pas ce qu'il y a de commun entre une drag queen et une personne trans, mais en plus il n'y avait aucune précision sur les traits de caractère, le physique ou l'âge recherchés... Je me suis sentie complètement déshumanisée. »

Rôles pédagogiques

Plus belle la vie, une étape importante ? Oui, mais ce n'est pas la panacée non plus. Le personnage joué par Jonas Ben Ahmed vient apporter de l'aide à Antoine (joué par l'actrice cisgenre Enola Righi), un ado qui vient juste de faire son coming out trans. Si la transidentité est belle et bien abordée par les scénaristes de France 3, elle l'est encore une fois sous l'angle de l'explication de texte. Le personnage de Dimitri est là pour expliquer ce que c'est d'être trans et rien d'autre, comme bien souvent dans la fiction hexagonale.
« La transidentité d'un personnage devrait être un trait de caractère comme un autre. »
Les productions étrangères, elles, sortent peu à peu de ce réflexe suranné. On pense notamment au magnifique film chilien Une femme fantastique qui met en scène une femme trans sans expliquer son identité. Mais en France, il semble que les réalisateurs et réalisatrices préfèrent toujours expliquer « le fait trans ». Peut être que les Français.e.s en ont encore besoin, ou peut-être, comme le pense Pascale Ourbih « que tout le monde est au courant » et qu'il est temps que les acteurs et actrices trans jouent « Monsieur et Madame tout le monde »« La transidentité d'un personnage devrait être un trait de caractère comme un autre » explique Karine Espineira, car « les personnes trans sont dans le monde, pas en marge et sommées de s'expliquer sur ce qu'elles sont ».

Une question de personnalité

Jonas Ben Ahmed y met en tout cas du sien. L'acteur de 26 ans a enchaîné les interviews pendant plusieurs semaines et n'a pas hésité à (justement) faire preuve de pédagogie et de patience, notamment en revenant sur son histoire personnelle. Le Lyonnais pourrait-il être l'équivalent français de Laverne Cox, qui est devenue l'égérie de la cause trans États-Unis ? « C'était la bonne personnalité au bon moment » juge Karine Espineira. Surtout que l'actrice américaine, révélée dans la série Netflix Orange is the new black, a accepté de devenir pendant un temps la porte-parole de la lutte pour les droits des personnes trans outre-Atlantique. Jonas Ben Ahmed en a-t-il seulement l'envie ? Il est en tout cas présenté comme « l'acteur dont tout le monde va parler » par Yann Barthès dans Quotidien. Et puis, souligne Pascale Ourbih, encore faut-il que les producteurs et productrices lui offrent des rôles après son passage dans Plus belle la vie, et pas seulement celui « du trans de service ». Un enchainement de propositions identiques avait fini par lasser l'actrice qui avait envie de toucher à tous les rôles. L'autre risque, comme l'explique Naelle Dariya, c'est que l'on ne rappelle pas Jonas Ben Ahmed : « Ce qui est rageant c'est qu'on a eu plein d'actrices et d'acteurs qui ont eu un premier rôle magnifique et qu'on n'a jamais rappelé ensuite ». Une récurrence qui explique aussi pourquoi « il y a peu d'acteurs trans professionnels », explique la militante. Réaliste, elle dit se satisfaire de Plus belle la vie « pour l'instant », mais note que « le changement aura vraiment lieu quand les récits ne se construiront plus autour de la transidentité des personnages, qui ne devrait être qu'un détail ».
« Ce qui est rageant c'est qu'on a eu plein d'actrices et d'acteurs qui ont eu un premier rôle magnifique et qu'on a jamais rappelé ensuite ».
Peut-être un jour verrons-nous l'équivalent français de Nomi dans Sense8, la série des sœurs Wachowski ? Le personnage, incarné par l'actrice trans Jamie Clayton, a beau être une femme trans, à aucun moment les storylines de la série ne tournent autour de sa transidentité. Et aucun des sept autres personnages principaux du show de Netflix ne viennent la remettre en cause. Elle est acceptée pour ce qu'elle est, et « dans le monde, pas à côté » pour reprendre l'expression de Karine Espineira. Chiche ? " ["post_title"]=> string(89) "Révolution trans dans « Plus Belle La Vie » : un tournant pour la fiction française ?" ["post_excerpt"]=> string(247) "En castant Jonas Ben Ahmed pour incarner Dimitri, un jeune trans, la série « Plus belle la vie » a marqué les esprits. Est-ce le signe que la fiction française est en train de revoir son traitement de la transidentité ? Komitid a enquêté. " ["post_status"]=> string(7) "publish" ["comment_status"]=> string(4) "open" ["ping_status"]=> string(4) "open" ["post_password"]=> string(0) "" ["post_name"]=> string(40) "plus-belle-la-vie-trans-acteurs-actrices" ["to_ping"]=> string(0) "" ["pinged"]=> string(0) "" ["post_modified"]=> string(19) "2018-05-04 13:07:04" ["post_modified_gmt"]=> string(19) "2018-05-04 11:07:04" ["post_content_filtered"]=> string(0) "" ["post_parent"]=> int(0) ["guid"]=> string(30) "https://www.komitid.fr/?p=2612" ["menu_order"]=> int(0) ["post_type"]=> string(4) "post" ["post_mime_type"]=> string(0) "" ["comment_count"]=> string(1) "0" ["filter"]=> string(3) "raw" } [1]=> object(WP_Post)#15260 (24) { ["ID"]=> int(2695) ["post_author"]=> string(2) "15" ["post_date"]=> string(19) "2018-03-29 12:00:35" ["post_date_gmt"]=> string(19) "2018-03-29 10:00:35" ["post_content"]=> string(2315) "Vous aimez frissonner à chaque nouveau crime découvert, suivre les rebondissements d’une intrigue bien ficelée, marcher sur les pas d’un inspecteur au caractère bien trempé, tourner une page avec une pointe d’appréhension…Pas de doute, vous êtes accros au polar, au thriller, au roman noir. Alors, du 6 au 8 avril 2018, c’est à Quais du polar, le plus important festival en Europe dédié à ce genre littéraire qu’il faut vous rendre. Et c’est à Lyon que ça se passe. Cette année marque la 14e édition et, au vu du programme, le succès sera encore au rendez-vous, avec des dédicaces, des animations et des conférences, des temps forts et des instants plus intimes, de la musique, du cinéma et de la danse… sans oublier les dictées noires et la grande enquête dans la ville. Au total Quais du polar vous propose 200 rendez-vous dans 55 lieux différents.

Des têtes d’affiche et des découvertes

Quais du polar c’est avant tout des auteur.e.s. Et cette année, ils seront 120, venus de 15 pays différents, de France bien sûr mais aussi des États-Unis, de Norvège, de Suède, d’Allemagne, d’Angleterre, de Belgique…et d’Italie, le pays invité d’honneur de Lyon pour cette nouvelle édition. Parmi eux, les grands noms du polar qui vous font passer des nuits blanches, plongé.e.s que vous êtes dans leurs pages : Harlan Coben, Camilla Läckberg, Donati Carrisi, Michel Bussi, Patricia Mac Donald, Ian Rankin ou Caryl Ferey… Mais Quais du polar c’est aussi l’occasion de rencontrer des auteur.e.s moins connu.e.s, des pépites, futurs bestsellers de demain.

Une autre façon d’aborder Lyon

Si Quais du polar voit son succès grandir d’année en année, c’est aussi pour la ville de Lyon. Car au plaisir de rencontrer, écouter, lire des auteur.e.s s’ajoute celui de déambuler dans des sites prestigieux, du musée des beaux-arts à l’Hôtel-de-Ville, de l’Institut Lumière à la chapelle de la Trinité, du palais de la Bourse à l’Opéra... Et, le temps d’un après-midi, vous pouvez même jouer au détective pour résoudre l’énigme de la vengeance toscane au départ du Centre d’histoire de la Résistance et de la Déportation." ["post_title"]=> string(46) "Quais du polar à Lyon, un succès grandissant" ["post_excerpt"]=> string(167) "Quais du polar à Lyon est devenu le plus important festival dédié à ce genre littéraire en Europe. Son programme foisonnant n'est en rien étranger à ce succès." ["post_status"]=> string(7) "publish" ["comment_status"]=> string(4) "open" ["ping_status"]=> string(6) "closed" ["post_password"]=> string(0) "" ["post_name"]=> string(26) "quais-polar-lyon-programme" ["to_ping"]=> string(0) "" ["pinged"]=> string(0) "" ["post_modified"]=> string(19) "2018-04-11 16:51:01" ["post_modified_gmt"]=> string(19) "2018-04-11 14:51:01" ["post_content_filtered"]=> string(0) "" ["post_parent"]=> int(0) ["guid"]=> string(30) "https://www.komitid.fr/?p=2695" ["menu_order"]=> int(0) ["post_type"]=> string(4) "post" ["post_mime_type"]=> string(0) "" ["comment_count"]=> string(1) "0" ["filter"]=> string(3) "raw" } [2]=> object(WP_Post)#15261 (24) { ["ID"]=> int(2549) ["post_author"]=> string(2) "15" ["post_date"]=> string(19) "2018-03-27 08:45:58" ["post_date_gmt"]=> string(19) "2018-03-27 06:45:58" ["post_content"]=> string(3895) "Après un hiver somme toute assez longuet, ça y est, bientôt les arbres en fleurs, les manches courtes et les apéros en terrasse. Et qui dit printemps, dit également foultitude d'événements culturels avec - bonne nouvelle - de chouettes nouveautés qui tentent leur chance cette année. Ainsi, aux côtés des habituels comme le Printemps de Bourges, les JEMA, ou la Nuit des musées, nous avons retenu quelques perles qui méritent le coup d’oeil et le déplacement.

Festivals en Série

Un mois avant son fameux festival de cinéma, un nouveau grand rendez-vous débarque à Cannes du 4 au 11 avril : Canneséries. Dix séries internationales en compétition, cinq prix, un jury présidé par l’écrivain Harlan Coben, et la crème du milieu sur les marches... roses, pour l'occasion. Vous avez dit glamour ? Sûrement ! Un autre festival - plus axé grand public - fait également la part belle à ce format télévisuel qui à le vent en poupe depuis plusieurs années : Séries Mania à Lille du 27 avril au 5 mai.

Intelligence Artificielle

Au Grand Palais, à Paris, l’exposition Artistes & Robots présentera du 5 avril au 9 juillet une vingtaine d’installations artistiques créées par… des ordinateurs. Des robots, dont les programmes ont été conçus par des artistes pour créer de l’art. En dehors de la beauté même des oeuvres, cette expo pose une grande question : à partir de quand peut-on parler de « créativité artificielle » ?

Mise à nu

Pas de robots mais des corps, dans le plus simple appareil, à voir lors du Festival Européen de la photo de nu à Arles, en Provence, du 8 au 13 mai. Si la ville est déjà considérée comme une ville photographique de premier plan grâce à ses Rencontres, elle peut aussi se targuer d’être la seule grande manifestation photo dédiée au Nu - et plus généralement, au rapport au corps - en Europe. L’occasion de valoriser de grandes figures internationales, mais aussi de jeunes artistes émergent.e.s.

Bienvenue au Château

Depuis plusieurs mois, des graffeur.e.s venus du monde entier transforment le Domaine de La Valette, en région parisienne, en un nouveau temple éphémère de la street culture. Dix mille mètres carrés, un château, deux tours et une chapelle investis par une centaine d’artistes, marqué par un final haut en couleurs : le festival LaBel Valette mêlant concerts et performances live.

En avant la musique

Avant la déferlante de l’été, deux grands rendez-vous : le Download Festival, version frenchie de l’emblématique festival anglais, avec notamment Foo Fighters, Guns N' Roses et Marilyn Manson... autant dire que du 15 au 18 juin, du côté de Brétigny, ça va envoyer sévère. Sans oublier Musilac Mont-Banc, déclinaison du festival du Lac du Bourget version rock and ride, avec en haut de l’affiche Texas, IAM ou Ben Harper. Du beau monde, quoi ! Il y a encore temps d’autres événements culturels prévus en France - citons pêle-mêle Delacroix au Louvre, We Love Green, Les Incandescences ou encore Les Rencontres internationales de cerfs-volants à Berck-sur-Mer… Que du bonheur, pour ajouter un peu de magie à notre quotidien." ["post_title"]=> string(32) "Printemps 2018 : cultivez-vous !" ["post_excerpt"]=> string(132) "D'Arles à Berck-sur-Mer en passant par Cannes, découvrez notre sélection des événements culturels qui feront le printemps 2018." ["post_status"]=> string(7) "publish" ["comment_status"]=> string(4) "open" ["ping_status"]=> string(6) "closed" ["post_password"]=> string(0) "" ["post_name"]=> string(35) "evenements-culturels-printemps-2018" ["to_ping"]=> string(0) "" ["pinged"]=> string(0) "" ["post_modified"]=> string(19) "2018-04-11 14:47:18" ["post_modified_gmt"]=> string(19) "2018-04-11 12:47:18" ["post_content_filtered"]=> string(0) "" ["post_parent"]=> int(0) ["guid"]=> string(30) "https://www.komitid.fr/?p=2549" ["menu_order"]=> int(0) ["post_type"]=> string(4) "post" ["post_mime_type"]=> string(0) "" ["comment_count"]=> string(1) "0" ["filter"]=> string(3) "raw" } } ["carousel"]=> bool(false) } -->

Le come-back de Chris(tine and the Queens) se fera cette année

Publié le

Christine and the Queens utilise son sens inénarrable du buzz, et du petit coup de hanche, pour annoncer son retour. De gros concerts sont prévus pour la fin d'année à Los Angeles, New York, Londres... et Paris (bye bye Nantes et Bourg-en-Bresse).

christine and the queens
Affiche de la tournée de Christine and The Queens - DR

Cela faisait une semaine que Christine and the Queens faisait des énigmatiques ratures vertes fluo sur ses posts instagram. Nous nous étions habitué.e.s aux selfies façon mugshot, aux photos en pieds de Christine en trench-coats version king size. Mais ce vert fluo ? Pour qui, pour quoi ?

© Instagram – Christine and the queens

Il fallait appartenir au cercle des initié.e.s pour savoir qu’il s’agissait en fait des premiers pas d’une annonce tonitruante : le grand retour de l’enfant queer. Dans une ambiance beige et classieuse à la Kanye West, l’artiste dévoile une série de dates impressionnantes : Los Angeles, New York, Londres et Paris (quand-même !). Le 18 décembre 2018, donc, Christine remplira Bercy et l’ouverture des guichets c’est le 26 mars, donc à vos claviers.

La chérie de la chanson française, ouvertement bisexuelle, avait épaté tout le monde avec la sortie en 2014 de son album Chaleur humaine (vendu à 600000 exemplaires). Elle y chantait en anglais et français des récits balançant entre queeritude et hipsteritude, fluidité des genres et des notes. Elle jetait à la volée des hommage à Klaus Nomi ou Christophe, et des anecdotes personnelles vécues dans les rues de Londres. Dans une tournée des grands ducs toute en strass et paillettes, elle enchanta les foules avec ses coups d’épaules à la Mickael Jackson et ses danseurs hyper talentueux.

Depuis son grand succès, la phénoménale prodige est restée relativement peu discrète sur ses intentions d’épater la galerie mondiale. Et avec raison ! Elle sort en 2015 un EP destiné aux États-Unis, Saint Claude, qui sera suivi d’une chanson No Harm is done en 2015. Nous passerons sur l’écueil Booba et son clip de la voiture dans la mer (Here, en 2016) pour se concentrer sur les victoires de Christine. Après les attentats du 13 novembre 2015, elle tient l’antenne pendant 6 heures avec le rappeur Nekfeu dans une émission unique, Good Morning Paris, où elle permet à de nombreux.ses. musicien.ne.s de partager chansons et jolis flows.  En 2016, elle domine le Top50 des Français.es les plus influent.e.s du magazine Vanity Fair, par exemple (rien à voir avec le fait que Madonna l’ai embrassée sur scène à Bercy). Son hit iT a aussi illuminé l’ultime saison de la formidable série Girls, ce qui lui a permis de devenir -enfin- un tube outre-atlantique.

Selon Nick Hugget, directeur de la création chez Because Music, le nouveau disque de Christine and the queens, ou « Chris » si l’on en croit les affiches, devrait sortir dans le courant de l’année…  avec des invités de marque. Suspense.