Virginie Sauveur («L’Odyssée de Jules»): «Jugez-moi sur mon travail»

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Une interview un peu rapide sur le projet de série de Virginie Sauveur a provoqué une certaine inquiétude. Pour Yagg, la scénariste et réalisatrice explique.

Virginie Sauveur insiste, son projet de série, L’Odyssée de Jules, n’est pas la catastrophe que semble annoncer l’interview qu’elle a accordée à Télé-Loisirs il y a quelques jours. Elle ne nie pas avoir employé les termes qui ont été reproduits, mais, explique-t-elle, elle essayait de faire comprendre son sujet à quelqu’un qui n’y connaissait rien.

« Je suis désolée, je ne voulais blesser personne. J’ai peut-être eu tort, reconnait-elle, mais je me suis adaptée à son niveau de connaissance. »

Elle le dira plusieurs fois, elle présente des excuses, elle tentait simplement de se faire comprendre.

De fait, dans la note d’intention qu’elle a présentée à Arte, qui a diffusé son Virage Nord, et contrairement à ce qui transparait dans l’entretien qui a lancé la polémique, elle n’emploie que le « il » pour évoquer son personnage principal, un homme trans’ qui, lorsque son père meurt, revient dans sa famille, dont il s’est éloigné depuis 12 ans.

Comme elle le disait à Télé-Loisirs, Virginie Sauveur travaille depuis de nombreuses années sur ce projet. C’est une expérience personnelle – dont elle ne veut pas encore parler – qui lui a donné envie d’écrire sur le sujet. Une idée relancée par la lecture d’un article sur Thomas Beatie, militant trans’ américain qui a donné naissance à trois enfants :

« Je trouvais que cela bouleversait l’ordre de la nature, que tout était possible, que l’impossible était possible… J’ai été émerveillée. »

« Je n’aurais pas passé sept ans de ma vie à écrire sur un sujet si je n’avais pas un lien particulier avec cette communauté », affirme-t-elle, précisant qu’elle demande à être jugée lorsque la série existera : « Ne soyez pas tristes de quelque chose qui n’existe pas ».

Se rapprochera-t-elle, au moment de l’écriture elle-même, des associations trans’ ? « Mais ça a toujours été prévu !, s’exclame-t-elle. Je ne comptais pas le faire toute seule dans mon coin. Je ne ferai pas ce projet seule, je ne ferai pas ce projet sans la communauté. »

Elle répète : « Attendez le résultat ! ». On attend de voir, donc.