«Être lesbienne à Moscou, c’est accepter d’être invisible» [We Are Les Filles]

Publié le

Sacha vit son homosexualité ouvertement malgré l'omniprésence de l'homophobie dans son pays.

Sacha est une privilégiée. Acceptée par sa famille, ses ami.e.s et ses collègues, cette Russe de 30 ans n’a jamais ressenti le besoin de se cacher. Cependant, elle est consciente que les discriminations sont encore nombreuses : « Je n’ai pas d’homophobes parmi mes collègues et mes proches, mais je sens que l’homophobie est partout – dans les regards agressifs croisés dans le métro, les commentaires stupides qu’on peut entendre dans la rue, sans parler des émissions homophobes à la télé. »

Dans son témoignage, publié par notre partenaire We Are Les Filles, elle évoque l’invisibilité de la communauté lesbienne en Russie et la banalisation de l’homophobie : « Je connais de nombreuses lesbiennes à Moscou qui pensent que l’homophobie ne concerne pas les filles qui habitent la capitale, qui ont un job bien payé, qui sont en fait les self-made-women… Pour elles, ce n’est pas de l’homophobie que de ne pas pouvoir s’exprimer en toute liberté, ne pas avoir les mêmes droits que les hétérosexuels ou ne pas pouvoir se marier. Je ne suis pas de cet avis. »

Entre préjugés et priorités politiques, Sacha prouve par ses confidences que vivre dans une grande ville telle que Moscou n’améliore pas les conditions de vie des homosexuel.le.s. Très engagée, elle continue de militer et de se battre pour avoir les mêmes droits que les hétéros avant d’aller vivre ailleurs d’ici quelques mois.

À lire sur We Are Les Filles.