En DVD: «The Smell of Us», «Imitation Game», «My Two Daddies»…
Et aussi «Toute Première Fois», «Into The Woods», «Pasolini» ou «Les Nouveaux Héros».
The Smell of Us, de Larry Clark (Jour2fête).
Grand Prix du dernier festival Chéries-Chéris, The Smell of Us est le 12e long métrage de Larry Clark, et son premier film français.
Comme dans tous les films de Larry Clark, les corps dénudés de filles et surtout de garçons adolescent.e.s peuplent l’écran. Des visages d’anges aussi, mais des anges désœuvrés de bonne famille, qui se filment pour internet, skatent, boivent beaucoup, se droguent aussi, font l’amour. Et pour certains se «font du cash» en devenant escorts pour dames et messieurs d’âge mur. «J’ai pas le choix, je dois faire des thunes», dit l’un d’eux. Le film est ponctué par de nombreuses scènes de sexe, ce qui lui vaut une interdiction aux moins de 16 ans. On a rarement filmé aussi précisément le fuck bore, lorsque l’un des partenaires s’ennuie pendant l’amour. Vingt ans après Kids, déjà un film sur des jeunes, Larry Clark parvient, avec The Smell of Us, à renouveler son propos, mélangeant toujours documentaire et fiction dans une alchimie unique et fascinante.
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Imitation Game, de Morten Tyldum (StudioCanal)
The Imitation Game est un biopic haut de gamme, en grande partie grâce à la performance de Benedict Cumberbatch, en route vers l’Oscar. Ponctué par les étapes du déchiffrement du code nazi (on estime que la guerre a pu être réduite de deux ans grâce à Alan Turing), The Imitation Game possède toutes les qualités d’un film d’action même si la vérité historique est parfois malmenée (lire à ce sujet la tribune d’Alex von Tuzelmann dans The Guardian).
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Into The Woods, de Rob Marshall (The Walt Disney Company France)
La plupart des adaptations cinématographiques de comédies musicales s’échoue sur l’un de ces deux écueils, quand ce ne sont pas les deux en même temps: un scénario tellement remanié par rapport au livret initial que l’œuvre s’en retrouve appauvrie, quand ce n’est pas trahie d’une part; un casting d’acteurs et d’actrices de cinéma qui ne savent pas vraiment voire pas du tout chanter d’autre part. Les amateurs de comédies musicales qui connaissent déjà la version scénique d’Into the Woods, signée James Lapine et Stephen Sondheim, auront le plaisir de constater que le film de Rob Marshall, à qui l’on doit déjà des des adaptations plus ou moins réussies (Chicago, Nine), navigue aisément entre ces écueils.
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Toute Première fois, de Noémie Saglio et Maxime Govare (Gaumont Distribution)
Il faut s’installer dans son fauteuil et se dire qu’on est en pleine utopie. Ou dans une fable. L’idée de départ de Toute première fois ressemble à un défi d’étudiants potaches: et si un gay de 35 ans tombait amoureux… d’une femme? Au point d’envoyer balader le mariage programmé avec son compagnon et de provoquer un drame familial, car ses parents ne souhaitent pas du tout que leur fils fasse comme «tous les bourgeois». «Mais tu est pédé, mon fils!», lui lance sa mère lorsqu’il lui annonce, dans un coming-out inversé, qu’il est tombé amoureux d’une jolie Suédoise rencontrée dans une soirée. C’est une comédie, avec ses gags, ses traits d’humour, ses retournements de situation. C’est l’humour «Connasse», cher à Noémie Saglio, l’une des réalisatrices avec Maxime Govare, ça ne tient pas toujours la distance, mais après les moments pénibles vécus lors de débats sur le mariage pour tous, cette farce gentiment transgressive, qui se conclut sur le mariage de deux hommes (le premier au cinéma depuis le vote de la loi), se laisse regarder sans déplaisir.
My Two Daddies, de Travis Fine (Septième Factory)
En Californie, au début des années 1980, Paul et Rudy débutent une relation amoureuse quand le destin met sur leur chemin Marco, un enfant handicapé, malmené par une mère toxico. Alors que celle-ci est incarcérée, la garde de l’enfant est confiée au couple et l’enfant peut mener une existence stable avec ses «deux papas». Mais la découverte de leur homosexualité va provoquer le retrait de la garde de l’enfant. Ils vont devoir se battre.
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Pasolini, d’Abel Ferrara (Capricci Films)
Immense figure artistique de la seconde moitié du XXe siècle, poète, écrivain, cinéaste, militant politique critiquant férocement la société de consommation, Pasolini était aussi ouvertement homosexuel. Pour le film qu’il lui a consacré, Abel Ferrara a choisi de se concentrer sur cette funeste mais banale dernière journée. Il nous montre un Pasolini qui se réveille dans l’appartement de sa maman, lit les journaux, déjeune avec Laura Betti (son égérie), répond à une interview. Pour jouer le rôle, Abel Ferrara a choisi son acteur fétiche, Willem Dafoe, d’une ressemblance troublante. Dafoe est magnétique. Tour à tour enjoué, tendre ou sombre, l’acteur n’a jamais semblé autant habité par un rôle. Ces scènes d’une journée pas si particulière, que Pasolini passe aussi à écrire un nouvel essai, Abel Ferrara les filme comme un reportage. Viennent s’ajouter plusieurs scènes d’un film que Pasolini préparait, des séquences qui peuvent paraître un peu confuses.Le soir, Pier Paolo Pasolini drague un jeune homme, le conduit sur la plage d’Ostie… C’est la partie la plus réussie d’un film qui peut dérouter mais qui réussit à capter à la fois la part sombre et la part solaire d’un personnage hors du commun.
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Les Nouveaux Héros, de Don Hall et Chris Williams (The Walt Disney Company France)
Si Disney s’est contenté de s’inspirer de la bédé Marvel Big Hero 6, l’esprit est là (ne pas manquer le clin d’œil post-générique). Le film est plus sombre que la plupart des dessins animés Disney, et cible plutôt ados et adultes que les enfants. Le très attachant personnage de Baymax, qui est tellement plus qu’un loyal bibendum, apporte une touche de tendresse. La fusion Disney/Marvel faisait un peu peur, Les Nouveaux Héros rassure. Une utilisation fine de la 3D, une excellente bande originale, un scénario qui ne lésine pas sur les rebondissements, les fausses pistes et les révélations, des personnages complémentaires et qu’on a hâte de retrouver dans de nouvelles aventures… Entre loufoquerie et coolitude (un peu comme Gardiens de la Galaxie sans les longueurs), le pari est réussi.