Les lesbiennes partent à l’assaut de la Marche des fiertés avec le Lesbotruck

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Un char interassociatif lesbien se profile à l'horizon de la prochaine Marche des Fiertés. Cineffable, FièrEs et Fuk the Name nous en disent plus sur ce Lesbotruck.

Alors que Gouine comme un camion a annoncé que leur char ne roulerait pas lors de la prochaine Marche des fiertés, trois associations ont pris la décision de relever le défi et lancent le Lesbotruck. A l’initiative de ce nouveau char, Cineffable, qui organise chaque année le festival de cinéma du même nom, le collectif Fuk the Name, et l’association LGBT et féministe FièrEs. « Dykes are coming », préviennent les organisatrices qui nous en disent plus sur leurs motivations.

« L’idée n’est pas de prendre la place de Gouine comme un camion, ni de les concurrencer », assure Delphine Aslan au nom de FièrEs. Mais quand nous avons au confirmation que leur char ne serait pas à la prochaine Marche des fiertés, on s’est dit qu’on ne pouvait vraiment pas laisser cet espace vide. » Pour contrer un potentiel recul de la visibilité lesbienne dans le cortège, FièrEs, Fuk the Name et Cineffable misent sur la mutualisation : « Lesbotruck, c’est avant tout un projet interassociatif, explique Amandine Miguel, porte-parole et déléguée à la visibilité lesbienne de l’Inter-LGBT. L’idée, c’est de rassembler les personnes et les associations dans un “Lesbian Corner” sur une partie de la Marche, pour créer un espace festif et militant, qui fédère la multiplicité des expressions. » Batucada, rollers, vélos, tout aura sa place, y compris des revendications politiques :

« Le Lesbotruck sera effectivement un tremplin pour réclamer l’ouverture de la PMA, la reconnaissance de la filiation, la lutte contre la lesbophobie, affirme Delphine Aslan. Et rien que le fait d’être là et visible, d’occuper l’espace public, sera de toute façon un acte politique en tant que tel. »

Organisatrices de soirées, les membres de Fuk the Name vont pouvoir apporter leur expérience et leur savoir faire sur la partie événementielle et créative, mais aussi l’esprit Fuk the Name qui promeut « la diversité raciale, sociale et culturelle » : « La touche Fuk the Name, c’est de donner la voix aux minorités souvent mises de côté. Nous apporterons de la bonne humeur en toute simplicité. » Pour Markus, Devon, Rudy et Marion, l’énergie de la communauté lesbienne est bien vivace, mais manque autant de lieux que de ressources :

« Il n’y a plus -ou seulement très peu- d’espaces lesbiens, déplore Fuk the Name. Les établissements ferment de plus en plus. L’énergie est là pour porter des projets comme celui de la marche, des associations se créent tous les jours mais sont vite rattrapées par le manque de moyens. »

« Cela demande aussi beaucoup de temps, d’ailleurs après la marche, il va y avoir une hibernation d’au moins un mois pour que nous puissions nous en remettre ! » D’ici là, pas question d’attendre sans rien faire, et Fuk the Name espère que la situation va continuer d’évoluer positivement : « Est-ce en train de bouger ? Espérons bien que oui et surtout espérons qu’un jour, dans pas si longtemps que cela, qu’il n’y aura pas un char lesbien mais une dizaine ! »

En attendant une ribambelle de chars lesbiens dans les futures marches, les trois associations qui portent le projet Lesbotruck font appel aux contributions financières mais aussi à toutes celles qui souhaitent s’investir au cours des prochains mois : « On a besoin de bénévoles, toutes les compétences sont les bienvenues », indiquent les militantes. Bien avant le 27 juin, plusieurs événements seront l’occasion de rencontrer Fuk the Name, FièrEs et Cineffable, notamment au Tea Dance du 14 juin au Tango, mais aussi lors d’un match de roller-derby organisé en soutien au Lesbotruck par l’équipe des Rollers-derby Panthers, le 31 mai à 16h à Saint-Gratien (à 30 minutes de Paris par le RER C).

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