La Cinémathèque française consacre une enchanteresse exposition à l’univers de Jacques Demy

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Retrouvez les décors de «Peau d'Âne», des «Parapluies de Cherbourg» et les mille et un détails de la carrière cinématographique du «maître-enchanteur» du cinéma français.

De Demy on connait peu le visage et la voix. Mais l’air des adieux des Parapluies de Cherbourg a été fredonné dans le monde entier. Et très nombreux/ses sont les fans qui ont essayé la recette du fameux cake d’amour de Peau d’Âne. Yagg a pu filmer l’expo lors de son vernissage et vous propose une promenade, ponctuée des interviews d’Agnès Varda, Mathieu Demy et Rosalie Varda-Demy.

CINÉASTE HORS DU COMMUN
L’enchanteresse exposition qui s’ouvre aujourd’hui à la Cinémathèque française retrace l’œuvre de ce cinéaste hors du commun, qui a mis ses rêves en images et en musique, aux multiples références artistiques (Cocteau, Fini, Ophüls) et que des générations de cinéastes ne cessent de citer à leur tour (Téchiné, Ducastel et Martineau, Honoré).

Ce qui frappe le plus chez Demy, c’est l’utilisation de la couleur, comme ces papiers peints de l’appartement des Parapluies ou d’Une chambre en ville, ces costumes dans Le Joueur de flûte, les robes couleur du temps, de la lune et du soleil, dans Peau d’Âne. Au fil de l’expo, on retrouve ces touches de couleur, et bien sûr, ce qui fait l’autre grande originalité de ses films, la musique. D’une salle à l’autre, on passe des Parapluies aux Demoiselles. De plus loin nous arrive les airs de Parking ou de Trois places pour le 26, son dernier long métrage.

OBJETS ÉMOUVANTS
La famille Demy-Varda, qui veille jalousement sur l’héritage du magicien de Nantes, a sorti des placards des objets ou des documents très émouvants: la palme d’or 1964 pour les Parapluies, les copies des films que Demy aimait montrer, des carnets de notes. Ou encore ce témoignage d’Harrison Ford (beau comme un dieu dans les années 60) que Demy avait choisi pour tourner dans Model Shop, son seul film sur le sol américain. Le studio préféra un autre acteur, Gary Lockwood.

DES MARINS, DES FILLES ET DES BATEAUX
Demy, ce sont aussi des actrices: Anouk Aimé, Catherine Deneuve, Delphine Seyrig, Danielle Darrieux, tour à tour princesse, fée, baronne ou pute, ce sont aussi des marins, des filles, des bateaux. La joie qui se dégage des Demoiselles de Rochefort contraste avec le mélodrame d’Une Chambre en ville. Une sensibilité homosexuelle est perceptible dans certains de ses films et de son inspiration. Mais aborder cet aspect de l’œuvre de Demy reste tabou (voir Agnès Varda répond à Yagg sur la sensibilité homosexuelle des films de Jacques Demy).

Bien sûr, comme tout grand cinéaste, Demy a raté certains de ses films. Mais avec le recul et la patine du temps, son œuvre est devenu unique dans le cinéma français et plusieurs films sont des classiques. Raison de plus pour passer du temps à la Cinémathèque, qui programme l’intégralité des films de Jacques Demy. Quel bonheur!


Si vous ne pouvez pas voir la vidéo ci-dessus, cliquez sur «Le Monde enchanté de Jacques Demy», découverte de l’expo à la Cinémathèque française

«Le Monde enchanté de Jacques Demy», jusqu’au 4 août à la Cinémathèque Française. L’intégrale des films commence aujourd’hui et se termine le 3 juin.