«Habillé-e-s pour… l’hiver 2012-2013»: Dansons sur la crise!
Ce soir, sur Canal+, Mademoiselle Agnès et Loïc Prigent passent en revue les dernières collections dans une industrie du luxe insensible – ou presque – aux tourments du monde.
La crise? Quelle crise? Avec sa croissance insolente à deux chiffres, l’industrie du luxe évolue dans un monde parallèle, imperméable aux tourments économiques et sociaux qui font vaciller nos sociétés modernes. Tel est le fil rouge d’Habillé-e-s pour… l’hiver 2012-2013, la nouvelle livraison de la collection documentaire présentée par Mademoiselle Agnès et réalisée par Loïc Prigent, diffusée ce soir à 22h50, sur Canal+.
ANCIEN MONDE
Égrenant les derniers défilés à Paris, New York, Londres, Milan (avec une escapade supplémentaire à Tokyo), les auteurs de ce 52 minutes semblent quelque peu groggy face à ce constat: jamais le fashionland n’avait claqué autant de fric, pour en ramasser en retour au centuple. À l’image de cette locomotive et ses wagons qui débarquent sur le catwalk chez Louis Vuitton. «Il faut épater la galerie, mais la galerie est en feu», martèle Loïc Prigent dans son commentaire. Car de nombreuses collections suintent tout de même comme un parfum de fin du monde, sur fond d’ambiance martiale et anxiogène. Un ancien monde prêt à couler, façon Titanic. Chez Balenciaga, le défilé se déroule à L’Agence, entreprise fictive créée pour l’occasion au 27e étage de la Tour Cristal à Beaugrenelle. Le décor futuriste est d’une froideur extrême. Dès l’ascenseur, on a l’impression d’arriver à L’Étoile Noire.
«GUERRIÈRES SANS CAUSE»
Et les propositions de mode alors? Comme l’analyse si justement la spécialiste Laurence Benaïm, la silhouette ressemble à une «boîte», sans taille, ni hanche. L’inspiration est carrément à chercher du côté du Moyen-Âge: des «guerrières sans cause» pour une mode mondialisée et désincarnée. Le fun, quoi.
Heureusement, Mademoiselle Agnès continue ses exquises pitreries (son commentaire en direct de la conférence de presse «cruelle» de Karl Lagerfeld à Tokyo est à mourir de rire), l’émission couve toujours du regard ses découvertes, de sympathiques jeunes créateurs en devenir (Anthony Vaccarello, Jean-Paul Lespagnard, entre autres) et Glass Candy dans la bande-son vient apporter un peu de chaleur dans cet hiver gris.
HOMMAGES
Des hommages à François Lesage et à Madame Pouzieux, génies de la broderie pour l’un et de la passementerie pour l’autre, tous deux récemment disparus, viennent clore le documentaire. Les derniers artisans d’une mode qui ne s’invente pas dans les bureaux de marketing. Que ces émouvantes images d’archives arrivent après le bling-bling apocalyptique d’un monde quasi-insensible à sa propre obscénité, n’est pas anodin. Quand on vous dit que Habillé-e-s pour… est plus qu’une émission de mode…
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