Pas de prix Pierre Guénin contre l’homophobie pour Louis Nicollin: les réactions
La FSGL et Tous&Go approuvent la décision du jury. Alors qu'Alexandre Marcel, vice-président du Comité Idaho, estime qu'«on juge un homme sur des actes pas sur des mots».
Réflexe de langage? Homophobie décomplexée? La sortie de Louis Nicollin n’a pas mis tout le monde d’accord, même au sein de la communauté LGBT. Le président du club de Montpellier avait en effet déclaré sur RMC «avoir stressé énormément pendant tout le match [un match, qui plus est, dédié à la lutte contre les discriminations et l’homophobie]»: «D’ailleurs au dernier moment je n’y suis pas allé parce que j’ai eu peur. (…) Oui, je suis un pédé, mais enfin qu’est-ce que tu veux, j’ai eu peur.» (lire aussi Nouveau dérapage de Louis Nicollin, lauréat du prix Pierre Guénin contre l’homophobie).
Après les commentaires peu choqués de Pierre Guénin et de Pascal Brethes, président du Paris Foot Gay, et l’annonce du retrait du prix contre l’homophobie que le Président du club de Montpellier avait reçu, des associations ont réagi.
La Fédération sportive gay et lesbienne (FSGL) approuve clairement la décision du jury de retirer son prix à Louis Nicollin. La FSGL ne manque pas de souligner qu’en matière de propos homophobes, ce dernier n’en est pas à son premier coup d’essai: «Nous ne pouvons que nous insurger de tels propos, qui une fois de plus sortent de la bouche d’un responsable sportif fort de notoriété nationale.» Pour la FSGL, plus question désormais d’accorder du crédit aux engagements du Président du club de Montpellier.
APPEL À LA PRUDENCE
L’association Tous&Go déplore elle aussi les propos de Louis Nicollin en prenant le contrepied du communiqué du jury du prix Pierre Guénin qui avançait que «l’insulte ou le commentaire à caractère homophobe font hélas bien partie du patrimoine génétique et « culturel » du Président du Club de Football de Montpellier». Pour Tous&Go, «l’homophobie n’est pas inscrite dans les gènes des individus, mais résulte bien de mécanismes, que nos associations sont en capacité, par leurs actions réelles et concrètes, de décoder, avant de pouvoir modifier les systèmes de représentations des individus». L’association va plus loin en appelant à la prudence: «Ce nouvel épisode […] nous appelle à la plus grande réserve, face à la tentation pour nos associations, de décerner des prix, chartes, labels ou récompenses aux clubs, sans mettre en œuvre des actions et un suivi sur plusieurs années.»
«UN HOMME FORMIDABLE»
Cependant, pour Alexandre Marcel, vice-président du Comité Idaho, Louis Nicollin fait figure de cible facile pour les associations. Celui qui fut élu gay de l’année par les yaggeurs et les yaggeuses en 2009 critique vivement les prises de position de ces dernières. «On juge un homme sur des actes pas sur des mots, a-t-il affirmé sur Sport24.com. Nicollin est un homme de parole qui prouve ses engagements par des actes. Les associations LGBT parisiennes ont du mal à péter un coup par moment (sic). On se bat depuis un an pour qu’on retire un livre qui appelle aux meurtres des homosexuels. Rien ne bouge et ça, c’est autrement plus grave. Louis Nicollin est un homme formidable avec un franc parlé « pagnolesque » du Sud. Prix ou pas prix, un homme de sa valeur continuera à aider, que cela se sache ou pas». Louis Nicollin peut donc compter sur un fidèle défenseur puisque Alexandre Marcel avait déjà justifié ses écarts de langage en 2009, lorsque l’entraîneur avait traité Benoît Pedretti de «petite tarlouze». Selon lui, il s’agit encore de «réflexes de langage» dont l’intéressé n’a pas encore réussi à se débarrasser.
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