Après une série de meurtres, les gays irakiens vivent plus que jamais dans la peur

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Une soixantaine de jeunes hommes ont été brutalement assassinés ces dernières semaines en Irak parce qu'ils étaient gays ou émos.

C’est une série de meurtres particulièrement horribles qui ont été rapportés par l’Associated Press en Irak ces dernières semaines. Selon l’agence, qui cite des sources locales, une soixantaine de jeunes hommes auraient été brutalement assassinés parce qu’ils étaient perçus soit comme gays soit comme émos. Les meurtres ont semble-t-il été commis par des milices organisées.

La chaîne Al Arabiya [attention, images pouvant choquer] a rencontré des gays qui connaissaient personnellement certaines des victimes:

«Ils l’ont couché sur le trottoir et lui ont fracassé la tête avec un bloc de ciment», explique celui qui se fait appeler Roby Hurriya (liberté, en arabe).

Le militant gay parle même de 200 victimes ces derniers mois et dit en avoir connu personnellement 66.

«Dans la communauté gay nous sommes comme reliés par un fil. Dès qu’il arrive quelque chose à l’un d’entre nous, nous sommes mis au courant», ajoute-t-il.

Les autorités irakiennes n’ont pas encore réagi. À l’Associated Press, la police s’est contentée de confirmer et de déclarer qu’il n’était «pas juste que ces jeunes hommes perdent la vie de cette manière». Il est vrai que le ministre de l’Intérieur avait lui-même qualifié le style émo de «satanique».

À San Francisco, quelques militants de l’association Gays without borders ont protesté contre ces meurtres en organisant une action dans la rue (plus de photos sur Rainbow Iraq Plea Read at SF Vigil for Slain Gays, Emos, Goths).

Les militants ont notamment lu la lettre d’un blogueur qui se présente comme un gay irakien, Bissam.

Photos DR / Bill Wilson (San Francisco)