Agression à Lyon: l’homophobie retenue comme circonstance aggravante

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En 2010, quatre jeunes filles avaient été agressées lors de la Marche des Fiertés LGBT de Lyon. Lundi 12 mars, leurs deux agresseurs ont été condamnés à des peines de prison de 12 et 18 mois.

Le 12 juin 2010, quatre jeunes filles mineures ont subi une violente agression en marge de la Marche des Fiertés LGBT à Lyon. Prises à partie dans une rue par deux hommes en raison du drapeau arc-en-ciel qu’elles arboraient, elles se sont vues proposer une fellation dans le but de les « guérir ». Puis, sans susciter de réactions de la part des passants, les deux hommes les ont alors frappées et insultées, jusqu’à ce qu’un chauffeur de taxi ne s’interpose enfin et ne se fasse rouer de coups.

Le verdict est tombé hier, lundi 12 mars : les deux agresseurs ont écopé de 18 mois de prison ferme pour l’un, et 12 mois pour l’autre, avec mandat d’arrêt. En outre, ils devront verser 1200 euros de dommages et intérêts à chacune des quatre jeunes filles, ainsi que 4000 euros au chauffeur de taxi qui était venu à leur secours. La Lesbian and Gay Pride de Lyon, qui s’était constituée partie civile, recevra 800 euros de dommages et intérêts.

L’homophobie comme circonstance aggravante a bien été retenue même si les quatre jeunes filles n’était pas homosexuelles. « L’avocat des agresseurs s’est servi de cet argument, explique à Yagg Gabriel Versini, l’avocat des victimes, mais finalement cela a été en leur défaveur. » Le procureur avait requis deux à trois ans de prison pour les deux hommes ainsi que la suspension de leurs droits civiques, en raison du caractère profondément homophobe et sexiste de l’agression. « Si les agresseurs avaient reconnu les faits et avaient été présents à l’audience, sans doute les peines n’auraient pas été aussi lourdes, affirme Gabriel Versini. Ce qui est extraordinaire, c’est qu’ils comparaissaient le même jour pour des faits de violence en réunion pour lesquels ils ont écopé de 4 mois de prison ferme. »

Satisfaite de ce verdict, la Lesbian and Gay Pride de Lyon rappelle cependant dans son communiqué de presse que ces agressions à caractère lesbophobe ne sont pas rares et sont souvent le fait d’hommes exprimant « tout à la fois leur perception de ce qu’est une femme, et leur perception de l’homosexualité. » L’association préconise ainsi « des mesures éducatives, seules à même de modifier en profondeur les comportements ».

Illustration Fabizm