Ryan Murphy: «Je n'ai pas fait mon coming-out, mes parents l'ont découvert»
Le créateur de la série «Glee» s'épanche sur sa jeunesse au sein d'une famille très conservatrice et raconte l'histoire de son premier amour, mais aussi comment ses parents ont découvert son homosexualité. Un témoignage riche en émotions sur Yagg TV.
La traduction de la vidéo:
«Vous êtes un catholique irlandais? Oh oui. Mon père était un Irlandais vraiment très très très catholique. Il m’a forcé à aller dans une école catholique et il m’a obligé à être enfant de chœur. La plus grosse dispute que mes parents ont eue, c’était au sujet de La Vallée des Poupées [un film américain de Mark Robson, ndlr». Le film allait être diffusé à 10 heures du matin un dimanche. J’ai supplié ma mère de rester pour le regarder et elle adorait ce film que je n’avais jamais vu, alors elle a dit: “D’accord, tu peux rester”. Mais mon père a dit: “Non, tu iras à l’église”. Et là, ils se sont disputés. C’est un peu là-dessus que s’est fondée ma carrière, La Vallée des Poupées et le catholicisme… D’une certaine façon, je les ai entremêlés… Mais j’aimais bien être enfant de chœur, vous savez.
Êtes-vous toujours catholique? Je suis un catholique non-pratiquant. Je ne crois pas forcément au catholicisme mais je crois à la façon de raconter des histoires dans la religion catholique.
Vous allez à l’église? Je vais à l’église pour les grandes occasions. Je prie tous les jours à Dieu, tel que moi je le conçois, mais je ne vais pas à l’église très souvent.
Est-ce dur d’être gay et catholique? C’est dur de grandir et de savoir qui tu es quand des gens te répètent en permanence qu’il y a quelque chose qui ne tourne pas rond chez toi. Mais je me souviens que quand j’étais jeune, ils faisaient aussi ça au sujet des femmes. Je me souviens que quand j’avais sept ans, j’ai dit à mon père que j’étais déçu parce qu’il n’était pas féministe et il était furieux contre moi. Je ne savais même pas ce que ça voulait dire. Mais j’ai compris qu’ils avaient tous tort et que Dieu m’aimait quoi qu’il en soit. C’était ça, ma vision de Dieu.
Quand avez-vous fait votre coming-out à vos parents? Je n’ai pas fait mon coming-out, ils l’ont découvert. J’avais 15 ans et j’ai reçu un coup de fil inattendu de ce garçon, il avait 22 ans. C’est ma mère qui me l’a passé, il s’appelait Drew Benson et je l’aime encore aujourd’hui. J’ai eu une histoire avec lui, vous savez, le premier amour. Il conduisait une Corvette et il avait un bateau de pêche. On avait l’habitude de se balader et d’aller à la station de lavage de voiture où il mettait la chanson Sailing, de Christopher Cross. Je trouvais ça tellement glamour.
Et il m’a écrit des mots totalement inoffensifs pendant que j’étais en colonie de vacances, mon père est venu me chercher et j’ai cru que quelqu’un était mort. Il m’a ramené à la maison et ma mère attendait. On a eu une grande discussion et elle m’a dit: “Nous savons ce que tu fais, nous savons que tu vois Drew. Demain, tu iras en thérapie trois fois par semaine. Nous avons vendu ta voiture et tu es privé de sortie pour le reste de l’été. As-tu des questions?” J’étais dévasté. Je tournais en rond dans le jardin en robe de chambre, je fumais, j’étais vraiment déprimé. Je n’ai plus jamais revu Drew jusqu’à aujourd’hui. C’était fini. Un amour de jeunesse parti au loin. Mais il était serveur et six mois plus tard, j’ai pris l’habitude d’aller dans son resto et je suppliais pour être assis dans la section dont il était chargé. Je m’asseyais et j’attendais qu’il vienne, mais il ne venait pas, parce qu’apparemment, ma mère l’avait menacé avec une ordonnance restrictive.
Finalement, j’ai eu affaire à un très bon thérapeute, qui les a appelés au bout de quelques semaines et leur a dit: “Votre fils est très intelligent et il est comme il est, alors acceptez-le et aimez-le ou vous le perdrez. C’est à vous de décider”. C’était quand même osé de faire ça dans l’Indiana en 1982. Quand je suis rentré à la maison, il y avait un silence total. Ils ne m’ont pas parlé pendant une semaine ou deux. Mais ensuite, ils se sont un peu calmés et c’est juste devenu quelque chose qu’ils devaient subir pendant un certain temps, en quelque sorte. Mais vous savez, je ne leur en veux pas. On ne les avait pas élevés de cette façon-là et ils s’inquiétaient pour moi. En regardant en arrière aujourd’hui, je crois qu’ils étaient probablement inquiets par rapport au fait que j’avais 15 ans et que je sortais avec quelqu’un de beaucoup plus âgé que moi. Je pense que si j’avais un enfant, j’aurais les mêmes craintes.»
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