Expo: Frida Kahlo superstar à Bruxelles
Le Palais des Beaux-Arts de Bruxelles propose jusqu'au 18 avril l'exposition "Frida Kahlo y su mundo" consacrée à l'œuvre de l'artiste mexicaine. Une occasion rare de voir de ses propres yeux des images entrées dans la légende.
Le Palais des Beaux-Arts de Bruxelles – dit Bozar –, propose jusqu’au 18 avril l’exposition Frida Kahlo y su mundo consacrée à l’œuvre de l’artiste mexicaine. Femme, indigène, communiste, nationaliste, l’artiste disparue en 1954 était une combattante des subalternes et des opprimés dans le monde de l’art. Cette exposition est une occasion rare de voir de ses propres yeux des images entrées dans la légende.
Frida Kahlo dans le jardin de la Casa Azul, Mexico
DEVENIR FRIDA KAHLO
Sans doute fallait-il une institution belge pour aborder l’œuvre picturale d’une artiste qui, durant toute sa vie, dénonça et méprisa la décadence de l’occident capitaliste, avec le glamour que l’on réserve habituellement à une star hollywoodienne. Ce qui pourrait paraître déplacé à un regard et une compréhension superficiels me semble au contraire très pertinent.
Frida Kahlo s’était effectivement fabriqué un personnage de star, bien avant que Hollywood ne s’en empare et porte sa vie à l’écran en 2003. Par sa vie publique et son œuvre, curieuse et singulière, faite en grande partie d’autoportraits témoignant des différentes étapes de sa vie, Frida Kahlo s’est inventé une image de marque, un look et une attitude: le mono sourcil sur un œil sévère, la moustache surlignant une bouche durement fermée, la nuque raide, les costumes et parures de Tihuana.
Bozar ouvre son exposition, qui compte 19 tableaux et quelques dessins, par une bio qui retrace la vie mouvementée de l’artiste: la jambe atrophiée par la polio, l’accident de bus à 18 ans, la découverte de la peinture sur son lit d’hôpital, la rencontre avec Rivera de 20 ans son aîné, le mariage tumultueux avec cet ogre du muralisme mexicain, les conquêtes masculines et féminines de Frida, ses coups d’éclats en public. Un véritable « biopic » hollywoodien! La scénographie est aussi surprenante: dans une salle plongée dans la pénombre, des cloisons inclinées et des miroirs renvoyant des images des tableaux créent un drôle de labyrinthe où les images peintes par l’artiste apparaissent dans des halos lumineux, comme pourraient le faire des bijoux.