Le festival de cinéma LGBT Chéries-Chéris lève le voile sur son affiche

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Pour ses 15 ans, le Festival de films gays et lesbiens de Paris change de nom et souhaite s'ouvrir à d'autres expressions artistiques.

Il faudra désormais l’appeler Chéries-Chéris. Le festival de films gays et lesbiens de Paris qui revient au Forum des images rénové, du 16 au 22 novembre, fête ses 15 ans avec un changement de nom. Revue de pré-pré-programmation avec Didier Roth-Bettoni, nouveau directeur artistique du festival Chéries-Chéris, Festival de Films Gays Lesbiens Trans & ++++ de Paris.

Quinze ans et beaucoup d’autres bougies. Comment célébrez-vous cette année d’anniversaires? Nous avons 15 ans, Act Up en a 20, Gai Pied aurait eu 30 ans et l’on vient de célébrer les 40 ans de Stonewall. Stonewall, Gai Pied, Act Up, c’est notre mémoire collective. Nous allons décliner cela avec des films documentaires qui racontent notre histoire. Le Festival, c’est aussi et comme d’habitude, beaucoup de films et de documentaires inédits venus du monde entier. Nous sommes toujours attachés à présenter des court métrages, inédits, ici aussi.

Parce que le festival a 15 ans, nous avons eu l’idée de nous pencher sur l’adolescence. Qu’est-ce-que c’est d’avoir 15 ans pour un ado LGBT? Nous tenterons de répondre à cela… en images. Car nous sommes un festival gay et lesbien mais nous sommes, justement, un festival de cinéma. Des débats sont prévus autour de ce thème, ainsi qu’une soirée organisée avec l’association Contact.

La programmation nous emmènera du côté de Berlin. Ce sont les 20 ans de la chute du Mur de Berlin. C’est une ville très importante dans l’univers LGBT, cela depuis un siècle. Pour nous, il était normal de célébrer aussi, à notre manière, cet anniversaire.

Comment vivez-vous le retour au Forum des Images? Nous en sommes très heureux. C’est un lieu qui apporte de la convivialité. Il y a non seulement la salle de projection, mais nous allons avoir accès à d’autres lieux comme le bar ou encore, et c’est une nouveauté, à un salon. C’est une petite salle de projection d’une vingtaine de places. Elle sera en entrée libre et l’on pourra ainsi venir voir quelques programmations particulières, comme des films expérimentaux, des documentaires, des vidéos ou des reportages, par exemple.

Vous êtes désormais « hors-les-murs ». L’idée, c’est que le festival ne dure plus seulement une semaine. Depuis le mois d’avril, tous les mois, alternativement, le cinéma Le Nouveau Latina et le Centre LGBT Paris Ile de France accueillent des projections dans le cadre du festival. Aujourd’hui et dans le futur, nous voulons agréger des créateurs qui ne sont pas seulement des créateurs de cinéma. C’est aussi une façon de nous ouvrir à d’autres publics.

L’affiche du festival est réalisée par les designers Antoine+Manuel. Comment cela s’est-il fait? Nous avions vu leur exposition aux Arts Déco. Nous nous sommes dit que cela serait formidable de travailler avec eux. Ils ont accepté immédiatement. Ils ont entendu et partagé nos envies: nous souhaitions apporter le lien, l’ouverture vers les autres, le côté « Chéries-chéris ». Ils ont vraiment compris ce que nous voulions transmettre. Ils ont fait beaucoup d’affiches de théâtre, de danse. Ils sont, bien sûr, connus pour leurs créations avec Christian Lacroix. Mais ils n’avaient jamais travaillé sur le cinéma et sur l’homosexualité. Le visuel et le logo vont évoluer au fil des années. Qu’Antoine+Manuel aient eu envie de travailler avec nous sur le long terme est tout simplement fabuleux.

À noter que le 17 septembre, à 20h, le Festival organise un débat intitulé « Homos d’Afrique/Homos africains en France: quelles images pour quelles réalités? » avec la projection du documentaire Woubi chéri, réalisé par Philip Brooks et Laurent Bocahut en 1998, sur la situation des homos en Côte d’Ivoire (plus d’infos ici).

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