« The L Word » saison 6, compte-rendu de l’épisode 8: « Last Word »
Comment gâcher la fin d'une série formidable avec une mauvaise idée. De ce point de vue, cette sixième saison de The L Word restera un cas d'école. Au départ pourtant, la mort de Jenny a pu apparaître comme un coup audacieux. Mais la manière dont cette disparition a été amenée, puis traitée, s'est révélée désastreuse […]
Comment gâcher la fin d’une série formidable avec une mauvaise idée. De ce point de vue, cette sixième saison de The L Word restera un cas d’école. Au départ pourtant, la mort de Jenny a pu apparaître comme un coup audacieux. Mais la manière dont cette disparition a été amenée, puis traitée, s’est révélée désastreuse à tous points de vue. Et ce à plusieurs titres:
- La pré-diffusion a été mal gérée. Les teasers précédant la diffusion du premier épisode en ont dit trop. Au lieu d’entretenir le suspense, la production en a trop dévoilé.
Venons-en au dernier épisode. Pas de générique cette fois-ci. Petit cadeau à celles et ceux (nombreux) que la chanson de Betty agace depuis des années? Pour leur ultime tour de piste, Bette et Tina s’apprêtent à quitter Los Angeles pour New York. Une grande fête de départ est organisée et elle doit réunir toute la bande. Jenny, qui est parvenue à se faire détester d’à peu près tout le monde, a une idée généreuse: tourner une vidéo hommage. Chacun-e de leurs ami-e-s doit dire devant la caméra en quoi il ou elle a été inspiré-é par le couple. Les séquences de préparation de la soirée alternent avec les interrogatoires des personnages par le sergent Duffy, interprétée par Lucy Lawless. Ces dernières séquences laissent d’ailleurs sans voix. Pourquoi diable avoir collé un tel éclairage dans la figure de chacune des femmes? Pour montrer que même Jennifer Beals avec un hallogène braqué sur elle peut être laide? Quel intérêt, franchement?
La soirée ne se déroule pas exactement comme prévu. Shane découvre à quel point Jenny peut être manipulatrice. Alice pose un ultimatum à Tasha: c’est Jaimie ou moi. Helena et Dylan se disputent violemment, encore une fois à cause de Jenny. Kit voit la vidéo des faux ébats entre Kelly et Bette et elle n’est pas contente. Bref, c’est un beau fiasco. Tout le monde finit néanmoins par se retrouver autour de la vidéo de Jenny, où l’on voit une bonne partie des personnages des saisons précédentes, Tim, Ivan, Angus, Marina ou la sublime Carmen. Jenny n’est pas là pour assister à ce moment d’apaisement. Et pour cause, elle gît morte, dans la piscine. Et c’est à peu près tout… On saura tout juste qu’Alice pourrait être suspectée du meurtre (l’introduction au spin-off qui se situera en prison, sans doute). Et on aura remarqué le comportement étrange de Bette que l’on voit répéter ce qu’elle doit dire à propos de Jenny. Et bam, c’est la fin. Avec le générique de Betty en version intrumentale (qui n’est pas mal du tout, du coup).
Ilene Chaiken, la créatrice de la série, aurait peut-être dû regarder la séquence finale de Six Feet Under, qui peut être considérée comme l’une plus grandes réussites du genre. La fin de la série créée par Alan Ball laissait ses spectateurs en larmes, profondément bouleversés, au son du magnifique Breathe Me, de Sia. Celle de The L Word donne envie de dire, malgré la version instrumentale plutôt réussie du générique: « Tout ça pour ça? ». Ce n’est pas vraiment ainsi qu’on aurait voulu quitter Bette, Tina, Shane, Alice et les autres. The L Word ou l’art de rater sa sortie.
Xavier Héraud
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