Marche des fiertés: La préfecture n’a pas de «chiffrage précis»

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En l'absence de données sur le nombre de manifestant.e.s, les médias généralistes ont accordé une plus grande place aux revendications portées par le défilé, se réjouit l'Inter-LGBT.

Contrairement aux éditions précédentes de la Marche des fiertés à Paris, celle qui s’est tenue ce samedi 30 juin n’a pas vu de contraste saisissant entre les chiffres de l’Inter-LGBT et ceux de la police. Les médias qui ont évoqué l’événement, AFP en tête, ont parlé de «dizaines de milliers de manifestants» sans être plus précis. Et pour cause: la préfecture de police n’a pas donné de «chiffrage précis». Contactée par Yagg, elle a indiqué qu’il était difficile d’effectuer «un comptage précis» en raison de la présence «de gens aux abords du défilé». Jusqu’ici, la préfecture ne comptait pas ces personnes sur les côtés, ce qui amenait logiquement à des bilans différents.

«PARI RÉUSSI»
Autre explication à l’absence de données chiffrées: la préfecture de police, dirigée par Bernard Boucault depuis le 30 mai 2012, a assimilé cette Marche des fiertés à une «manifestation festive». Or, les forces de l’ordre ne comptent pas les participant.e.s aux fêtes. «Festive et revendicative», corrige Nicolas Gougain, porte-parole de l’Inter-LGBT. Il se refuse à entrer dans une bataille de chiffres stérile avec les opposant.e.s à l’égalité des droits – pendant ses rassemblements, la «Manif pour tous» a avancé des nombres contestés – et préfère se réjouir de ce que les demandes portées par les participant.e.s à la Marche – essentiellement celles portant sur la PMA – ont été entendues. «Le traitement médiatique s’est concentré sur les revendications», relève-t-il en évoquant un «pari réussi».

Même en l’absence de chiffres officiels, le porte-parole de l’Inter-LGBT estime que la mobilisation a été «très massive», avec une affluence comparable aux années précédentes. La météo grisâtre au départ du défilé et le succès de Solidays à quelques kilomètres du cortège n’ont pas entamé la détermination de «centaines de milliers de personnes» à marcher pour plus d’égalité. Comme des militant.e.s l’avaient déjà souligné en janvier dernier, l’argument du nombre n’a de toute façon pas de valeur en soi.

Avec la libération de la parole homophobe et la radicalisation violente des anti-mariage pour tou.te.s, les partisan.e.s de l’égalité auraient pu se montrer plus frileux/ses. C’est l’inverse qui semble s’être produit: «On a vu un renouvellement des sympathisant.e.s, a constaté Nicolas Gougain pendant la préparation de la Marche. Après une victoire importante, les prochaines batailles portent sur de nouveaux droits et on continue de se mobiliser.»

Photo Xavier Héraud

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