Pierre Bergé menace de provoquer la vente de «La Vie»
Indigné par des éditoriaux anti-mariage pour tous, Pierre Berger envisage de proposer la sortie de l'hebdomadaire «La Vie» du groupe Le Monde.
Pierre Bergé est en colère contre Jean-Pierre Denis, rédacteur en chef de La Vie, auteur d’éditoriaux contre le mariage pour tous. Le compagnon d’Yves Saint Laurent, copropriétaire du groupe Le Monde, dont fait partie le journal chrétien, a menacé, mardi 2 juillet, de proposer à titre personnel sa vente. Il a déclaré qu’il serait «heureux que ce journal ne fasse plus partie du groupe». Expliquant être «venu au secours du Monde parce qu’il représentait une éthique [qu’il] partageait», il a affirmé «ne pas être obligé de supporter celle de La Vie [qu’il] combat tous les jours», selon des propos rapportés par Les Echos mercredi. Les éditoriaux de l’hebdomadaire catholique incriminés ont présenté le mariage pour tous comme une «déconstruction des normes qui, au bout du compte, risque de laisser l’individu désemparé, toujours plus fragile, exposé aux manipulations». Des déclarations qui ont provoqué un certain malaise au sein même de la rédaction, connue pour ses positions en général plutôt de gauche.
Hier, les actionnaires indépendants du Monde ont réagi à la sortie de Pierre Bergé, déclarant dans un communiqué du Pôle d’indépendance du Monde: «Nous respectons les engagements personnels [des actionnaires] mais ces engagements ne sauraient en aucun cas faire office de ligne éditoriale du groupe». Rappel est donné que «la définition de la ligne éditoriale des titres et sites du groupe est du ressort exclusif des directeurs des rédactions et de leurs équipes rédactionnelles, ainsi que le précise la charte d’éthique et de déontologie du groupe Le Monde, annexée aux statuts de la Société éditrice du Monde en 2010 et signée par l’ensemble des actionnaires».
Déjà, le 10 avril, réagissant à la publication d’une pleine page de publicité de la «Manif pour tous» dans l’édition du Monde datée du lendemain, Pierre Bergé s’était déclaré «profondément scandalisé», accusant ceux ayant accepté la parution de la pub de n’être « pas dignes de travailler dans ce journal ».
Photo Matthieu Riegler
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