Posté sur la communauté: “L’homosexualité n’est pas un douloureux problème (2/2)”, par Firefox
Comme promis hier, voici le 2e post de la yaggeuse Firefox. Après le premier coming-out, le premier râteau.
Comme promis hier, voici le 2e post de la yaggeuse Firefox. Après le premier coming-out, le premier râteau.
L’homosexualité n’est pas un douloureux problème (2/2), par Firefox
Par contre, se prendre un râteau en est un. Je n’ai toujours pas abordé la charmante demoiselle du bas de l’amphi. En fait, elle n’est pas vraiment en bas, c’est plutôt moi qui squatte les rangs du fond. Toujours est-il que je n’ai pas encore eu le courage d’aller lui dire quelques mots. Lorsque je l’aurai fait, je tenterai de me jeter dans la Garonne, ou bien je danserai sur du Baccara. Au choix. À vrai dire, cela fait longtemps que je n’ai pas pris de râteau. Mon sex-appeal fou les fait toutes tomber, cela depuis que j’ai tiré quelques enseignements de ma première déconvenue qui s’est déroulée à peu près comme suit.
Il fait un peu frais. « En mai, fais ce qu’il te plaît », qu’ils disent. C’est ce qu’on verra. En attendant, je fume une cigarette pour me détendre, je papote de choses et d’autres avec une de mes camarades. J’ai fière allure, mais je n’en mène pas large. Dans une heure, elle sera là. C’est la dernière fois que je pourrai la voir; c’est la première fois qu’une fille me plaît à ce point. Elle n’est pas très jolie, pourrait sans doute perdre quelques kilos et se remettre en question plus souvent. Elle est craquante. C’est drôle comme je ne l’avais presque pas remarquée au début de l’année. Le mois d’avril est curieux. Il révèle des évidences qui n’osaient pas se montrer jusqu’alors.
Je n’ai encore jamais abordé une fille. J’ai certes dragué sur des dancefloors désabusés, sans enjeu, par simple plaisir de me voir plaire à ces filles, l’alcool aidant sans doute. Fichue timidité. J’en oublierais presque mon assurance et mon flegme légendaires. Ma peur de dire les choses, d’abandonner cette vérité à l’autre, combinée à ma confiance en moi forment un cocktail explosif. Je suis une boule de feu d’une pudeur déconcertante, j’ai cette volonté retenue qui bout en moi. Dans une heure, je dirai à cette fille qu’elle me plaît. J’hésite. Je n’ose pas me lever. Je jette quelques regards discrets, sans savoir ce que j’y cherche. Je laisse passer quelques minutes, et me lance enfin. Je n’ai rien à perdre.
Voilà qui est fait. J’ai perdu tous mes moyens évidemment, mais je me suis trouvée. Je suis une petite fille qui a été acheter sa première baguette de pain toute seule. Peu importe la réponse, j’ai réussi à le faire, et je réussirai encore. J’ai le cœur léger, je suis déçue et ravie, j’ai la gorge sèche et l’air détendu. La prochaine fois, j’aurai cette même peur ridicule, ces mêmes hésitations inutiles, mais ma voix ne tremblera plus. Elle s’appellera Marie. Je l’aimerai, un peu.
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