Le président du Costa Rica soutient le contrat d’union civile pour les couples homosexuels
Óscar Arias a clairement annoncé la semaine dernière sa position en faveur de la création d'un contrat d'union civile qui se prépare actuellement à l'assemblée législative.
Óscar Arias, actuel président du Costa Rica et prix Nobel de la paix, a clairement annoncé la semaine dernière sa position en faveur de la reconnaissance légale des droits des couples de même sexe et a déclaré qu’il soutenait le projet de loi pour la création d’un contrat d’union civile, sorte de pacs, qui se prépare actuellement à l’assemblée législative.
Ce contrat d’union, qui n’est pas un mariage, pourrait donner, s’il était adopté, des garanties légales aux couples homosexuels qui pourraient alors obtenir des crédits communs, des pensions de réversion, une reconnaissance du conjoint au travail, le droit à l’héritage et à la sécurité sociale.
PRISE DE POSITION TARDIVE
Cette prise de position du président costaricain arrive malheureusement un peu tard, à un mois seulement de la fin de son mandat présidentiel et du renouvellement du Congrès. Une période trop courte pour lui permettre d’activer le débat législatif.
« ON NE CHOISIT PAS SON ORIENTATION SEXUELLE »
Mais le symbole est là et la position d’Óscar Arias a le mérite d’être ferme et engagée. Pour lui, la société et l’Église doivent accepter l’homosexualité: « On ne choisit pas son orientation sexuelle. Celle-ci est donnée par la nature ou par dieu. Personne ne la choisit, ni les hommes ni les femmes », a-t-il déclaré au journal costaricain La Nación.
« C’est insensé de croire que quelqu’un choisit à 14 ans d’être hétérosexuel ou homosexuel. Ce sont des choses que dieu nous envoie et que nous devons simplement accepter », insiste Arias qui ajoute que « l’Église (catholique) doit évoluer ».
Et le prêtre Mauricio Granados de répondre au nom de l’église: « Avec tout le respect et la considération que nous lui devons, nous prenons ces déclarations comme une simple opinion. La position de l’Église est ferme et repose sur des arguments. La Constitution Politique n’admet simplement pas cette position du président. Nous sommes dans un état de droits. Il ne s’agit que de ses opinions à lui. Nous nous en tenons à la Constitution Politique et à la jurisprudence ».
UN SYMBOLE FORT ET UN HÉRITAGE POUR LA FUTURE PRÉSIDENTE
Du coté des associations LGBT costaricaines, on regrette que ce soutien du président soit si tardif mais on espère qu’il continuera son engagement auprès des prochaines autorités. « Nous ne pensions pas qu’il ferait une déclaration si forte. Même si nous pensons qu’il est un peu tard, pour nous c’est un symbole fort », a déclaré Abelardo Araya, président de l’association LGBT Movimiento Diversidad.
« Cela aurait pu être fait depuis un ou deux ans, mais c’est positif pour le nouveau gouvernement. C’est un héritage qu’il laisse à Chinchilla », applaudit à son tour Emma Chacón, une des leaders du mouvement lesbien dans le pays.
Élue en février, dès le premier tour, c’est en effet Laura Chinchilla, héritière et ancienne vice-présidente du président sortant Óscar Arias qui accédera à la présidence du Costa Rica début mai, devenant la première femme à la tête de ce pays. Cependant, même si cette nouvelle présidente n’a pas manifesté d’opposition à ce projet de contrat d’union civile, elle a jusqu’à présent clairement laissé entendre qu’il ne s’agissait pas d’une de ses priorités.
Les déclarations d’Óscar Arias n’en restent pas moins importantes et prouvent que les choses sont en train de changer en Amérique latine, pourtant si catholique et traditionaliste, où le mariage a récemment été autorisé en Argentine et dans la ville de Mexico.
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