Les obsèques de Jean Le Bitoux auront lieu vendredi 30 avril, au Père Lachaise, à Paris

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Jean Le Bitoux a souhaité être incinéré et ses cendres seront dispersées dans un jardin du Mali.

Jean Le Bitoux, dont nous annoncions le décès le mercredi 21 avril (lire notre article), sera incinéré au crématorium du Père Lachaise. La cérémonie se tiendra vendredi 30 avril, à 10h20, selon les proches de Jean Le Bitoux. Ce dernier avait demandé que ses cendres soient dispersées dans un jardin au Mali.

Après avoir fondé Gai Pied, en 1979, un magazine qu’il quittera en 1983, Jean Le Bitoux avait milité au sein de Aides. Il fut, comme le souligne le communiqué de l’association, « un des premiers à s’investir auprès de Daniel Defert dans la lutte contre le sida au sein de Aides en 1985 et comprendre l’impact que la maladie allait avoir sur le monde homosexuel ». Parmi les actions très concrètes que Jean Le Bitoux a menées, celle qui concerne la prévention dans les lieux de sexe restera sans doute comme l’une des plus importantes. En 1995, aux côtés d’Éric Fleutelot d’Act Up-Paris et de représentants du Sneg, il fut l’un des rédacteurs de la Charte de Responsabilité, pour sensibiliser les établissements à la prévention du VIH. C’est avec cette Charte que les établissements s’engageaient à mettre à disposition les capotes et le gel dans les sex-clubs, les saunas et autres backrooms.

Nous avons demandé  à Vincent Vivet, qui fut longtemps le président de Aides Paris Ile-de-France, de nous raconter sa rencontre avec ce militant historique de la lutte homosexuelle.

Dans quelles circonstances avez-vous rencontré Jean Le Bitoux? Jean s’est impliqué à Aides dès sa création en 1985. Mais ce n’est qu’en 1996 que j’ai fait sa connaissance, lorsqu’il est devenu salarié de Aides, à Paris, et que nous nous sommes retrouvés impliqués dans les actions auprès des gays, actions que j’animais au sein de Aides. Son recrutement a suscité à la fois inquiétude et curiosité intéressée parmi les militants engagés dans ces actions, du fait de son histoire militante du Fhar à Gai Pied, des UEEH [Universités d’Été Euroméditerranéennes des Homosexualités] au Centre gay et lesbien en passant par la Maison des Homosexualités.

Quelle était son implication dans Aides? Lorsque je l’ai rencontré, c’était donc peu de temps après l’arrivée des trithérapies dont nous pressentions déjà qu’elles obligeraient à un changement de paradigme face à l’épidémie à VIH. C’est avec lui, en s’appuyant sur son expérience de journaliste, que nous avons pu développé de nouvelles approches dans la communauté, en utilisant des outils de communication jusqu’alors inusités, du moins à Aides, en direction des gays. Je pense en particulier au journal Want’AIDES qui alliait à la fois une partie rédactionnelle et une affiche, aux soirées-débats au Point Virgule, aux permanences d’accueil un peu décalées à la galerie Au dessus du volcan en plein cœur du Marais. Mais c’était aussi un intellectuel porteur d’une longue histoire militante qu’il aimait partager, obligeant chacun de nous à la remise en question permanente pour continuer d’avancer, d’innover. En osant la radicalité, en osant la vérité, en exigeant toujours le pas d’après.

En quoi diriez-vous que son combat a fait avancer les revendications et les droits des homosexuels? C’est une question un peu difficile. Je ne penserais pas le trahir en disant plutôt qu’il s’agissait pour lui de s’inscrire dans un mouvement qui se devait d’être collectif, le cas échéant en le suscitant, en étant un facilitateur de mobilisation, tout en maniant la controverse si nécessaire. Radicalement parfois, persuasif et persévérant toujours. En soulevant l’ensemble des enjeux pour construire une stratégie cohérente, efficace et collective et en s’appuyant sur l’ensemble des réseaux qu’il avait su construire.

Photo Pierre LéonardLa France Gaie et Lesbienne

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