Et encore un coming-out de sportif! Aujourd’hui, Blake Skjellerup

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Si les athlètes continuent à faire leur coming-out, on va finir par s'y habituer. Mais celui de Blake Skjellerup, patineur de vitesse néo-zélandais, donne encore ce petit frisson de l'exceptionnel.

Blake Skjellerup

Si les athlètes homos continuent à faire leur coming-out, on va finir par s’y habituer. Mais nous n’en sommes pas encore là, et la sortie du placard de Blake Skjellerup, patineur de vitesse néo-zélandais, donne encore ce petit frisson de l’exceptionnel.

Blake Skjellerup, 24 ans, quart de finaliste en short-track 1000 m aux derniers Jeux olympiques à Vancouver, fait son coming-out dans le magazine australien DNA, rapporte Outsports, le site de référence sur les sportifs LGBT.

Le site officiel du jeune homme présente d’ailleurs en page d’accueil un drapeau arc-en-ciel et le logo de l’association LGBT Human Rights Campaign, et sur Twitter, Blake écrivait il y a quelques heures: « Chers tous. Merci pour votre soutien. Les droits homos pour toujours, l’homophobie jamais!! » (oui, avec deux points d’exclamation. Ça rend enthousiaste, le coming-out, et on ne va pas le lui reprocher).

L’article complet de DNA est disponible en ligne mais réservé aux abonnés. Heureusement, Jim Buzinski d’Outsports, lui-même interviewé par DNA, a la gentillesse d’en publier quelques extraits.

GAY AUX JEUX OLYMPIQUES
Aux Jeux olympiques, raconte donc Blake Skjellerup à DNA, il se promenait main dans la main avec son boyfriend (qui est aussi un athlète de haut niveau, mais l’article ne précise ni son nom ni son sport) et s’est rendu à la Pride House de Whistler: « J’ai été assez étonné d’apprendre que j’étais le premier athlète gay en lice aux JO à y venir, d’autant que je n’ai pu y aller qu’après avoir terminé mes compétitions (les emplois du temps ne correspondaient pas). Mais c’était génial de voir ça. Si j’avais ressenti le besoin de trouver un endroit où être moi-même loin du Village olympique, ç’aurait été là. »

S’il n’a pas parlé de son homosexualité avant les Jeux, c’est parce qu’il était là pour la compétition, dit-il, et qu’il ne voulait pas que son orientation sexuelle devienne la seule raison pour laquelle on s’intéresserait à lui – un discours qui rappelle un peu celui d’Ireen Wüst juste avant les Jeux. Mais s’il avait été interrogé sur le sujet, Blake aurait répondu honnêtement « mais peut-être avec un peu d’hésitation ». Il n’a pas peur de perdre des sponsors, il ne voudrait de toute façon pas être associé à une marque qui « choisirait de ne pas [le] soutenir en raison de [sa] sexualité ».

DONNER L’EXEMPLE
Blake, qui vit au Canada parce que les couples de même sexe peuvent s’y marier, confirme que l’homophobie dans le sport existe, et que c’est précisément pour cela qu’il faut donner l’exemple, et faire son coming-out: « On met trop souvent des stéréotypes sur les homos. Quand j’avais 18 ans et que le sport et mes objectifs olympiques devenaient quelque chose de sérieux, si j’avais pu voir un athlète comme moi – à qui j’aurais pu m’identifier –, mon parcours aurait été bien plus simple. Johnny Weir correspond à un stéréotype en particulier, je corresponds à un stéréotype en particulier et Gareth Thomas à un autre encore. Être homo, c’est comme n’importe quel autre trait de caractère: il y a plusieurs facettes. Personnellement je ne peux m’identifier ni à Weir ni à Thomas, et c’est probablement le cas de beaucoup d’autres jeunes athlètes gays. Mais peut-être que certains d’entre eux verront en moi quelque chose qui leur parle. Plus nous fournirons d’exemples différents, plus nous toucherons de gens [qui se débattent avec leur sexualité]. »

Il n’a pas tort, ce garçon. Et en France, alors? Maintenant qu’Amélie Mauresmo a pris sa retraite, ce serait cool qu’un-e autre athlète français-e prenne la relève, non?

Photos blakeskjellerup.com

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