Benoît XVI récite son chapelet homophobe à Fatima

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L'avortement et le mariage des couples homosexuels figurent aujourd'hui parmi "les défis les plus insidieux et les plus dangereux", a déclaré hier le pape au Portugal.

L’avortement et le mariage des couples homosexuels figurent aujourd’hui parmi « les défis les plus insidieux et les plus dangereux », a déclaré hier le pape à Fatima, alors qu’il s’adressait aux représentants des principales organisations sociales du Portugal. « Les initiatives qui ont pour but de sauvegarder les valeurs essentielles et premières de la vie, dès sa conception, et de la famille, fondée sur le mariage indissoluble entre un homme et une femme, aident à répondre à certains des défis les plus insidieux et les plus dangereux qui, aujourd’hui, s’opposent au bien commun. » Ces propos lui ont valu une standing ovation.

Le pape, qui avait revêtu pour l’occasion une chasuble dorée du plus bel effet, ne s’est donc pas repenti plus longtemps des scandales pédophiles qui touchent l’Église catholique. « Nous l’avons toujours su, mais nous voyons aujourd’hui de façon beaucoup plus terrifiante que la plus grande persécution de l’Église ne vient pas d’ennemis extérieurs mais naît du péché de l’Église, avait-il pourtant  affirmé à la presse dans l’avion qui le conduisait au Portugal. Les attaques contre l’Église et le pape ne viennent pas seulement de l’extérieur, les souffrances viennent de l’intérieur de l’Église, du péché qui existe dans l’Église. »

UNE MARGE DE MANŒUVRE ÉTROITE POUR LE PRÉSIDENT PORTUGAIS
Oubliés les repentirs? Soutenu par un demi million de fidèles, Benoît XVI a réattaqué de plus belle la modernité du Portugal qui a voté la loi sur l’avortement il y a trois ans et une nouvelle loi sur le divorce l’année d’après. On sait que le très conservateur et catholique président portugais Anibal Cavaco Silva a encore trois jours pour signer ou opposer son veto à la nouvelle loi autorisant le mariage des gays et des lesbiennes. Le pape l’invite en quelque sorte au veto. Mais la marge de manoeuvre du président portugais est étroite, et s’il exerce une dernière fois son pouvoir de nuisance, le Parlement pourra, par un simple vote, outrepasser le veto présidentiel et promulguer une loi à laquelle la Cour constitutionnelle, sollicitée par le président, n’a rien trouvé à redire.

D’ailleurs l’archevêque de Lisbonne, le cardinal José Policarpo, n’a-t-il pas déjà affirmé que la loi sur le mariage des personnes du même sexe est un « détail dans la vie de la nation »? (tiens, on dirait du Le Pen…)

La Vierge de Fatima est restée de plâtre face à de tels propos et n’a pas daigné réapparaître, ni pour approuver ni pour infirmer les prises de position pontificales.

DES PROPOS QUI COÛTENT CHER AU PORTUGAL
Les Portugais ont-ils perdu le sens commun? Pour entendre ces propos anti-féministes et homophobes, ils se sont octroyé un jour férié supplémentaire et ont dû financer la sécurité du pape. C’est ce que confirme un article de Golias, qui cite des chiffres accablants: l’université autonome de Lisbonne a chiffré à 37 millions d’euros par jour la visite du pape au Portugal, soit pour 4 jours (du 11 au 14 mai) une somme évaluée à 148 millions d’euros! Alors que ce pays est pris dans la tourmente financière et annonce des mesures d’austérité draconiennes à la population. Cela me semble chérot pour se faire tancer par le Pontifex Maximus. Ainsi les Portugais ont-ils voulu payer les dorures de la crosse qui s’abat aujourd’hui sur eux…

Luc Lebelge

En partenariat avec Gay Kosmopol

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