Louis-Georges Tin: « Aujourd’hui, se lève un espoir en Russie non seulement pour les homosexuels, mais pour tous ceux qui sont attachés à la liberté en général »
Pour Yagg, Louis-Georges Tin, président du Comité Idaho, réagit à la décision de la Cour européenne des droits de l'Homme condamnant la Russie pour l'interdiction des gay prides de Moscou.
Pour Yagg, Louis-Georges Tin, président du Comité Idaho, réagit à la décision de la Cour européenne des droits de l’Homme condamnant la Russie pour l’interdiction des gay prides de Moscou.
En 2006, en parallèle de la gay pride interdite de Moscou, le Comité Idaho avait organisé une conférence. Pouvez-vous rappeler brièvement de quoi il s’agissait? Pourquoi aviez-vous voulu vous joindre aux efforts des militants russes? En effet, le Comité Idaho avait organisé une conférence internationale à la veille de cette Moscow Pride, en coordination avec Nikolai Alekseev, qui est à la fois l’organisateur de la Pride, et le vice-président du Comité. Le but était clairement d’apporter un soutien politique international à cette Pride. De fait, de nombreux correspondants ou amis du Comité Idaho avaient fait le déplacement, des militants originaires de plus de 30 pays. Et du coup, pour la conférence de presse, il y avait devant nous des caméras de chaînes du monde entier, du Japon aux États-Unis, en passant par l’Australie, la France et le Brésil, etc. La Moscow Pride est alors devenue un enjeu de politique internationale.
La Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) a condamné Moscou pour l’interdiction des gay prides de 2006, 2007 et 2008. Quel impact aura, selon vous, ce jugement, en Russie, mais aussi dans d’autres pays? Un impact décisif, évidemment. Aujourd’hui, se lève un espoir en Russie non seulement pour les homosexuels, mais pour tous ceux qui sont attachés à la liberté en général. Le camouflet infligé aux autorités russes est un bol d’oxygène pour la société civile, qui pourra s’appuyer sur cette décision. Non seulement en Russie, mais aussi dans tous les pays qui se trouvent dans la sphère d’influence de ce qu’on appelait autrefois « le grand frère soviétique ». Mais il faut attendre de voir quelle sera la réaction des autorités russes en général, et moscovites en particulier. Vont-elles accepter cette décision qui s’impose à eux, ou vont-elles passer outre, et interdire à nouveau la Pride, au risque d’ouvrir une crise diplomatique majeure au sein des instances européennes?
La prochaine gay pride, en mai 2011, sera la première gay pride autorisée à Moscou (voire en Russie?). Que peut-on en attendre? Cette marche aura évidemment un sens particulier. Si elle est autorisée par la mairie de Moscou, ce sera la première Pride légale en Russie. Si elle est encore interdite, ce sera un outrage non seulement aux militants LGBT ou à la société civile russe, mais à l’Europe tout entière. Dans un cas comme dans l’autre, ce sera un tournant important dans la lutte pour les droits humains en Europe.
Le Comité Idaho y sera-t-il représenté? Oui, tout à fait. Pour rien au monde je voudrais rater cela! Et je tiens à cette occasion à rendre hommage à Nikolai Alekseev, à son travail herculéen, à son courage. Ses amis et lui-même ont accompli une tâche historique. Malgré la fatigue, malgré les pressions, malgré les menaces. Un seul mot: chapeau!
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