«Entente parlementaire»: Les associations réagissent avec agacement et humour

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Les associations homoparentales répètent que des centaines de milliers d'enfants vivent déjà dans des familles homos, tandis qu'Act Up demande l'abolition du «mariage hétérosexuel».

C’est ensemble que l’Association des parents et futurs parents gays et lesbiens (APGL) et les Enfants d’arc-en-ciel, l’asso! (EAC) ont réagi à l’annonce de la réactivaton par le député UMP Jean-Marc Nesme et le sénateur UMP Dominique de Legge (photo) contre l’ouverture du mariage aux couples de même sexe et l’homoparentalité (lire 82 parlementaires ont signé L’«Entente parlementaire» contre le mariage et la parentalité pour les gays et les lesbiennes).

«UN FLOU JURIDIQUE INEXTRICABLE»
Les 2 associations homoparentales se réjouissent que cette «entente parlementaire» n’ait recueilli que 82 signatures, contre 174 lors de son lancement en 2006, mais rappellent que 300000 enfants vivent dans des familles homoparentales: «Ce sont des centaines de milliers de foyers que ces prétendus représentants du peuple français veulent maintenir dans un flou juridique inextricable et dans une position d’inégalité incompatible avec notre devise républicaine».

De son côté, Act Up-Paris s’intéresse à «la vie privée» des signataires de ce «manifeste pour la défense du droit fondamental de l’enfant d’être accueilli et de s’épanouir dans une famille composée d’un père et d’une mère». «Nous comprenons bien qu’il est totalement anormal d’autoriser les divorces, dont les conséquences sur le “droit fondamental de l’enfant d’être accueilli et de s’épanouir dans une famille composée d’un père et d’une mère” sont évidentes, écrit l’association. Le divorce est une négation de ce droit fondamental.»

«UNE MINORITÉ DE DEUX PERSONNES»
«Ces parlementaires “considèrent que l’État et le législateur n’ont pas à ériger en normes ce qui relève de la vie privée et des choix individuels et que, si la République protège la liberté individuelle, elle doit exclure toutes les formes de communautarisme”, poursuit l’association. C’est pourquoi il est temps d’abolir le mariage hétérosexuel qui vient ériger en norme l’union d’un homme et d’une femme, alors que cette union, qui certes relève de la liberté individuelle inaliénable, est un communautarisme de deux personnes seulement. Quelle est la crédibilité d’une République qui donne tant d’importance normative à une minorité de deux personnes?»

«Pour le respect du droit fondamental de l’enfant et contre le communautarisme il faut une réforme législative de fond: l’abolition du mariage et l’obligation du géniteur et de la génitrice d’un même enfant de vivre ensembles, d’accueillir et d’éduquer le dit enfant. Le mariage hétérosexuel de “sensibilité chrétienne” est un signe de communautarisme qui relève de la vie privée, privée de tout regard sur le monde», conclut Act Up-Paris.

[mise à jour, 20 janvier, 10h44] L’Association des familles homoparentales (ADFH) n’a pour sa part pas envoyé de communiqué de presse après la réactivation de l’entente parlementaire, mais a préféré s’exprimer de façon informelle. «L’ADFH n’a pas souhaité réagir publiquement mais agir, a indiqué à Yagg l’un de ses coprésidents, Alexandre Urwicz. C’est ainsi que Jean-François Copé et Nicolas Sarkozy ont été directement saisi. Dans une lettre de 5 pages qui sera remise au premier cercle présidentiel, l’ADFH exhorte le président à cesser de refouler le sujet de l’ouverture du mariage d’une mandature à l’autre et  à s’emparer de la thématique immédiatement. La société n’évolue pas que par paliers quinquennaux.»

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