Hollande promet le mariage en 2013, Sarkozy propose «un pacs homosexuel» en mairie
Dans une interview accordée à «Têtu», les deux principaux candidats à la présidentielle détaillent leurs mesures pour les LGBT. Nicolas Sarkozy confirme son opposition au mariage et à l'adoption.
Si les propositions de François Hollande sont désormais bien connues, le candidat PS précise dans l’interview qu’il a accordée à Têtu que la loi autorisant le mariage et l’adoption sera adoptée au plus tard au printemps 2013.
«UN PACS HOMOSEXUEL EN MAIRIE»
On attendait surtout de connaître la position du candidat UMP Nicolas Sarkozy. Ce dernier, qui dès son entrée en campagne avait annoncé son opposition au mariage et à l’adoption, explique qu’il est «prêt à proposer – c’est une affaire de décret – que la cérémonie en mairie pour un pacs homosexuel soit de droit. La cérémonie en mairie permettrait une vraie reconnaissance sociale», affirme-t-il. On appréciera l’expression «pacs homosexuel»…
Cette annonce a des airs de déjà vu, en moins bien. Déjà en 2007, dans une vidéo que nous avions depuis retrouvée, le candidat Sarkozy expliquait que le tribunal d’instance n’était pas le meilleur endroit pour faire reconnaître son amour et il proposait un contrat d’union civile avec «une cérémonie en mairie». Cinq ans plus tard, retour à la case départ. «Après analyse, les juristes ont indiqué qu’il était anticonstitutionnel de réserver ce contrat d’union civile aux seuls homosexuels, qu’il devait aussi être ouvert aux hétérosexuels (…) Dans ces conditions, j’ai estimé, à tort ou à raison, qu’une telle disposition aurait vidé le mariage de tout son sens», explique-t-il à Têtu.
PAS DE SOLUTION POUR LE STATUT DU BEAU-PARENT
La promesse non tenue en 2007 vaut aussi pour le statut du beau-parent, abandonné depuis. La réponse du candidat laisse la même impression de désinvolture: Nicolas Sarkozy reconnaît ne pas «savoir comment régler le problème aujourd’hui». «Je n’ai pas trouvé la solution», lance-t-il.
Nicolas Sarkozy estime aussi que la marche des fiertés LGBT «est utile mais elle peut aussi être caricaturale et réductrice» et considère que «la lutte contre l’homophobie est beaucoup plus importante que la lutte pour le droit à la procréation ou pour l’adoption dans un couple homosexuel».
Le président sortant affirme avoir parlé d’homosexualité avec le pape Benoît XVI et croit voir une évolution:
«Je pense que le discours de l’Église a évolué là-dessus. Beaucoup. En tout cas, je pense que les prises de position comme la mienne peuvent aussi faire évoluer les choses.»
On ne peut que conseiller au candidat de lire un article publié sur Yagg le 10 janvier 2012 et qui pourrait peut-être le faire changer d’avis:
- Mois des fiertés 2025 : encore un calendrier bien rempli
- Des policiers municipaux parisiens sanctionnés pour des propos LGBTphobes
- Le gouvernement Bayrou déplait fortement aux militants LGBT+
- Sebastian Coe, candidat à la présidence du CIO, veut une « politique claire » sur le genre
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