«Paris n’a jamais organisé les Gay Games, plus de 15000 participant-e-s célébrant une fête du sport et de la culture»
Paris est officiellement candidate à l'organisation des Gay Games de 2018. Chris Fanuel et Michel Geffroy, coprésident-e-s de Paris 2018, répondent aux questions de Yagg.
Paris est officiellement candidate à l’organisation des Gay Games de 2018. Une association, Paris 2018, a été créée à cette occasion, à l’initiative de la Fédération sportive gay et lesbienne (FSGL) et des associations affiliées.
Chris Fanuel et Michel Geffroy, coprésident-e-s de Paris 2018, répondent aux questions de Yagg sur cet événement sportif et culturel de grande envergure dont le but principal est «l’intégration par le sport et la lutte contre les discriminations».
Quels sont les objectifs de Paris 2018? L’association Paris 2018 a pour objectif de porter la candidature de Paris aux Xe Gay Games. En cas d’attribution des Jeux, Paris 2018 aura pour mission d’assurer la promotion, l’organisation et la réalisation de cet événement sportif et culturel. La candidature aux Xe Gay Games de 2018 est assurée par une association LGBT, cette manifestation a pour but l’intégration par le sport et la lutte contre les discriminations, notre slogan est «Tous égaux». C’est un événement sportif et culturel ouvert à tout le monde. Nous voulons inviter toutes les associations d’Ile-de-France à participer et à défendre notre cause.
Dans le cadre de ses actions, Paris 2018 s’efforce de promouvoir la reconnaissance de l’identité et des libertés des personnes lesbiennes, homosexuelles, bisexuelles et transsexuelles. Paris 2018 reprend la devise de la FSGL, «Contre les discriminations faisons du sport ensemble», inscrite sur la tenue des athlètes français au Gay Games de Cologne en 2010, tenue offerte par le ministère des Sports.
Paris 2018 agit en toute indépendance sans considération de l’orientation sexuelle, du genre, de la religion, de la nationalité, des origines ethniques, des convictions politiques, des capacités physiques, athlétiques ou artistiques, de l’âge et de la santé de ses membres ou de leurs représentants et garantit la liberté de conscience de ses membres et de leurs représentants.
Paris n’avait pas été retenue pour les Jeux de 2010, qui ont eu lieu à Cologne. Quelles sont, selon vous, les raisons de cet échec et quels enseignements en tirez-vous pour cette nouvelle candidature? Nous répondrons en 3 points: le manque de soutien politique, la présence plus marquée des athlètes français aux OutGames de 2006 et notre divergence de vue sur le contrat de licence nous liant à la Fédération des Gay Games (FGG).
Tout d’abord, le manque de soutien officiel de la Ville de Paris.
Lors de la candidature de Paris 2010, nous n’avons obtenu que tardivement le soutien de la Mairie de Paris, peu de temps avant le départ pour Chicago où nous devions y défendre notre dossier de candidature.
À l’époque, Paris était également candidate pour l’organisation des J.O. de 2012, ce dossier était plus important pour la Mairie de Paris. Nous n’avons obtenu ce soutien qu’après la défaite de Paris 2012.
Ensuite, des athlètes français ont été plus motivés pour participer aux OutGames qu’aux GayGames de 2006. En 2004, L’association Glisa [Gay and Lesbian International Sport Association] crée OutGames et sa 1ère manifestation à Montréal en 2006. Ce mouvement fait suite à la rupture entre la FGG et Montréal (qui avait pourtant été choisie pour organiser les Gay Games de 2006). La FSGL a toujours soutenu les Gay Games, mais n’a pas voulu imposer à ses adhérents de choisir Chicago plutôt que Montréal. Les amitiés proches entre le Québec et la France ont fait que les Français ont préféré cette destination. La FGG a reproché à Paris 2010 de ne pas avoir suffisamment fait la promotion des Gay Games de Chicago, car la majorité des Français s’est déplacée sur Montréal.
Enfin, la renégociation du contrat de licence de la FGG. Avant de signer l’engagement d’organiser les jeux, les villes candidates doivent étudier le contrat de licence. Paris 2010 a joué le jeu en faisant étudier ce contrat par ses avocats. Cette étude poussée nous a été reprochée, la FGG a eu peur d’avoir un candidat difficile lors des négociations sur le contrat. Le plus gros problème portait sur l’échéancier de la redevance sur les Jeux. Ce contrat prévoyait une redevance de 5000$ par mois à partir de décembre 2005 jusqu’à l’organisation des jeux en août 2010, soit 5 années de redevances mensuelles. Pour Paris 2010, il n’était pas envisageable de verser cette redevance dès décembre 2005, n’ayant pas les ressources dans l’immédiat. Nous avons proposé une alternative en la remplaçant par une redevance corrélée aux inscriptions réelles. Il est à noter que la FGG a retenu cette nouvelle méthode dans leur nouveau contrat pour les Jeux de 2014 et de 2018…
Quels investissements (financiers, humains…) nécessite cette candidature? Faites-vous appel à des soutiens privés et publics? Avez-vous le soutien de personnalités? L’organisation de ces Jeux ne peut se faire sans le soutien des institutions publiques, c’est-à-dire la Mairie, la région, et le gouvernement. Nous espérons pour cette nouvelle candidature un grand soutien de nos politiques.
C’est une grande chance d’accueillir les Gay Games et une belle vitrine de tolérance pour Paris 2018.
Il s’agit d’un soutien en infrastructures et d’un soutien financier nécessaires à la réalisation d’un tel événement sportif et culturel. Nous devons organiser une cérémonie d’ouverture dans un stade ainsi que toutes les compétitions sportives et manifestations culturelles. Un tel événement rassemble plus de 15000 participants, sans compter les visiteurs et amis qui viennent le suivre. Pour cette candidature, nous allons démarcher des sponsors privés pour nous aider à financer tous les frais nécessaires à cette candidature. Dès que nous aurons obtenu les Jeux, les négociations avec les sponsors seront plus faciles car nous aurons une plus grande visibilité à vendre.
Nous recherchons également une visibilité au niveau de la presse généraliste, dès la candidature, pour informer tous les Français sur notre projet ouvert à tous. Dans ce projet, nous allons également convier les fédérations sportives et le comité national olympique (CNOSF). Ayant signé la charte contre l’homophobie, ils peuvent nous aider dans leur expertise d’organisation, leur volonté d’intégration et leurs ressources d’officiels, d’arbitres, etc.
Nous avons besoin de plus de 3000 bénévoles pour l’organisation de cette semaine des Jeux, c’est pourquoi nous allons contacter toutes les associations d’Ile-de-France qui veulent bien nous donner un coup de main. Associations culturelles, sportives, caritatives, etc.
Enfin, nous recherchons pour notre candidature des personnalités qui veulent nous apporter un soutien moral, des personnes du monde du sport, de la culture, du spectacle.,Tous les soutiens sont les bienvenus. Nous avons déjà obtenu 3 vidéos de personnalités du monde du cinéma, de la chanson et du sport [la chanteuse Anaïs, l’actrice et réalisatrice Josiane Balasko et l’ancien joueur de foot et entraîneur Luis Fernandez].
Des représentant-e-s de Paris 2018 dans les locaux de France Télévisions, le 13 mai dernier. L’équipe a eu droit à une présentation dans l’émission «Stade 2».
Si les Gay Games avaient lieu à Paris, quels en seraient les effets, selon vous, sur la vie des LGBT en particulier et sur le sport en général, en France? Et quel serait l’impact sur la lutte contre l’homophobie dans le sport en France également? L’organisation d’un événement de cette envergure aura obligatoirement des retombées sur la ville de Paris mais aussi sur toutes les régions françaises qui nous soutiennent. Paris n’a jamais organisé les Gay Games, plus de 15000 participant-e-s célébrant une fête du sport et de la culture. Une manifestation ouverte à tout le monde sans critères.
Montrons par cette manifestation que quel-le-s que soient son âge, ses convictions politiques, ses origines ethniques, ses capacités physiques et sa sexualité, nous pouvons faire du sport ensemble.
Quel meilleur moyen de faire appliquer la charte contre l’homophobie dans le sport signée par toutes les fédérations sportives? Cet événement doit permettre de rassembler toutes les personnes d’horizons différents derrière un même objectif, luttons contre toutes sortes de discriminations en faisant du sport et de la culture ensemble car nous sommes «tous égaux». Ces jeux vont permettre une meilleure acceptation du monde LGBT par une meilleure connaissance, l’inconnu faisant toujours peur.
C’est aussi le travail depuis plus de 20 ans des associations françaises, sous l’impulsion de la FSGL dont le slogan est «contre les discriminations, faisons du sport ensemble». Cette année, le char de la FSGL à la Marche des Fiertés LGBT [de Paris] sera pour l’occasion habillé aux couleurs de Paris 2018.
Il est question depuis plusieurs années d’un rapprochement entre les Gay Games et les OutGames, deux manifestations similaires, mais concurrentes. Est-il toujours d’actualité? Les deux organisations, FGG (Gay Games) et Glisa (OutGames) essayent de trouver un accord pour le rapprochement des deux manifestations. Malgré plusieurs séances de travail, il n’y a aucun accord trouvé à ce jour, les deux organisations essayent de trouver une solution pour les prochaines manifestations. Il y aura encore deux manifestations séparées: 2018 pour les Gay Games et 2017 pour les OutGames.
Quelles sont les villes concurrentes à Paris pour 2018 et quand aurons-nous le verdict? Les autres villes candidates sont Glasgow, Londres, Los Angeles, Munich, Orlando et São Paulo. La ville qui organisera les Xe Gay Games sera annoncée lors de l’Assemblée Générale de la FGG à Cleveland, en novembre 2013. Si vous souhaitez suivre nos informations, adhérer à l’association, apporter votre soutien moral ou financier, vous porter bénévole, consultez notre site web: www.paris2018.com
Photos DR
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