Après les résultats des législatives, les associations LGBT expriment leur impatience
L'Inter-LGBT sollicite un rendez-vous auprès de François Hollande et de Jean-Marc Ayrault et attend un «signal fort» avant la Marche des Fiertés LGBT de Paris le 30 juin prochain.
Après les résultats du second tour des élections législatives qui offre une victoire sans appel à la gauche (et une majorité absolue au Parti socialiste à l’Assemblée nationale), plusieurs associations LGBT ont fait part à la fois de leur satisfaction, mais aussi de leur impatience à voir les promesses du candidat Hollande (droit au mariage et à l’adoption pour les couples homos) se réaliser. Le mot d’ordre national des lesbian & gay prides et marches des fiertés LGBT, «2012: l’égalité n’attend plus!», semble plus que jamais d’actualité.
Dès le soir du second tour, la LGP Montpellier Languedoc-Roussillon publiait un communiqué réclamant que «l’ouverture du mariage et de l’adoption soient mis en œuvre sans plus attendre». «Nous rappelons également, poursuit le communiqué, que l’ensemble de nos 39 revendications ont été remises en main propre au Président de la République par la Lesbian & Gay Pride Montpellier LR, et que la question du mariage et de l’adoption certes chère à nos yeux, ne doit pas occulter le reste de nos préoccupations. L’espoir et l’attente sont aussi forte que celles que la gauche a fait naître. Il est donc de la responsabilité de la gauche de ne pas les décevoir».
UN «SIGNAL FORT» AVANT LE 30 JUIN
Même tonalité du côté de l’Inter-LGBT. «Alors qu’aucune avancée législative majeure n’a vu le jour depuis le vote du pacs en 1999, souligne un communiqué du 18 juin, les attentes des LGBT sont immenses et la responsabilité du nouveau gouvernement d’autant plus forte. Vigilante, l’Inter-LGBT attend du gouvernement un signal fort à la veille de la prochaine Marche des Fiertés LGBT de Paris» qui aura lieu le 30 juin. C’est pourquoi, «l’Inter-LGBT sollicite un rendez-vous auprès de François Hollande et de Jean-Marc Ayrault», «afin de pouvoir échanger sur le calendrier et le périmètre des réformes à venir sur les questions LGBT». Ici aussi, mariage et adoption ne doivent pas être les arbres qui cachent la forêt des revendications concernant «l’homoparentalité (PMA, coparentalité, réforme de la filiation…)» ou encore «les droits des personnes trans’, la santé LGBT (dont la lutte contre le VIH) ou la lutte contre les discriminations (école, travail, violences)».
«SOULAGEMENT»… SANS ANGÉLISME
De son côté, Les Enfants d’Arc en ciel – L’Asso! fait part dans un communiqué d’un «soulagement pour les familles homoparentales» suite aux résultats des législatives jugés «positifs». Sans verser dans l’angélisme pour autant. «L’élection de députés opposés aux droits LGBT, la réélection de signataires de l’Entente parlementaire, ainsi que l’apparition de députés du Front national à l’Assemblée laissent présager des débats houleux», redoute l’association. Et maintenant? Au travail! «Une nouvelle réforme du code civil est nécessaire afin d’inclure les enfants nés dans un contexte homoparental et de leur assurer un traitement égal sous la loi», affirme l’association qui se tient à disposition du législateur «pour travailler sur les propositions de lois qui pourraient être faites et déposées à l’Assemblée nationale».
Sur le même sujet, SOS homophobie rappelle également dans un communiqué que «les familles homoparentales attendent encore l’égalité». «La France accuse chaque jour un retard plus important, comme en témoignent encore deux arrêts rendus par la Cour de cassation le 7 juin 2012», déplore l’association. Et de poursuivre: «Parce que les juges continuent à se référer à un ordre public dépassé, discriminant et qui maintient ces familles dans une insécurité juridique intolérable, il est plus que temps pour le législateur d’agir afin d’assurer enfin l’égalité des droits entre toutes les familles».
Par ailleurs, l’association de Poitou-Charentes Adhéos (Association d’aide, de défense homosexuelle, pour l’égalité des orientations sexuelles) félicite Catherine Quéré pour sa réélection en Charente-Maritime. La députée socialiste a été à l’origine d’une proposition de loi visant à aligner les délais de prescription en matière de propos homophobes, sexistes et handiphobes sur ceux en vigueur en cas de propos racistes. Texte qui a reçu le vote favorable de l’Assemblée nationale en novembre dernier et doit désormais passer devant le Sénat. Majoritairement à gauche, lui aussi.
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