Découvrez la première campagne du métro de Madrid contre les LGBT-phobies
Pour cette toute première campagne depuis que le métro madrilène existe, 300 affiches ont été disposées sur tout le réseau.
Les associations LGBT locales le réclamaient depuis plusieurs mois, à la suite de divers incidents homophobes dans le métro madrilène, mais la goutte d’eau qui a fait déborder le vase, selon le site LGBT Dos Manzanas, c’est la polémique autour d’un document interne qui incitait à contrôler en particulier les mendiant.e.s, les musicien.ne.s et les gays. L’enquête, qui semble encore en cours, avait mené à la suspension d’au moins un agent.
Depuis hier, mardi 7 avril, et pendant deux semaines (soit jusqu’au 21 avril), les quelque deux millions d’usagèr.e.s quotidien.ne.s croiseront les 300 affiches placardées sur l’ensemble du réseau, avec le slogan «Pour une véritable égalité des lesbiennes, gays, bisexuel.le.s et trans’». Le lancement de la campagne a eu lieu à la station Embajadores, en présence du président du métro madrilène Ignacio González Velayos et de représentant.e.s des trois organisation LGBT à l’initiative de la campagne: Arcópoli, Cogam et COLEGA Madrid.
«Avec cette campagne, nous voulons faire passer un message clair: les actions de celles et ceux qui attaquent et insultent les personnes LGBT à Madrid ne resteront pas plus longtemps impunies, indique Samir Bargachi, président de COLEGA Madrid, dans un communiqué. Le Métro de Madrid rejoint aujourd’hui les administrations et services publics qui s’engagent pour le respect des personnes LGBT et contre la violence en raison de l’orientation sexuelle ou l’identité de genre.»
«La lutte contre les discriminations LGBT et les crimes de haine engage la société toute entière, et chacun.e doit y mettre du sien, ajoute Paco Ramirez, directeur de STOPLGBTFOBIA, observatoire espagnol des LGBT-phobies. La prise de conscience par tou.te.s est nécessaire et nous n’avons pas seulement le droit, mais aussi le devoir de signaler tout incident LGBT-phobe dont nous sommes victimes ou témoins, que ce soit dans des espaces publics comme le métro ou la rue, ou partout ailleurs.»
Pour Arcópoli, le métro est un vecteur idéal pour cette campagne: «Le Métro de Madrid est le deuxième plus important réseau de métro de l’Union européenne et touche 13 municipalités et localités au-delà de Madrid même». «C’est un jour historique, grâce au travail des associations et nous sommes très satisfait.e.s du résultat», souligne Amanda Rodriguez, coordinatrice de l’association, qui invite les passagèr.e.s à se prendre en photo devant les affiches et à les partager avec le hashtag #VisibleEnMetro. Elle montre d’ailleurs l’exemple:
https://twitter.com/CsdFiloMario/status/585480193772548096
L’enthousiasme est plus modéré du côté du Colectivo de lesbianas, gays, transexuales y bisexuales de Madrid (Cogam). Tout en se réjouissant de l’existence de la campagne, l’organisation regrette un manque de visibilité «d’autres minorités sociales» et rappelle que la circulaire à cause de laquelle cette campagne voit le jour mentionnait explicitement «les mendiants, les musiciens et les gays». Le Cogam, réitèrant sa volonté de travailler avec le Métro de Madrid pour former ses personnels, s’inquiète aussi des représailles à l’encontre de celles et ceux qui ont rendu publique la circulaire.
Le Cogam s’étonne également des dates choisies pour la campagne, qui correspondent à une période de vacances dans la Communauté de Madrid et espère convaincre le Métro de Madrid de réfléchir à de nouvelles campagnes autour de la marche des fiertés de juin prochain.
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