La gratitude de Caitlyn Jenner envers Laverne Cox et les autres pionnières

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Dans une nouvelle vidéo mise en ligne par Vanity Fair, Caithlyn Jenner rend hommage aux pionnières trans',et en particulier à l'actrice Laverne Cox.

Depuis la publication de la couverture du numéro de juillet de l’édition 2015 de Vanity Fair hier, lundi 1er juin, internet ne parle que de Caitlyn Jenner. Son tout nouveau compte Twitter a explosé en quatre heures le record de Barack Obama, en atteignant les deux millions d’abonné.e.s en quelques heures.

Pas rancunier, le Président des États-Unis a félicité Caitlyn Jenner pour son courage:

Hasard du calendrier, le Connecticut, l’État où elle est allée au lycée, a adopté le même jour une législation permettant le changement d’état civil des personnes trans’ sans avoir à subir d’intervention chirurgicale. Le texte doit à présent être ratifié par le gouverneur démocrate de l’État.

Vanity Fair publie aujourd’hui deux autres photos, et une partie de l’entretien, réalisé par Buzz Bissinger, où l’on découvre que Caitlyn se trouve bien plus sympathique que ne l’était Bruce (elle parle de Bruce et de Caitlyn comme de deux personnes différentes).

Dans une nouvelle vidéo mise en ligne en même temps par Vanity Fair, l’ex-athlète rend hommage à ces «très intelligentes femmes», ces pionnières que sont Laverne Cox, Janet Mock, Geena Rocero ou Carmen Carrera: «Quand je prenais des hormones, je vivais seule, je n’ai pas tenu le coup, raconte-t-elle. J’étais très seule parce qu’il n’y avait pas d’information. Il y a eu un vrai mouvement ces 10 dernières années qui permettent de mieux comprendre ces questions. Internet s’est développé, où l’on peut voir d’autres personnes qui traverse la même chose. On peut communiquer avec elles. Et on s’aperçoit qu’on n’est pas seule. Il y a plein de femmes très intelligentes. Certaines d’entre elles, de vraies pionnières qui font passer le message – Laverne Cox, Janet Mock, Geena Rocero, des gens comme ça, Carmen Carrera –, dans les années 80 j’étais seule. Et je marche dans leurs pas en quelque sorte. Elles ont simplifié les choses pour moi. J’espère que mon honnêteté simplifiera les choses pour quelqu’un d’autre.»

Si le lecteur ne s’affiche pas, cliquez sur ‪Caitlyn Jenner Is Grateful to Laverne Cox and Other “Pioneers”‬

Laverne Cox, qui fut la première femme trans’ en couverture d’un grand magazine (Time, il y a un an) a elle-même réagi sur Tumblr, félicitant elle aussi Caitlyn Jenner. Mais parce que Laverne Cox ne s’arrête jamais aux apparences, elle saisit l’occasion de remarquer que si Caitlyn Jenner peut sembler sublime en couverture de Vanity Fair, comme elle l’était en couverture de Time, ce qui est vraiment beau chez elle, «c’est son cœur et son âme, la façon dont elle a permis au monde de voir sa vulnérabilité. L’amour et le dévouement qu’elle montre envers sa famille et que sa famille montre envers elle.» Elle souligne le fait que les réactions s’attachent pour beaucoup à une image cisgenrée de la beauté. Ce que l’on apprécie dans les photos de Caitlyn Jenner par Annie Leibovitz, est conditionné à nos habitudes de ce qui est «beau», y compris en termes d’origine ethnique, de classe sociale, de validité, insiste-t-elle. «Il existe des personnes trans’ qui, pour des raisons génétiques ou de manque d’accès matériel, ne seront jamais capables de se conformer à ces critères, rappelle-t-elle. Plus important, de nombreuses personnes trans’ ne veulent pas s’y conformer et nous ne devrions pas avoir à le faire pour être vu.e.s et respecté.e.s comme nous sommes. (…) C’est pourquoi nous avons besoin de représentations diverses de personnes trans’ dans les médias pour multiplier les récits trans’ et décrire notre belle diversité. (…)

«La plupart des personnes trans’ n’ont pas les privilèges dont Caitlyn et moi jouissons désormais. Ce sont ces personnes trans’ que nous devons continuer de soutenir, à qui nous devons permettre un accès aux soins, à l’emploi, au logement, des rues sûres, des écoles sûres et des foyers pour nos jeunes.»

Elle termine sur ces mots: «La lutte continue».