Krzysztof Olaf Charamsa: «L’amour a fait de moi un meilleur prêtre»
Mgr Charamsa, le prêtre qui a fait son coming-out début octobre, a été interviewé par Alessio De Giorgi pour Gay.it. La Yagg Team est heureuse de publier cet entretien simultanément pour marquer le lancement d'un nouveau partenariat éditorial.
Mgr Charamsa, dans la communauté gay italienne, votre geste d’il y a maintenant un mois a évidemment suscité de l’intérêt, de l’attention, de la stupéfaction, mais aussi de l’admiration pour votre courage et la force de votre message. Puis-je vous demander depuis combien de temps vous y pensiez? Je crois que le coming-out est une étape décisive qu’un gay n’atteint pas en peu de temps. Dans mon cas, il a fallu beaucoup de temps, puisque je devais affronter cette réalité de l’homophobie profonde de l’Église catholique, que je servais au plus haut niveau. Je fais référence à la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, que l’on appelait auparavant l’Inquisition, qui est l’un des bureaux les plus importants du Vatican et en même temps le vecteur de l’homophobie dans l’église. Sortir de cette prison par un coming-out devait se faire progressivement. D’autre part, la façon et la durée sont aussi le résultat de diverses circonstances plus immédiates, personnelles et ecclésiales. En résumé, je peux dire aujourd’hui que je vois ma vie comme un cheminement progressif vers cet acte de transparence et de dignité personnelle, que je souhaite à toute personne homosexuelle. Lorsque l’on est dans le placard, on ne peut pas imaginer le goût de la liberté au lendemain de la sortie de cette insupportable obscurité, qui nous est imposée par l’homophobie de la société et de l’église.
Vous avez dit à plusieurs reprises que le rôle de votre compagnon avait été déterminant. De quelle façon? Peut-on dire que c’est cet amour qui vous a conduit à prendre cette décision? Oui, en effet, la seule lueur était l’amour de mon compagnon, un amour qui au sein de l’Église catholique est moqué et méprisé, humilié et condamné, sans cesse nié et outragé. Les documents de la Congrégation qualifient l’amour homosexuel d’inhumain! Oui, l’amour de mon compagnon a transformé mes peurs, inculquées par l’Église, en courage d’être fidèle à ma véritable nature. Cette nature n’a jamais été respectée par l’église malgré ses fausses déclarations de «respect», qui ne sont rien d’autre qu’une invitation à une compassion déplorable envers les personnes homosexuelles, considérées par l’Église comme des créatures inférieures et défectueuses.
Pour l’église, les homosexuels doivent souffrir d’une juste discrimination, mais, comme vous le savez, la discrimination n’est jamais juste!
Pour l’Église, les homosexuels sont des personnes intrinsèquement désordonnées, avec des difficultés d’adaptation sociale. Leurs relations sexuelles ne sont pas humaines, selon l’Église, et ils ne seraient pas capables d’aimer! Sans mon partenaire, il ne m’aurait pas été possible de supporter cet enfer ni de le surmonter. Sans amour il ne m’aurait pas été possible de surmonter l’enfer des mensonges institutionnels de l’Église.
Vous êtes une personne instruite et intelligente. Vous aviez sans doute les moyens d’anticiper les conséquences de votre geste sur votre carrière. Peut-on dire que vous avez décidé de faire votre coming-out «malgré tout»? Vous aviez un intérêt supérieur à votre carrière, j’imagine: lequel? Je me suis toujours intéressé à l’étude et à la cohérence de la vérité. Je ne pouvais pas supporter que mon service et mon travail pour l’Église, ou comme vous dites ma carrière ecclésiale, vaticane et universitaire, doivent dissimuler dans le mensonge la part la plus intime de notre vie humaine. Bien sûr j’ai dans la vie des idéaux et des intérêts bien plus grands qu’une carrière au Vatican. Mon coming-out est un acte décisif de la vérité contre le mensonge de l’Église et son verrouillage complet et honteux à toute tentative de remise en cause intellectuelle de sa position rétrograde.
Faire votre coming-out a-t-il été pour vous une libération, à la fois en termes personnels et dans votre relation avec votre compagnon, ou plutôt une façon de dénoncer et d’ouvrir la discussion à laquelle est confrontée l’Église, lentement et malgré les pressions négatives des factions conservatrices, sur la question de l’homosexualité depuis l’élection du pape François? Dans mon coming-out il y a à la fois la libération, la dénonciation et le regret du manque de discussion. De mon expérience au Vatican, il n’y a aucun doute que la discussion sur l’homosexualité au sein de l’Église n’existe pas. Ce qui existe, c’est une communication envers les médias pour faire croire au monde que l’Église «respecte» les homosexuels, mais c’est un mensonge. La position actuelle de l’Église se résume à un rapport aux sciences modernes qui sont jugées idéologiques. Mais c’est la vraie idéologie paranoïaque anti-gay qui est le produit d’une pensée erronée de l’Église. J’ai vécu au Vatican ce que discuter de l’homosexualité signifie: ce n’est pas s’informer, éventuellement lire un manuel ce qui est aujourd’hui à la portée de tous, mais en le ridiculisant, en se moquant, en discréditant avec des stéréotypes sur la communauté LGBT, en transmettant aux fidèles la peur et la haine des personnes homosexuelles, en les stigmatisant et en les marginalisant, comme s’il s’agissait de lépreux. Il n’y a pas de discussion, il n’y a qu’un sentiment de haine, qui paralyse la mentalité catholique et ce que l’on entend et voit en Italie, ces cris d’orfraie irrationnels contre le «gender», alors que les catholiques ne savent même pas de quoi il s’agit. Ce n’est pas du «respect», ce ne sont que des outrages.
Que répondez-vous à ceux qui soutiennent que vous avez, paradoxalement, soutenu l’aile conservatrice, le raidissement de ses positions et conditionné l’esprit du Synode qui ouvrait le lendemain? Je réponds par une plaisanterie: je suis heureux de penser qu’une seule personne peut changer le destin d’une institution aussi puissante que l’Église catholique. Si c’était vrai, ce serait un miracle!
Plus sérieusement, je peux vous dire que l’esprit du synode a plutôt été conditionné par la période de préparation, le sabotage partisan de la Congrégation de la Doctrine de la Foi contre le pape François et contre une discussion libre et respectueuse des données scientifiques.
Vous devez savoir que ce qui est décisif pour un synode, c’est la préparation, que j’ai observée de l’intérieur: je l’ai dit en faisant mon coming-out, «ça suffit, je ne peux plus obéir au projet programmatique de détruire à la fois le pontificat de François et l’indispensable débat sur les grandes questions humaines d’aujourd’hui, sur lesquelles l’Église est en retard sur son époque».
Il est vrai, comme vous le dites, que le synode a été saboté par ceux que l’on appelle les «conservateurs»: j’en ai connu beaucoup, tous des personnes avec une grande ignorance des réalités qui s’exprimaient de façon apodictique. Ils ont souvent des positions idéologiques, qui n’ont rien à voir avec la défense de la foi ou de la juste doctrine. Il n’est pas possible de définir ni d’expliquer ce qu’est l’homosexualité: les définitions et le langage qu’emploie l’Église sur l’homosexualité sont lacunaires et inadaptés. Ou il serait plus juste de dire qu’il est désormais faux. De plus, utiliser le slogan de la «fidélité à la foi et à Jésus», pour une lutte politique du pouvoir contre les gays, revient à les remettre dans l’obscurité, comme au XIXe siècle. Rien de plus.
Quel regard portez-vous sur les conclusions du synode sur la famille? Le rapport approuvé ne contient aucune ouverture sur la question de l’homosexualité, il ne fait que rappeler la thèse de l’accueil et de l’écoute. Le synode a montré la vérité sur l’Église catholique, qui à l’heure actuelle véhicule de façon paranoïaque et irrationnelle la haine homophobe dans un monde où l’homophobie devient à juste titre punissable grâce aux lois des États civilisés.
De la même façon qu’avec les outils législatifs il faut corriger l’antisémitisme, le racisme et toutes les haines et discriminations à l’encontre des autres, il faut aider les homophobes à renoncer à leur haine.
Le synode a produit ce qu’a le mieux exprimé le cardinal Sarah: sans s’encombrer de grandes phrases, il a comparé les homosexuels aux nazis, aux ennemis de l’humanité, contre lesquels l’Église mène sa guerre sainte. Il a dit ce que pensent les membres de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, à commencer par son préfet actuel. Il s’agit d’une position idéologique irrationnelle, qui a plus à voir avec les émotions qu’avec la raison.
Vous attendiez-vous à autre chose de la part du synode sur les sujets qui nous concernent? Non! C’est précisément pour cette raison que je suis sorti du placard et que j’ai dit qui je suis à l’Église, avant le synode. Il ne peut pas y avoir de discussion sur ces thèmes avec des personnes prisonnières de leurs peurs irrationnelles. C’est pourquoi j’ai fait ce que j’ai appris de Jésus: j’ai témoigné. J’ai témoigné: je suis gay et je suis un bon prêtre. J’ai travaillé pour l’église pendant des années, j’ai tenté de comprendre ses raisons, je me suis efforcé avec succès d’obéir à ses règles pendant la majeure partie de ma vie. Et maintenant je dois le dire: je suis gay, heureux et fier de mon identité et je demande à mon église de prendre cela au sérieux et de mettre fin à sa paranoïa de vieux sénile, parce qu’elle a perdu la raison! Qu’elle ouvre les yeux à la réalité!
Malheureusement le synode a donné la meilleure démonstration de la mentalité actuelle de l’Église: avec la paragraphe 76 a triomphé la doctrine froide et formaliste, pour utiliser des termes chers au pape François dans les débats, où émerge la paranoïa du sentiment homophobe. Ils n’ont pas pensé aux enfants des familles homosexuelles! Ils n’ont montré aucune miséricorde!
Ils ont aussi répété la condamnation du gender, un spectre qu’ils ont eux-même créé.
Il est honteux d’avoir exprimé des positions aussi absolues, alors que le bureau qui devrait étudier ces questions du point de vue de la doctrine de l’Église, la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, n’a jamais lu un seul livre de l’immense océan que sont les «gender studies». Jamais! C’est ainsi que lutte l’Église: de façon irrationnelle, sans arguments, en suscitant des sentiments de peur et de haine. Ce que le synode a illustré de manière exemplaire.
Au cours de votre désormais historique conférence de presse, vous avez dit que le Saint-Office est le cœur de l’homophobie. Faisiez-vous allusion à quelque chose ou quelqu’un en particulier? Je faisais allusion à la façon de travailler (ou plutôt de faire semblant de travailler sérieusement) de l’actuelle Inquisition. Elle ne fait que promouvoir une propagande idéologique, sans aucune étude objective et sereine de la question homosexuelle. Je faisais allusion à la mentalité de mes collègues et de mes supérieurs. La Congrégation est le vecteur politique de promotion de l’idéologie homophobe de l’Église catholique.
Existe-t-il un «lobby gay» au Vatican? Et s’il y a au Vatican des prélats homosexuels qui ont des idées communes, indépendamment du fait qu’ils puissent être qualifiés de «lobby», sommes-nous sûrs qu’ils exprimeraient des positions progressistes? Je n’ai pas connaissance d’un tel lobby et n’ai jamais été en contact avec lui. Je ne sais pas s’il existe ou non: j’ai seulement lu quelques enquêtes journalistiques intéressantes, en particulier en italien et en anglais, que je conseille à l’église de prendre sérieusement en considération parce qu’elles dénoncent ses mensonges.
Dans ma vie, je n’ai connu que des prêtres gays célibataires, mais je n’ai jamais été en contact avec un lobby ou un groupe de prêtres gays. La plupart de ceux que j’ai connus ont peur de leur homosexualité et vivent dans une angoisse constante. Ils ne me semblent pas à même de mettre sur pied un lobby: ils se détestent plutôt et commencent à haïr tous les autres gays. Dans le clergé, nous sommes des experts en homophobie intériorisée, et la haine de soi conduit à haïr nos semblables. C’est dramatique.
Sur le lobby, vous devriez demander des informations à ceux qui à la télévision publique italienne se sont permis d’insinuer que j’ai des liens avec un quelconque lobby. Derrière moi, il n’y avait pas de lobby, mais uniquement mon compagnon Eduard! C’est ce qui est fantastique dans mon coming-out. Il n’y avait personne d’autre, ni lobby, ni sponsor. Et je ne me suis positionné contre personne, je me suis juste positionné en défense de ma dignité brisée par des années dans l’église.
Par ce coming-out, je suis chrétiennement libre, même si j’ai tout perdu.
La question d’un lobby gay au Vatican devrait être posée aux experts de la vie vaticane. Je n’ai rien à voir là-dedans.
De ce que vous avez pu voir, entendre, ressentir, pouvez-vous nous dire dans quelle mesure le Vatican influe sur les choix de la politique italienne en termes de droits? Il me semble que le Vatican influe sur la politique italienne comme un lobby puissant et de façons très diverses et difficiles à identifier. Ce sont des influences étroitement liées à la mentalité dominante, propre aux pays de tradition catholique, comme les deux nations qui me sont si chères, la Pologne et l’Italie. En un sens, l’Italie semble être la première «remise en forme» pour les influences du pouvoir ecclésial, mais cela se fait avec l’accord tacite de la mentalité dominante, et aussi parce que les gens ordinaires croient tout ce que fait l’Église, et ne savent pas faire la différence entre la véritable doctrine évangélique (qui doit être aimée et respectée par mes croyants) et la lutte politique que mènent les hommes d’église.
Que conseilleriez-vous à un homosexuel catholique qui vit avec la souffrance de cette double identité? Sortir du placard, c’est mon premier conseil! Sortir du placard, de l’obscurité et de la clandestinité, mais en préparant bien le coming-out, qui comporte trois étapes: le coming-out le plus douloureux est à soi-même, puis le coming-out aux personnes que l’on aime et aux amis qui vous soutiennent, en enfin la sortie à la lumière du soleil. Personne n’a le droit de bousiller notre vie dans l’obscurité du placard. L’espoir d’une société et d’une église meilleures dépend réellement de ce courage de faire son coming-out. Il faut savoir que nous existons, que nous avons notre dignité, que nous n’avons plus peur. Je crois que pour beaucoup d’entre nous, gays et lesbiennes, trans’ et intersexes, qui vivons dans une société homophobe, la peur est inscrite si profondément dans notre cœur et notre esprit que nous ne nous rendons pas compte qu’elle nous paralyse. Nous nous sommes habitués à la peur comme façon de vivre et sommes dans le placard. L’église gagne quand elle parvient à instiller et maintenir cette peur.
Par mon coming-out, je me suis séparé de cette peur obsessionnelle et paralysante. Ceux qui critiquent mon geste dans l’église et dans la société – veulent e réalité défendre le statu quo de la peur intériorisée et du silence qui en résulte, et qui tue de l’intérieur. Ils veulent maintenir le statu quo du tabou de l’homosexualité, qui existe encore aujourd’hui dans l’église et veulent nous maintenir hors la loi, comme encore aujourd’hui nos familles, les familles gays et lesbiennes restent en dehors de la loi en ce qui concerne ce qui est les points les plus délicats dans notre existence: le mariage et la famille. Il fait dire dans l’église, «ça suffit, nous n’avons plus peur!», comme l’ont dit nos grands amis américains avec les révoltes de Stonewall en 1969!
C’est ce que vous conseilleriez aux autres prélats qui, comme vous, sont homosexuels? De faire le même cheminement? Ils doivent aussi sortir du placard. Mais ce n’est pas seulement un conseil, c’est un devoir de cohérence, une obligation. Je sais que beaucoup ne le font pas pour ne pas perdre leur bien-être, leur carrière, une vie égoïstement tranquille. Mais en agissant ainsi, ils maintiennent en vie l’ignorance les «conservateurs» de l’église. Ceux qui ne font pas leur coming-out permettent et justifient le maintien du verrouillage irrationnel de l’église. Si ces prêtres, par ailleurs, sont homophobes, soyez les bienvenus dans la paranoïa anti-gay de l’église!
Pour conclure, parlons du présent et de l’avenir. Que fait Mgr Charamsa désormais? êtes-vous à la recherche d’un emploi? Oui. Avec mon coming-out j’ai mis en œuvre mes idéaux de toujours. Beaucoup diront que je suis naïf de ne pas avoir préparé mon avenir. Bien sûr, je dois trouver un emploi, dans lequel j’aimerais servir ces mêmes idéaux qui m’ont conduit à devenir prêtre.
Je voudrais me consacrer aussi à la défense des droits des minorités sexuelles: le défi prophétique de l’humanité est justement de reconnaitre pleinement les droits humains, comme cela a été le cas, et l’est encore dans de nombreuses parties du monde, pour les femmes, les juifs et les personnes qui n’ont pas la peau blanche.
Aujourd’hui les minorités sexuelles qui, il y a un demi-siècle, ont cessé d’avoir peur et ont revendiqué leur propre dignité, leurs droits et l’amour, sont le défi de l’humanité, qui doit devenir plus humaine et savoir respecter chacun dans sa dignité.
Quand votre nouveau livre sortira-t-il? Pouvez-vous nous en parler brièvement? Le livre fait partie de mon cheminement intérieur vers le coming-out: je crois en fait que ma démarche est si complexe qu’elle implique une confrontation plus précise avec ceux qui veulent dialoguer avec moi. Il me semble qu’un livre est le lieu le mieux adapté au dialogue avec les lecteurs. Je veux mieux expliquer ce geste de libération, mais je ne suis pour l’instant en contact avec aucun éditeur.
Votre compagnon s’est retrouvé comme vous au cœur du cyclone de l’information mondiale et s’y trouve sans doute encore. Depuis combien de temps êtes-vous ensemble? Et maintenant que vous avez été «licencié», avez-vous l’intention de vous marier puisqu’il est catalan et que c’est possible? Je vais laisser de côté cette question, qui nous concerne tous les deux et notre amour, pour une prochaine occasion, quand nous pourrons répondre à deux, ensemble, Krzysztof et Eduard.
Ce que je peux vous dire pour l’instant: son amour a fait de moi un meilleur prêtre. C’est ce qui se passe pour de nombreux prêtres qui ont la chance de connaître une relation d’amour hétéro- ou homosexuel, chacun selon sa nature: ils deviennent de meilleurs prêtres, malgré l’oppression de l’église. L’amour a amplifié en moi l’énergie sacerdotale dans ce qu’elle a de meilleur.
Et puis mon compagnon est catalan, il appartient à l’antique Nation catalane, qui fait à l’heure actuelle partie de l’État espagnol, qui, sur le thème des droits individuels des personnes homosexuelles et de leur famille, est – Dieu merci – à l’avant-garde. Dans ce domaine important qu’est le respect de la dignité des minorités sexuelles, les Espagnols et les Catalans ont géré cette importante question d’une manière exemplaire. Comme d’ailleurs de nombreux autres pays comme l’Irlande.
À cette reconnaissance de la dignité des minorités sexuelles, j’aimerais ajouter un mot sur l’esprit démocratique et ouvert de la Catalogne, nation d’Antonio Gaudi, dont la capitale est la moderne Barcelone. Vous avez sans doute que le Parlement autonome de Catalogne a voté l’an dernier la meilleure loi européenne contre le délit d’homophobie: les Catalans sont une nation européenne exemplaire en ce qui concerne le respect de la diversité.
D’autre part les Catalans sont aussi un exemple pour les autres peuples européens dans leur amour de la patrie et la revendication juste de leur identité nationale, qu’ils affirment et défendent de manière louable. Ce pays demande à l’heure actuelle le respect de son droit à l’autodétermination de sa souveraineté nationale. Il demande le respect de son histoire, de sa tradition, de sa culture et de sa langue. Il demande le respect de la patrie des Catalans, que je soutiens de toutes mes forces. C’est une nation qu’à mon avis, l’Europe ne peut pas laisser seule: l’Europe doit soutenir le respect du droit humain à l’autodétermination pour l’indépendance. Mais il y aura d’autres occasions de reparler de cette question.
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