La discrimination envers les personnes LGBT+ reste élevée en Europe, selon une vaste étude
L'Agence européenne des droits fondamentaux a publié une enquête sur la situation des personnes LGBT+. Les résultats ne sont pas encourageants : la peur, la violence et la discrimination restent élevées.
Les personnes LGBT+ en Europe sont aujourd’hui plus nombreuses à évoquer ouvertement leur orientation sexuelle et/ou leur identité de genre, mais la peur, la violence et la discrimination restent élevées, selon la plus large enquête jamais menée par l’Agence européenne des droits fondamentaux (FRA), publiée jeudi 14 mai.
Les personnes LGBT+ sont 43% à s’être sentis discriminés dans les douze mois ayant précédé le questionnaire, un chiffre en augmentation de six points par rapport à la dernière enquête effectuée en 2012. Pour les personnes trans, cette proportion monte même à 60%.
Le pourcentage par pays de personnes trans ayant subi des discriminations dans les 12 derniers mois – Capture d’écran / FRA
Les personnes trans et intersexes en Europe sont deux fois plus nombreuses que les autres groupes LGBT+ à faire état d’une agression dans l’année précédant l’enquête. La moitié d’entre elles déclarent avoir des difficultés à subvenir à leurs besoins.
140 000 personnes LGBT+ interrogées en Europe
La FRA a interrogé en 2019 140 000 personnes LGBT+ dans les 27 pays de l’Union européenne (UE), au Royaume-Uni, en Serbie et en Macédoine du Nord. Pour la première fois, son enquête inclut les expériences des personnes intersexes et des adolescent.e.s âgé.e.s entre 15 et 17 ans.
Le directeur de la FRA Michael O’Flaherty prévient que les difficultés dans le domaine de l’emploi et des soins de santé « peuvent s’aggraver en raison du nouveau coronavirus ».
Le pourcentage par pays de personnes LGBTI ayant subi des discriminations pour l’accès aux soins dans les 12 derniers mois – Capture d’écran / FRA
Selon cette agence basée à Vienne, en Autriche, les discriminations augmentent lorsqu’un discours négatif est tenu par des médias, des politiciens ou des personnalités publiques en Europe.
« Nous avons récemment assisté à des attaques contre les marches des fiertés, à l’adoption de déclarations de “ zones sans idéologie LGBTI ” », regrette, dans une déclaration accompagnant le rapport, la Commissaire européenne à l’égalité Helena Dalli, sans citer directement la Pologne où ont eu lieu de tels événements.
Malte et l’Irlande sont deux exemples de pays d’Europe dans lesquels les personnes interrogées ont perçu une amélioration de l’acceptation à leur égard depuis 2012, selon le rapport.
Mais six répondant.e.s sur dix évitent de tenir la main de leur partenaire en public, cette moyenne masquant des différences marquées entre les pays, avec une proportion de huit sur dix en Pologne, contre quatre sur dix au Luxembourg.
Point positif, parmi les 15-17 ans, près d’un personne interrogée sur deux affirme avoir reçu du soutien au sein de son établissement scolaire, qu’il s’agisse de camarades ou du corps enseignant défendant les droits des personnes LGBT+.
La FRA appelle notamment les gouvernements à instaurer une culture de la tolérance zéro envers la violence et le harcèlement, ainsi qu’à former la police pour améliorer l’enregistrement des crimes de haine.
Avec l’AFP
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