La « maladie des modelants » : les ravages des injections corporelles dans la communauté trans de Mexico

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La journaliste Emmanuelle Steels et la photoreporter Bénédicte Desrus ont rencontré des femmes trans qui souffrent de la « maladie des modelants », liée aux injections corporelles de produits souvent de façon sauvage.

Palmira pose un bandage sur ses jambes couvertes d’ulcères - Mexico - Bénédicte Desrus pour Komitid
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En deux temps trois mouvements, Palmira Bothi se transporte à la force des bras dans le taxi et plie sa chaise roulante. Cette femme trans de 50 ans vit avec cette extension d’elle-même après avoir perdu l’usage de ses jambes.

C’est la conséquence d’une décision prise à 17 ans : pour obtenir des formes féminines, elle s’est fait injecter un litre d’huile minérale dans les fesses par une amie. « C’était la grande mode », se rappelle-t-elle. « Tout le monde le faisait ! C’était bon marché et l’effet était immédiat. En un instant, tu obtenais le corps dont tu rêvais. »

Aujourd’hui, cette femme à la chevelure coupée au carré penche coquettement la tête, s’amusant de son ingénuité. Elle regarde par-dessus ses lunettes : « À l’époque, je ne savais même pas que c’était de l’huile minérale. Je voyais les autres et je voulais la même chose. Aujourd’hui, nous sommes toutes malades. » 

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