Cacher qui l’on est ou subir des violences : le parcours semé d'embûches de Kyymyy Isis, femme trans et racisée et des personnes LGBT+ sans abri

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Le témoignage de Kyymyy Isis, femme trans et racisée illustre les difficultés des personnes LGBT+ sans logement. Komitid a pu consulter le rapport de la Fédération des acteurs de la solidarité rédigé par plusieurs associations et qui pointent les difficultés et les obstacles rencontrés.

Portrait de Kyymyy Isis -photo Gaëlle Matata
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Nombre de personnes LGBT+ ont un parcours plus ou moins long dans des centres d’hébergement d’urgence (CHU), de réinsertion sociale (CHRS), ou pour demandeurs d’asile (CADA). Or, ces dispositifs sont peu adaptés à leurs besoins. Elles y sont souvent confrontées aux mêmes discriminations et violences qu’à l’extérieur.

« On est les sacrifiés », résume Kyymyy Isis, femme trans et racisée. Alternant entre détermination, rire et amertume, elle décrit un parcours d’hébergement chaotique depuis qu’elle s’est retrouvée à la rue à la fin de sa prise en charge par l’Aide Sociale à l’Enfance – à l’époque, la DDASS (Direction départementale des affaires sanitaires et sociales). Les personnes LGBT+ font partie du public accompagné dans les centres d’hébergement. Pourtant, leurs réalités y sont souvent ignorées. 

Afin de mettre en lumière les difficultés liées à l’identité de genre et/ou à l’orientation sexuelle dans l’hébergement, le CASVP (Centre d’action sociale de la Ville de Paris), Le Refuge, des associations communautaires dont l'Ardhis ou Acceptess-T et des gestionnaires de structures ont été réunis dans le comité de pilotage d’une étude réalisée par la FAS (Fédération des acteurs de la solidarité) d’Ile-de-France, présentée ce 26 novembre et que Komitid a pu consulter.

« Aucun chiffre officiel »

Aucune stratégie de lutte contre le sans-abrisme en Europe n’intègre la dimension LGBT+, souligne cette étude. Il n’existe « aucun chiffre officiel sur la proportion des personnes LGBTQI sans-abri ». En France, l’hébergement se veut inconditionnel et universel ; mais dans les faits, les dispositifs, nous allons le voir, ne sont pas adaptés pour les personnes LGBT+. 

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