À Nantes, l’inquiétude de la communauté LGBT+ se traduit dans les chiffres

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Militant.e.s agressé.e.s, local du centre LGBTI+ dégradé, association attaquée en justice. Dans la cité des Ducs, un sentiment d’insécurité s'est propagée ces derniers mois dans la communauté locale.    

Le centre LGBT+ de Nantes est régulièrement dégradé - DR
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Cette enquête à Nantes a été réalisée avant le confinement. Mais depuis, les chiffres publiés dans son Rapport annuel par SOS homophobie sont venus corroborer les réactions recueillis sur le terrain. En Pays de la Loire, SOS homophobie a recensé 36 agressions au cours de l'année 2019, soit une agression tous les 10 jours environ, parmi lesquelles 26 agressions morales, huit agressions physiques et deux agressions sexuelles. Ces agressions s'expriment principalement dans les lieux publics (22%) et ciblent majoritairement les jeunes (28% des agressions concernent des moins de 18ans).

 

Il y a eu des serrures collées. Puis des pochoirs La Manif pour Tous au pied de la porte. Il y a eu aussi les autocollants avec des fleurs de lys et des croix celtiques, siglées « Zone nationaliste ». Tout ça en l’espace de quelques mois, au local de Nosig, le centre LGBTI+ de Nantes, rue Dugast Matifeux, en plein centre-ville. « C’est devenu assez régulier. On a l’impression que cela s’accélère », s’inquiète Kévin Sémiramoth, bénévole de l’association Nosig, gestionnaire du lieu, assis sur un canapé à l’intérieur du centre. « On n’en a jamais eu autant », confirme à ses côtés Violette Cordaro, secrétaire de Nosig.

Dans ce contexte, certains bénéficiaires du centre, notamment des demandeurs d’asile, préfèrent se faire discrets lorsqu’ils viennent au local et demandent à rentrer par la porte arrière, de peur d’être vus. « Ce qui est sûr, c’est qu’on se sent de moins en moins en sécurité. On se demande même comment on peut encore se présenter comme un espace safe », résume avec une pointe d’ironie Violette Cordaro. 

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  • dalpe

    Pour compléter l’article, j’attirais l’attention sur les réponses communautaires apportées à ces violences. Je pense notamment aux ateliers d’autodéfense qui ont été organisés dans le cadre du festival Pride’n’Art à Nantes par la drag queen Becky Stanhal. Certains groupes plus informels e radicaux organisent des ateliers de boxe populaire. Au-delà des questions de compétences physiques, ces moments sont destinés à s’outiller collectivement et à reprendre confiance en soi et en ses capacités de défense. La Pride à ce titre peut être considéré aussi comme un entraînement grandeur nature à prendre place, une manière de collectivement reprendre de la force afin de se sentir à l’aise et hors d’atteinte dans l’espace public. Les revendications auprès des institutions doivent être maintenues mais elles ne permettent pas dans l’immédiat de répondre à ce besoin fondamental de se sentir en capacité d’agir et de réagir face aux violences. Il est important de souligner que ce besoin ne pourra être satisfait que par une dynamique communautaire et solidaire.

  • dalpe

    NOSIG, comme les autres associations citées, ne cherche pas à représenter l’ensemble des personnes LGBTQI+, nous ne sommes pas le parlement d’une communauté. Nous accueillons, informons et soutenons quiconque en fait la demande. Mais nous portons avant tout une vision bien spécifique de la communauté, une vision inclusive qui fait le pari de lutter contre toutes les formes d’oppression (sexisme, racisme, validisme, etc). Il y a donc effectivement des comportements et des propos qui se voient opposés des réactions sèches et définitives. C’est peut-être ce que vous avez subi. Je suis militant à NOSIG depuis 2014 et je peux vous garantir que l’association en 6 ans a changé de visage mille fois. La remise en question n’est pas simple effectivement mais je n’ai vu dans votre commentaire aucune proposition constructive. Quant à la désolidarisation que vous affichez fièrement comme un acte de rébellion, comme si vous étiez en lutte contre un système, elle me consterne par sa violence et son mépris. Votre manière de parler des personnes trans montrent enfin votre méconnaissance de la transidentité et une vision très restrictive de l’excellent travail d’écoute et de soutien des associations d’autosupport. Cordialement, le vice-président de NOSIG.

  • phil86

    Le militantisme tue l’intelligence.

  • phil86

    Vu comment vos associations se comportent intolérance agressivité incapacité à vous remettre en cause et à dialoguer avec des personnes qui pensent différemment de vous plus les discriminations pratiquer envers certaines personnes LGBT et la gestion souvent arbitraire et même en dehors de la légalité il ne faut pas vous étonner de ne pas être aimés. Et vu comment j’ai été traité par deux de vos associations vous n’aurez absolument pas mon soutien bien au contraire. Sans oublier l’omerta qui règne dans votre milieu associatif sur les dysfonctionnements et les dérives que l’on observe. Le milieu gay et LGBT est pourri jusqu’à la moelle. Et puis quand on voit comment les trans se traitent entre elles ça me fait marrer de vous entendre toutes et tous pleurnicher sur les injustices l’intolérance etc alors que vous êtes les premiers à les pratiquer.