Portrait - Hanane, cofondatrice du collectif Femmes en lutte 93 : « Ma ligne militante, c’est de créer une armée de guerrières »

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Deuxième volet de notre série de portraits « Une journée sans lesbienne c’est comme une journée sans soleil » par Clémence Allezard. Ce mois-ci, la cofondatrice du collectif Femmes en lutte 93, Hanane A., militante communiste révolutionnaire, engagée corps et âme pour les femmes des quartiers populaires.

Portrait de Hanane, par Clémence Allezard - Illustration originale de Julie Feydel pour Komitid
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Deuxième volet de notre série de portraits « Une journée sans lesbienne c’est comme une journée sans soleil ». Ce mois-ci, la cofondatrice du collectif Femmes en lutte 93, Hanane A., militante communiste révolutionnaire, engagée corps et âme pour les femmes des quartiers populaires.

Chaque mois, la journaliste Clémence Allezard et l’illustratrice Julie Feydel s’associent pour vous brosser le portrait d’une personnalité lesbienne dans le cadre d’une série nommée en lesbiennage à la banderole « A day without lesbians is like a day without sunshine » rendue célèbre en 1979 lors d’une des toutes premières pride de notre histoire, à San Francisco.

« Ça va comme un confinement, quoi. » Les premiers mots d’Hanane – au téléphone, crise sanitaire oblige – donnent le la. Difficile de ne pas évoquer la pandémie en cours. Le COVID-19 menace l’humanité, c’est l’ONU qui le dit, et avec lui, éclatent au grand jour les inégalités structurelles de notre société.
Alors que nous échangeons, nous en sommes au jour 7 du confinement. Autant dire que l’on a encore rien vécu. Mais l’injonction gouvernementale est désormais claire et largement assénée : restez chez vous. « Restez chez vous », disent-ils. Mais ce « vous » demeure désespérément flou pour beaucoup.

« On n'est pas toutes égales face au confinement », lance d’emblée la militante féministe des quartiers populaires, cofondatrice en 2010 du collectif Femmes en lutte 93. « Le gouvernement a été hyper clair sur qui méritait d’être sauvé. Pour la France des quartiers populaires, pour les personnes racisées, les femmes racisées en particulier, c’est encore et toujours la double peine. Ce sont les moins bien loti.e.s, les plus précaires, qui doivent continuer d’aller travailler. D’aller crever. On a beau le savoir, qu’ils s’en foutent qu’on vive ou qu’on meurt, ça nous choque encore. » La crise sanitaire agit comme un révélateur.

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