Humour queer, humour juif, mêmes combats ?

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L'humour peut être une arme pour des communautés discriminées et on parle volontiers d'humour juif ou d'humour LGBT. Mais selon les humoristes et les expert.e.s interrogé.e.s par Komitid, c'est une arme à manier avec précaution.

La drag queen Catherine Pine O'Noir, « interprétée » par un homme gay et juif. -Silvère Koulouris
La drag queen Catherine Pine O'Noir, « interprétée » par un homme gay et juif. -Silvère Koulouris
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Dans son spectacle Set Free, en ce moment sur Netflix, l'humoriste de stand-up anglais Simon Amstell parle de l'abandon de son père, de sa famille juive et de la difficulté à leur faire admettre qu'il est gay. Il se sert de ses blagues pour aborder des traumatismes et tendre un miroir aux non-juifs et aux non-gays. Car l'humour juif et l'humour LGBT ont bien des points communs.

« On rit de nos propres travers, nos propres illusions, nos propres égarements, et cela avec tact »

Auteur de Comment ça va mal ? L'humour juif, un art de l'esprit (éd. Bréal), le chercheur au CNRS Gérard Rabinovitch explique à Komitid : « Chez les juifs, il s’agissait d’auto-dérision et d’auto-parodie. Dans l’un et l’autre cas, on ne se grandit pas sur le dos de l’autre et de ses défauts supposés ou désignés. Mais on rit de nos propres travers, nos propres illusions, nos propres égarements, et cela avec tact. »

Simon Amstel; humoriste juif et gay, dans son spectacle Set Free , actuellement sur Netflix - Matt Frost / Netflix

Le tact ici c'est savoir de quoi on peut rire et avec qui. Simon Amstel n'exclut pas la crudité des blagues sur la circoncision, à shabbat ou au drag show. Dans les deux communautés, on trouve un amour du bon mot.

« Je pense que j'ai appris ça de mon père [juif], l'art de la répartie, de rebondir, confie à Komitid Catherine Pine O'Noir, drag queen parisienne, juive et gay. Mon père m'a appris à être drôle. »

Affronter les préjugés

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