Paris va rendre hommage à Cleews Vellay, l'emblématique président d'Act Up-Paris

Publié le

Une plaque et une Promenade vont être attribuées au président d'Act Up-Paris, mort du sida en 1994 et qui a marqué durablement l'association et la lutte contre l'épidémie. Komitid a parlé avec celles et ceux, élu.e.s ou militant.e.s qui ont œuvré à cette reconnaissance.

Cleews Vellay, en pom pom girl, à la Lesbian and Gay Pride de 1992, à Paris - DR
Article Prémium

Cleews Vellay, ce nom ne vous dit peut-être rien si vous êtes né.e dans les années 90. Il a pourtant marqué durablement la lutte contre le sida.

Né en 1964 à Gonesse dans le Val-d'Oise, issu d'une famille modeste, Cleews va décrocher un CAP de pâtissier. Il enchaîne plusieurs métiers. À l'adolescence, il est chassé du domicile par son père en raison de son homosexualité. Il rejoint Act Up-Paris dès sa création par Didier Lestrade, Luc Coulavain et Pascal Loubet, en juin 1989.

Franc-parler

Son sens aigu de l'action politique, son franc-parler y compris devant les ministres, sa volonté de ne jamais masquer la maladie, font de Cleews Vellay un.e des militant.e.s les plus marquant.e.s d'Act Up-Paris. Sous sa présidence, de 1992 à 1994, l'association acquiert une aura médiatique majeure. Cleews milite pour élargir le combat au delà des hommes gays : femmes, prisonniers, usagers de drogue, étrangers.

Il meurt le 18 octobre 1994, à 30 ans. Il avait demandé un enterrement politique. Son cercueil est emmené en procession jusqu'au Père Lachaise. Puis, quelques jours plus tard, ses cendres sont dispersées, notamment sur une réunion d'assureurs qui à l'époque excluaient les séropositifs. Le problème n'est d'ailleurs toujours pas tout à fait réglé 20 ans plus tard.

Yves Grenu, militant à Act Up-Paris pendant plus de 10 ans, est celui qui a eu l'idée de cet hommage à Cleews Vellay. Pendant ces années à l'association, il s'est occupé de faire l'inventaire de tous les documents et les objets d'Act Up-Paris. Les archives se trouvent aujourd'hui aux Archives nationales et certains objets ont été récupérés par le Mucem.

Pour Komitid, il explique l'idée de cet hommage : « Au départ, j'avais contacté la Mairie car je trouvais important d'honorer la mémoire de Cleews. J'avais imaginé de faire quelque chose sur le 3, rue Keller, où se trouvait le premier local du Centre gai et lesbien en 1994. Mais la copropriété s'y est opposée. Des discussions ont eu lieu en Réunion hebdomadaire d'Act Up pour choisir le lieu. L'amphi des Beaux-Arts et la rue René Boulanger étaient des lieux évoqués pour cette plaque. »

Premier local d'Act Up-Paris

La suite de cet article est réservée aux abonné•e•s.

Pour continuer la lecture :

Vous êtes déjà abonné•e•s ?

Identifiez-vous