Marie-Claude Bompard poursuivie au pénal pour son refus de marier des couples homos
Marie-Claude Bompard vient d'être assignée devant le tribunal correctionnel de Carpentras par l'association Mousse, pour répondre de ses déclarations homophobes en sa qualité de maire d’une commune de France.
L’association Mousse a pris la décision, ce vendredi 5 août, de faire citer Marie-Claude Bompard devant le tribunal correctionnel de Carpentras pour discrimination homophobe.
La maire de Bollène n’est pas inconnue des LGBT de la région: elle avait déjà été poursuivie par la justice en 2013 pour avoir refusé de marier un couple lesbien, motivée par sa « liberté de conscience ».
L’affaire avait été classé sans suite, et donc, n’a pas pu être jugée par le Tribunal correctionnel de Carpentras. Les deux jeunes femmes ont quand même pu se dire « oui » à Bolléne, mais c’est un adjoint au maire qui a procédé à l’union des deux femmes.
UNE DISCRIMINATION JUSTIFIÉE PAR LA «LIBERTE DE CONSCIENCE»
L’élue, membre de la Ligue du Sud avait fait savoir qu’elle ne marierait aucun couple homosexuel en sa qualité d’officier d’état civil. Le préfet l’avait tout de même rappelér à l’ordre. Mais en vain, elle a campé sur ces positions.
Marie Claude Bompard avait justifié ses choix à l’époque via un communiqué de presse «Je leur ai affirmé que j’étais moi-même dans l’impossibilité de procéder à cette cérémonie […]. Outre la destruction du mariage et de la famille, un des objectifs de la loi Taubira est clairement d’écarter les maires libres […]. Pour ma part, et avec les nombreuses personnes qui m’ont soutenue, avec de nombreux élus, je continuerai à prendre une part active aux actions organisées afin que la liberté de conscience soit reconnue et mise en œuvre».
«AUCUN CITOYEN NE DOIT DOUTER DE LA NEUTRALITE DES MAIRES»
Dans un communiqué publié ce matin par Mousse, l’association explique que ce genre de déclaration publique risque de créer un frein pour les couples homosexuel.le.s voulant se marier:«Il est impératif qu’aucun citoyen, quel que soit notamment son âge, son handicap, sa race, ses opinions politiques ou son orientation sexuelle, n’ait à douter de la neutralité des maires chargés d’appliquer la loi.» C’est pour cette raison, qu’il est impératif, selon Mousse, que Mme Bompard réponde de ces actes devant la justice.
L’avocat en charge de dossier, Maître Etienne Deshoulières craint également que «certains couples homosexuels [se dissuadent sérieusement] de déposer leur demande de mariage à la mairie de Bollène et, partant, à faire obstacle à la reconnaissance d’un droit qui leur ait reconnu par la loi »
La maire de Bollène fait partie de Ligue de Sud, un mouvement d’extrême droite, avec son mari le député du Vaucluse Jacques Bompard. Ils se sont vivement opposés au mariage du tous (on se souvient des amendements délirants déposés par le député), et continuent à manifester avec La manif pour tous contre la mise en place de la PMA pour les couples de femmes.
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