Kirghizistan: Une loi anti-«propagande homosexuelle» plus violente qu’en Russie
Un projet de loi anti-«propagande homosexuelle» est en cours de vote au Kirghizistan. Ce texte pourrait bien être encore plus strict que le modèle russe.
À l’instar de la Russie, le Kirghizistan est sur le point d’appliquer une loi anti-«propagande homosexuelle». Le texte a été adopté hier, mercredi 24 juin, par le Parlement kirghize en deuxième lecture. Un examen était prévu le 19 juin, mais les député.e.s avaient directement renvoyé au vote. Pour que le texte entre en vigueur, il faudra qu’il soit adopté une troisième fois, puis promulgué par le Président.
Le 14 juin dernier, une centaine de manifestant.e.s ont défilé en faveur de cette loi à Bichkek, la capitale.«Nous devons accepter cette proposition de loi. Nous allons l’accepter. La première lecture est passée. La semaine prochaine, avant les vacances, nous allons procéder à la deuxième et la troisième lecture, parce que nous sommes contre la propagande», a promis le député (et ancien président) Kourmanbek Bakiev durant le rassemblement.
Lancé au printemps 2014, la proposition de loi a été adoptée lors de la première lecture en octobre 2014 malgré la demande de l’ONU aux député.e.s du Parlement kirghize de retirer le texte et d’arrêter son examen. D’après Humain Rights Watch (HRW), étant donné la formulation vague de cette loi, son adoption pourrait engendrer des complications notamment dans l’accès aux soins de santé pour les personnes LGBT.
Bien que les relations sexuelles consensuelles entre hommes aient été dépénalisées en 1998 (il aura fallu attendre 2004 pour les relations sexuelles consensuelles entre femmes), la communauté LBGT kirghize souffre toujours de discriminations. Entre menaces, arrestations ou encore violences sexuelles, la police fait preuve d’une grande cruauté dès qu’elle le peut auprès des hommes gays et bisexuels, comme le montrent les témoignages recueillis par Human Rights Watch dans son rapport publié l’année dernière.
UNE LOI PLUS VIOLENTE QUE LE MODÈLE RUSSE
Au vue de la croissance de l’homophobie dans le pays, un projet de loi «interdisant la propagande des relations sexuelles non traditionnelles» a été discuté. À en croire certains témoignages, ce document serait même pire que la loi qui est mise en place en Russie depuis 2013.
En effet, le texte proposerait des peines allant jusqu’à un an de prison. Son objectif est d’interdire la diffusion de toute information ou diffusion de l’homosexualité «sous un jour positif» que ce soit lors d’événements publics lancés par des organisations de défense des droits homosexuels ou encore sur différentes plateformes comme Internet, la presse, la radio, la télévision etc.
Toutefois, ni le texte de projet de loi ni les explications données n’ont délivré une définition claire de ce que le Parlement entend par «une relation non conventionnelle» ou «une relation sexuelle non traditionnelle». Si cette loi est adoptée, cela réduirait donc la liberté d’expression mais cela favoriserait également la discrimination dans le pays.
Seuls deux députés sur 90 du parlement kirghize ont voté contre le texte, il est donc fort probable que la troisième lecture prévue cette semaine, ou à l’automne si la session parlementaire s’achève avant l’examen, ne soit qu’une simple formalité.
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