NKM innove et évoque maintenant la «théorie des genres»

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La députée de l'Essonne estime qu'il n'y a pas assez de femmes dans les formations scientifiques mais juge les ABCD de l'égalité, qui voulaient remédier à ce problème, trop «idéologiques».

À quelques jours de la rentrée, une élève n’a visiblement pas fait ses devoirs de vacances. Invitée ce jeudi 28 août de la matinale de France Inter, Nathalie Kosciusko-Morizet a critiqué le manque « d’ouverture d’esprit » de Najat Vallaud-Belkacem, depuis peu ministre de l’Éducation nationale. Pour la députée de l’Essonne et présidente du groupe UMP au Conseil de Paris, l’ancienne ministre des Droits des femmes a « pu être taxée de sectarisme » pour avoir « participé à ce débat sur la “théorie des genres” ». Or, « on n’a pas besoin de théorie pour lutter contre les discriminations », a martelé NKM.

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« Mais il n’y a pas de théorie du genre », a tenté de la corriger le journaliste Patrick Cohen. De toute façon, Najat Vallaud-Belkacem avait précisé qu’elle ne laisserait pas de place à « la polémique inutile » au sein de son ministère. Nathalie Kosciusko-Morizet a rappelé qu’en tant que secrétaire d’État à l’Écologie numérique, elle a voulu œuvrer pour qu’il y ait plus de femmes dans les formations scientifiques. « Lutter contre les discriminations, ça n’a pas besoin de réveiller des débats qui sont des débats de passion idéologique, a-t-elle insisté. Les ABCD de l’égalité, c’est une méthode, une démarche qui vient flirter avec les passions idéologiques. » Ce même dispositif avait pourtant pour objectif d’augmenter le nombre de femmes ingénieures, lui a fait remarquer Patrick Cohen.

Dans ses réponses aux questions d’auditeurs/trices, elle a reconnu qu’il était actuellement difficile de lutter contre la prédominance numéraire des garçons dans les études scientifiques par exemple, mais reste défavorable à la mise en place de nouveaux instruments pour remédier à ce problème.

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« Il y a tout ce qu’il faut pour lutter contre les discriminations sans faire entrer les passions idéologiques dans l’école », a-t-elle répété. Aussi longtemps que les détracteurs/trices de l’égalité entre les femmes et les hommes continueront de se faire entendre, Nathalie Kosciusko-Morizet semble prête à conserver le statu quo : « Tant qu’un débat n’est pas purgé, quand on est dans le champ des passions, il faut le garder en-dehors de l’école », a-t-elle jugé.

Et pour prouver son absence de dogmatisme, elle a indiqué qu’elle est prête à voter des textes de la majorité : « Je n’ai jamais hésité à voter une loi ou un article dont je trouvais qu’il allait dans le bon sens ». Rappelons qu’elle a pourtant choisi « l’abstention militante et engagée » concernant l’ouverture du mariage et de l’adoption aux couples de même sexe.