Quand un chroniqueur de France Inter se permet de l’humour sérophobe sur Twitter

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Mehdi Meklat a précisé à Yagg qu'il ne souhaitait ni présenter ses excuses ni s'expliquer sur ses propos.

Publié hier, lundi 3 mars, un post de Mehdi Meklat, alias Marcelin Deschamps sur Twitter, laissait entrevoir un humour au goût douteux.

Devant les réactions de plusieurs personnes, le chroniqueur de France Inter – il contribue à Comme on nous parle dans le duo « Les Kids » et écrit sur le Bondy Blog – a publié de nouveaux messages.

Yagg a contacté la station de radio pour obtenir une réaction, mais Mehdi Meklat s’en est indigné : « Mes employeurs trouvent cela inintéressant, explique-t-il au téléphone. Ce ne sont pas des méthodes normales. J’ai un pseudo sur Twitter, il ne faut pas faire d’amalgame entre mon personnage et moi-même. » Le lien entre ses deux identités est aisément disponible sur Internet et avait été mentionné par France TV Info lors d’une affaire opposant Mehdi Meklat à Isabelle Balkany. Hier encore, le chroniqueur faisait figurer le nom de ses employeurs dans sa description sur le réseau social.

Le jeune homme n’en est pas à sa première provocation. Dans un portrait réalisé par Les Inrocks et paru en 2012, son sens de l’excès était déjà évoqué : « Il faut le voir sur Twitter, vaguement caché derrière un pseudo depuis longtemps éventé : c’est une vraie terreur. Il se pose en mégalo furieux, insulte à tout va, se moque de tout et de tous avec une férocité indécente… Ça peut aller trop loin (France Inter lui a déjà demandé de retirer un tweet) mais la plupart du temps, c’est drôle à mourir. « Sur Twitter, je joue un personnage, explique-t-il. Je ne suis attaché à rien, je n’ai de compte à rendre à personne, j’ai la liberté de dire ce que je veux. C’est un terrain de jeu, j’y abuse de tout, je ne me mets pas de limite. »

« Je peux comprendre qu’on se sente insulté par mes tweets, car ils sont parfois extrêmes, provocants ou insultants, mais il ne faut pas en faire des tonnes, indique-t-il à Yagg. Cette histoire n’a aucun fond, la mode est aux réactions, mais moi, ça ne m’intéresse pas. J’ai créé un personnage violent, provocant, méchant. Pourquoi ? Je ne me l’explique pas à moi-même, alors je ne peux pas l’expliquer aux autres. Mais je ne suis pas du tout homophobe. »

C’est toutefois de sérophobie dont il est question ici. « Sérophobie ? Je ne savais même pas que ce terme existait. Il y a d’autres choses à traiter quand on est journaliste. Si des gens sont blessés, donnez-leur mon numéro. Mais ils n’auront pas d’explications ou d’excuses. J’ai eu à plusieurs reprises des actes engagés, c’est dommage de ruiner tout ça. J’étais à la manifestation au Théâtre du Rond-Point et en un tweet, on se retourne contre moi. J’espère que la cause homosexuelle a d’autres combats que deux tweets. De toute façon, pour moi, tout cela est déjà allé trop loin. »

Contactées, les rédactions de France Inter et du Bondy Blog n’ont pas répondu à Yagg à l’heure où nous publions cet article.

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