Rien ne va plus entre Jean-François Copé et la «Manif pour tous»

Publié le

Vu le mal que s'est donné Jean-François Copé pour montrer son soutien aux opposant.e.s à la loi ouvrant le mariage, on peut comprendre qu'ils et elles se sentent floué.e.s…

Il n’y a pas que les LGBT que l’amnésie sélective de Jean-François Copé agace. Ludovine de la Rochère, la présidente de la « Manif pour tous », a écrit au président de l’UMP pour lui faire part de sa difficulté à « accorder sa confiance à un haut responsable politique qui peut ainsi radicalement changer de position sans autre raison apparente que de vouloir plaire à une infime minorité de personnes au prix, de facto, de son propre électorat ».

Le 10 octobre dernier, dans l’émission Des paroles et des actes, sur France 2, Jean-François Copé affirmait : « Je n’ai jamais eu d’opposition au mariage homosexuel, au mariage de couples de même sexe. (…) Pour le mariage, je n’ai, d’ailleurs comme personne en France, d’objection de fond. » On peut comprendre que les opposant.e.s à l’ouverture du mariage soient surpris.es, puisque Jean-François Copé a fièrement défilé à leurs côtés le 13 janvier, quelques jours avant d’expliquer, à l’Assemblée nationale, qu’« on ne peut pas se marier avec n’importe qui » (lire Mariage pour tous : Jean-François Copé réécrit-il l’histoire ?). En mars, il avait également appelé à manifester « en masse » contre le projet de loi, s’était encore joint aux manifestant.e.s, de même qu’en mai.

« Parce que nous sommes attachés aux valeurs du mariage, nous donnons du prix à ce qui lui est indissociable : la fidélité et le respect des engagements pris, écrit Ludovine de la Rochère.

« Vous comprendrez dès lors que sans un rappel précis, sincère et explicite de votre plein engagement à nos côtés « contre le mariage pour tous » et contre la loi Taubira, les millions de manifestants, citoyens électeurs, sauront se souvenir de ce reniement le moment venu. »

Si les retournements de veste sont courants en politique, peut-être le président de l’UMP aurait-il dû, pour qu’ils passent mieux, patienter un peu plus longtemps entre deux.

Photo Xavier Héraud (manifestation du 13 janvier)