La «Manif pour tous» multiplie les actions coup de poing

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Les opposant-e-s à l'égalité des droits rivalisent de violence et affrontent de plus en plus les forces de l'ordre.

Alors que le projet de loi ouvrant le mariage aux couples de même sexe sera étudié cet après-midi par la Commission des lois de l’Assemblée nationale, soixante-sept personnes ont été interpellées cette nuit devant le palais Bourbon. Ces militant-e-s de l’organisation «Camping pour tous» entendaient dresser des tentes lorsque la police les a délogé-e-s puis placé-e-s en garde à vue vers 1h du matin.

Ces protestataires voulaient aussi montrer leur soutien à Samuel Lafont, un militant UMP qui se réclame lui aussi du «Camping pour tous». Samedi matin, vers 6h40, il a été poignardé dans le métro. Fidèle à elle-même, Christine Boutin s’est enflammée et a parlé de «guerre civile».

Les agresseurs présumés ont été arrêtés samedi soir: il s’agirait en fait d’un crime crapuleux, sans lien avec l’engagement politique de Samuel Lafont, révèle sur son blog Laurent Borredon, chargé du dossier sécurité et délinquance au Monde. Si ce fait divers a eu autant d’écho, c’est en raison de l’ambiance empreinte de violence que les dérapages répétés de la «Manif pour tous» et des groupuscules extrémistes qui cheminent à ses côtés instaurent.

«HOLLANDE VEUT DU SANG, IL EN AURA!»
Vendredi, après que le Sénat a voté le projet de loi «mariage pour tous», plusieurs milliers de manifestant-e-s (2300 selon la police, 7500 pour les organisateurs) ont manifesté leur colère devant le palais du Luxembourg. «Hollande veut du sang, il en aura!», s’est même emportée Virginie Merle-Tellenne, alias Frigide Barjot. Dans la soirée, le rassemblement a dégénéré et plusieurs s’en sont pris aux forces de l’ordre.

 

CAROLINE FOUREST CHAHUTÉE ET TRAQUÉE
En région, le week-end a été jalonné d’autres actions des opposant-e-s à l’égalité des droits. À Bordeaux, entre 200 et 300 personnes ont défilé dans le centre-ville, rapporte l’AFP. Sans itinéraire précis, elles ont improvisé leur parcours avant de se rendre au domicile privé de Michèle Delaunay, ministre des Personnes âgées et de l’autonomie, pour réclamer sa démission. Elles ont finalement été dispersées. À Nantes, d’autres ont perturbé un colloque auquel participait Caroline Fourest. Criant: «Hollande fasciste!» et «Hollande nazi!», plusieurs ont suivi la journaliste jusqu’à la gare où elles ont bloqué les voies. Une personne a été interpellée et placée en garde à vue après avoir jeté des pierres sur les forces de l’ordre.

Proche de la «Manif pour tous» – Jean-François Copé a invité les militant-e-s du parti à faire un don à l’organisation – l’UMP joue un rôle central dans ce déploiement de violence qui met à mal la démocratie. S’il condamne «de façon extrêmement claire les dérives et les violences», le président du parti n’assume pas ses responsabilités et préfère blâmer François Hollande, lui suggérant de «lever le pied» et de suspendre l’examen du projet de loi. Les député-e-s examineront celui-ci dès mercredi.

Photo BFM

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