Gay Pride: Quand France 3 évoque une «recrudescence» de l’homosexualité

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L'association Arc-en-Ciel demande un droit de réponse au reportage sur la Marche des Fiertés LGBT de Toulouse de samedi dernier.

Un reportage de France 3 Midi-Pyrénées sur la Marche des Fiertés Lesbiennes, Gays, Bi et Trans’ de Toulouse qui a eu lieu samedi 16 juin provoque l’émoi chez les militant-e-s.

Constatant que les jeunes sont « très nombreux dans le cortège », la reporter de la chaîne publique s’interroge : « À se demander même si l’homosexualité n’est pas en train de devenir tendance. Il y aurait une recrudescence dans les établissements d’enseignement supérieur, mais aussi une plus grande liberté de parole, et d’acte ». La journaliste est aussi transphobe quand elle explique : « L’organisatrice [de la marche] sait de quoi elle parle : il y a deux ans, elle était encore un homme ».

« Le reportage de France 3 Midi-Pyrénées a déclenché beaucoup de réactions », signale à Yagg Michel Mégnin, le secrétaire d’Arc-en-Ciel Toulouse, l’association organisatrice de la marche.
Selon le dictionnaire Larousse, « recrudescence » est en effet d’abord un terme médical : « Augmentation d’intensité des symptômes d’une maladie après une courte rémission ». La deuxième définition est la suivante : « Brusque réapparition de quelque chose avec redoublement d’intensité ».

DROIT DE RÉPONSE
« Nous avons demandé un droit de réponse », explique Michel Mégnin. Si le responsable associatif qualifie le commentaire de « maladresse », il n’hésite pas à rappeler que lors de la marche, les militant-e-s ont distribué des « cartes mémo contre la sérophobie, l’homophobie et la lesbophobie ». « Parce qu’il y a des mots qui tuent », ajoute-t-il.

Le reportage de France 3 donne notamment la parole à Florence Bertocchio, la présidente d’Arc-en-Ciel, sur les revendications de la marche, et à un manifestant sur les agressions physiques homophobes et le taux de suicide plus élevé chez les homos que chez les hétéros. On peut également noter qu’il estime le nombre de participant-e-s en baisse par rapport à l’année dernière (de 14000 à 10000) tandis que les organisateur-ices ont enregistré une hausse : « Nous étions 10000 l’an dernier, et cette année entre 18000 et 20000 », estime Michel Mégnin. La préfecture a également constaté une hausse, de 9000 à 12000 participant-e-s.