Législatives: 150 candidat-e-s ont répondu au questionnaire de la plateforme Égalité LGBT 2012

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Trois fédérations associatives LGBT ont posé une série de questions à celles et ceux qui espèrent un siège à l’Assemblée Nationale. Bilan.

Comme nous vous l’avions annoncé sur Yagg, trois fédérations d’associations LGBT ont interpellé les candidat-e-s aux élections législatives.

Pas moins de 39 questions leur ont été posées par la plateforme Égalité LGBT 2012, qui regroupe l’Interassociative Lesbienne, Gaie, Bi et Trans’ (Inter-LGBT), la Coordination InterPride France (CIF) et la Fédération LGBT (qui regroupe elle-même des centres LGBT à travers la France).

Les questions ont été regroupées en 8 thèmes : « couple et conjugalités », « familles et parentalités », « trans’ », « discriminations et violences », « éducation », « santé », « travail » et « international ».

UN PROCESSUS DÉCENTRALISÉ
Les structures associatives locales se sont chargées de contacter les candidat-e-s de leur circonscription. « Chaque antenne avait toute latitude pour envoyer le questionnaire aux candidats et candidates de sa région », nous explique Stéphane Corbin, président de la CIF et militant à Angers. « Ici, dans le Maine-et-Loire, il y a 78 candidat-e-s. Nous avons d’abord ciblé les députés sortants, puis les autres candidat-e-s ». Parmi les sortants, seul le député socialiste a répondu au questionnaire, tandis que les réponses des 6 autres (UMP ou Nouveau Centre) sont toujours attendues.

LA GAUCHE RÉPOND À L’APPEL
Au final, la plateforme a reçu environ 150 réponses, disponibles sur son site Internet. « Je trouve que c’est un bon score », se félicite Nicolas Gougain, porte-parole de l’Inter-LGBT, interrogé par Yagg. Il estime que « 25 % des réponses viennent du Parti socialiste (PS), 25 % d’Europe Ecologie Les Verts (EELV), 25 % du Front de Gauche (FdG) et 25 % d’autres candidat-e-s ».

Sans surprise, les candidat-e-s de ces 3 forces politiques de gauche se montrent favorables aux revendications associatives. Plusieurs candidat-e-s PS fournissent ainsi une réponse-type, qui rappelle l’engagement de François Hollande à ouvrir le mariage et l’adoption aux couples de même sexe, ou engagement 31. La réponse-type rappelle aussi que c’est le PS, avec Robert Badinter et Gisèle Halimi, qui avait pleinement dépénalisé l’homosexualité en 1982.

Laurence Hardouin, candidate de la coalition de la gauche basque Euskal Herria Bai dans la 5e circonscription des Pyrénées-Atlantiques, est également favorable à l’ensemble des revendications.

Dans la rubrique commentaires, certain-e-s précisent leurs engagements : Daniel Labouret, candidat du Front de Gauche dans la 2e circonscription du même département, explique : « En tant que CPE [conseiller principal d’éducation] j’organise chaque année dans le lycée où je travaille une journée citoyenne où les associations de lutte contre l’homophobie sont invitées, [comme] Contact… ». Martine Billard, députée de Paris depuis 2002 (Les Verts puis Front de Gauche), écrit : « J’ai été en juin 2004 la première députée à avoir déposé une proposition de loi ouvrant le mariage aux personnes de même sexe et n’ai pas changé d’avis depuis. »

DES RÉSERVES AUSSI À GAUCHE
Quelques réserves sont toutefois exprimées par certain-e-s candidat-e-s de gauche. « Si je conçois que l’accès aux procédures de procréation médicalement assistée doit être garanti pour les femmes en couple quel que soit le type d’union, j’exprime une réserve vis-à-vis des femmes célibataires », tient ainsi à préciser François Mandil, candidat EELV dans le Doubs.

Sur le droit des hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH) à donner leur sang (question numéro 29), Sylvie Laplace du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) dans les Pyrénées-Atlantiques, répond : « J’ai choisi l’option NSPP [Ne se prononce pas] car les hommes homosexuels ne sont pas la seule « population à risque », par exemple les personnes ayant eu un cancer ne peuvent pas non plus donner leur sang, et il doit y en avoir d’autres. Le seul critère à retenir est celui de la santé publique. »

Faut-il « permettre la transcription en droit français de toutes les unions conclues à l’étranger sans que les couples ne perdent de droits » ? Bernard Jomier, candidat EELV dans la 16e circonscription de Paris, répond : « N’ayant pas connaissance de l’ensemble des implications de cette proposition – en particulier en ce qui concerne les mariages forcés conclus dans d’autres pays – je réserve ma réponse. »

LA GAUCHE DE LA GAUCHE VEUT ALLER PLUS LOIN
Certain-e-s candidat-e-s de la gauche de la gauche estiment que les propositions ne vont pas assez loin. À la proposition de l’arrêt des expulsions de migrant-e-s séropositif-ves, Fabien Givernaud, candidat des Alternatifs dans l’Isère, et Jean-Patrick Muller, candidat du NPA en Ille-et-Vilaine, répondent qu’ils sont contre toutes les expulsions. Faut-il renforcer les moyens du Défenseur des droits (proposition 23) ? « Retour à la Halde et au défenseur des droits des enfants, mais votre proposition va dans le bon sens ! », répond Vincent Bony, candidat du Front de Gauche dans la Loire.

Martine Billard (Paris-FdG), quant à elle, tient à réaffirmer son opposition à la gestation pour autrui (GPA), même si cela ne fait pas l’objet d’une question de la plateforme. La députée tient aussi à exprimer qu’une véritable lutte contre les discriminations nécessite des moyens conséquents pour l’éducation nationale, l’inspection du travail et la justice, et n’est donc pas compatible selon elle avec une politique d’austérité « de droite ou de gauche ».

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