Le premier gouvernement Ayrault est-il gay-friendly?

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À Président et Premier ministre gay-friendly, gouvernement gay-friendly lui aussi. Petit passage en revue du «bilan LGBT» des différent-e-s ministres du premier gouvernement Ayrault.

À Président et Premier ministre gay-friendly, gouvernement gay-friendly lui aussi. Petit passage en revue du « bilan LGBT » des différent-e-s ministres du premier gouvernement Ayrault :

Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères. Il sera notamment l’interlocuteur du Comité Idaho, et c’est à lui que reviendra la charge de porter aux Nations Unies la résolution sur la dépénalisation universelle de l’homosexualité promise par François Hollande, lors de sa rencontre avec Louis-Georges Tin le 10 mai dernier (voir François Hollande s’engage à porter une résolution aux Nations Unies sur la dépénalisation universelle de l’homosexualité).

Favorable à l’ouverture du mariage aux couples de même sexe et à l’adoption homoparentale, Laurent Fabius déclarait en 2004 : « Au nom de l’égalité des droits, il ne doit pas y avoir de discrimination entre les sexes » dans le droit au mariage.

Vincent Peillon, ministre de l’Éducation nationale. Le successeur de Luc Chatel a à plusieurs reprises rappelé la nécessité de lutter contre les LGBTphobies. En tant que ministre de l’Éducation nationale, il pourrait donner son feu vert à une sensibilisation en milieu scolaire plus efficace, et dès les plus petites classes.

Sur la question de l’égalité, Vincent Peillon considère qu’ouvrir l’adoption aux coupes de même sexe est « une évidence », comme il le disait en novembre 2009 sur France Inter. Quant au mariage, c’est « une forme de sacrement, serait-il même laïc. Dans l’amour, le symbole compte et je crois que chaque être humain y a droit ».

Christiane Taubira, ministre de la Justice : On ne l’a guère entendue récemment sur les questions LGBT. Candidate du PRG à l’élection présidentielle en 2002, elle promettait alors la création d’un « délit d’homophobie, la pratique de l’outing devant être par ailleurs proscrite, nul n’étant fondé à révéler l’orientation sexuelle d’un citoyen sans son consentement, sauf cas de crime (pédophilie, viol, etc..) ». En 2009, elle faisait partie des député-e-s signataires du Manifeste des élus contre l’homophobie lancé par Le Refuge.

C’est sans doute à Christiane Taubira et à sa ministre déléguée Delphine Batho – qui avait qualifié Christian Vanneste de « récidiviste » en matière d’homophobie lors de ses déclarations niant la déportation d’homosexuels en France – qu’il incombera de porter le projet de loi ouvrant le mariage à tous les couples.

Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales et de la Santé. Elle aussi signataire du Manifeste du Refuge, Marisol Touraine, Présidente du Conseil général de l’Indre-et-Loire, avait tenu « à affirmer [son] soutien à la démarche de [son] homologue de l’Essonne Jérôme Guedj » lorsque celui-ci a demandé aux président-e-s de Conseils généraux de s’engager en faveur de l’homoparentalité. « Il faut donc mettre un terme à l’hypocrisie actuelle, et permettre aux couples homosexuels d’avoir accès à l’adoption dans les mêmes conditions que les couples hétérosexuels, déclarait-elle en novembre dernier. Inscrire dans la loi ce qui est aujourd’hui un état de fait contribuerait à sécuriser le parcours de vie des enfants adoptés, en donnant des droits à leurs deux parents. »

Manuel Valls, ministre de l’Intérieur. Si l’on en croit les réponses qu’il a faites à HES lors des primaires socialistes de 2011 (lire Lutte contre l’homophobie, homoparentalité, droits des personnes trans’, etc. : les candidat-e-s à la primaire répondent à HES), Manuel Valls est totalement pro-égalité des droits et se démarque même de ses concurrents sur la GPA : « Contrairement à ce que disent ceux qui sont par principe hostiles à la GPA, je crois que si celle-ci est maîtrisée, elle est acceptable (…). À terme, je suis favorable à une évolution législative, mais contrairement au mariage, ce n’est pas la position du PS ». Voir notamment cette vidéo qu’il avait réalisé dans le cadre de la primaire.

Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif. Comme Manuel Valls, l’un de ses concurrents de l’époque, Arnaud Montebourg avait répondu aux questions de HES pendant la primaire de l’an dernier (lire Lutte contre l’homophobie, homoparentalité, droits des personnes trans’, etc. : les candidat-e-s à la primaire répondent à HES). Pro-égalité des droits, contre la GPA et se démarque légèrement sur les droits des trans’.

Najat Vallaud-Belkacem, ministre des Droits des Femmes et porte-parole du gouvernement. La porte-parole de François Hollande pendant la campagne, qui était auparavant engagée auprès de Ségolène Royal, connaît bien les questions LGBT. Elle n’a jamais manqué une occasion de soutenir les homos, les bis et les trans’. On peut même la voir dans une vidéo du Projet Entourage LGBT. Plus gay-friendly, tu meurs.

George-Pau Langevin, ministre déléguée à l’Éducation nationale, chargée de la Réussite éducative. Pendant la campagne, elle était chargée des questions sociétales, aidée sur les questions LGBT par Gilles Bon-Maury et Michel Teychenné. À ce titre, elle avait rencontré les jeunes du Refuge (voir notre reportage).

Alain Vidalies, ministre délégué auprès du Premier ministre, chargé des Relations avec le Parlement. En 2010, le député des Landes avait proposé un amendement visant à modifier l’article 79 du code civil, selon lequel « l’acte de décès énoncera les prénoms et nom de l’autre époux, si la personne décédée était mariée, veuve ou divorcée ». Alain Vidalies souhaitait ajouter le nom du partenaire pacsé sur l’acte de décès afin que celui-ci puisse faire valoir ses droits.

Michèle Delaunay, ministre déléguée aux Affaires sociales et à la Santé, chargée des Personnes âgées et de la dépendance. La députée de Bordeaux s’est exprimée sur la question du genre dans les manuels scolaires et a tenté d’ouvrir le don du sang aux hommes qui ont des relations sexuelles avec d’autres hommes, mais c’est surtout pour sa proposition de loi visant à simplifier le changement d’état civil des trans’ qu’elle est connue des LGBT. Une proposition qui pourrait désormais devenir un projet de loi ?

Dominique Bertinotti, ministre déléguée aux Affaires sociales et à la Santé, chargée de la Famille. Du positif et du négatif pour cette fidèle de Ségolène Royal. Maire du IVe arrondissement de Paris (où se trouve le quartier du Marais), Dominique Bertinotti n’y a pas que des amie-e-s (lire À quelques jours de la Marche, le Marais n’est pas encore prêt à recevoir les fêtards et Découvrez le WOO, le futur club gay du Marais). Côté positif, elle fait partie des maires qui se sont engagé-e-s pour ‘ouverture du mariage aux couples de même sexe, dans le cadre de la campagne Engagement 31 de François Hollande (voir sa vidéo).

Premier conseil des ministres, demain jeudi 17 mai à 15 heures.

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Photo Capture (Pierre-René Lemas, secrétaire général de l’Élysée, sur le perron du palais présidentiel)